Mon second blog

Ceux qui suivent ce blog le savent, je me suis intéressée de près aux vrais cosmétiques de Cléopâtre et sur la base d’un mémoire universitaire qui leur était consacré, j’en ai recréé un, normalement issu du Kosmètikon, le vrai livre de cosmétiques de Cléopâtre dont il ne reste que des fragments éparpillés chez des médecins de l’Antiquité qui ont laissé des ouvrages.

Entre deux adaptations contemporaines de la recette et une assez semblable à l’originale, j’ai découvert des choses que j’ai trouvées passionnantes. Je les ai écrites dans un livre auto-publié pour que d’autres puissent reproduire pour eux-mêmes cette recette ancienne et prestigieuse d’un nettoyant visage et corps de la dernière reine d’Egypte.

Quelquefois, la tentation est grande de consacrer quelques articles aux cosmétiques anciens et à ceux de Cléopâtre en particulier, et ce d’autant plus que mes recherches continuent.

Alors, pour ne pas détruire l’unité et la cohérence d’Echodecythere et malgré tout ne pas me priver d’un partage sur mes expériences et découvertes, mes propos sur les cosmétiques anciens et en particulier ceux de la fascinante reine d’Egypte se trouveront ici : Le labo de Cléopâtre

Le blog est tout neuf, et comme tous les blogs, il ne demande qu’à s’épanouir, donc soyez patient.

Bonne découverte.

Reflet de Cythère (6)

Dans Reflet de Cythère, une poésie, invocation, ou texte permettant de mieux connaître Aphrodite et son culte est choisi. Aujourd’hui, pour continuer sur le thème des fesses, Aphrodite se fera plus lointaine.

Dans l’Antiquité, la mythologie, les dieux restaient une référence; dans la philosophie de Socrate lui-même, ce sont des motifs très employés car leur diversité permet d’illustrer les vérités qui ont l’art d’être flexibles.

Dans la poésie amoureuse et érotique, Aphrodite et Eros sont logiquement des références sur lesquelles axer le discours. Eros est alors le petit dieu cruel et inflexible qui a l’art de rendre fou ceux qu’il tourmente, Aphrodite, aux fonctions plus polyvalentes, joue des rôles plus variés. Mais bien souvent, Cythérée est la divinité à laquelle comparer la femme aimée, à égalité ou en défaveur de la déesse de l’Amour.

Dans ce poème extrait des épigrammes érotiques de l’Anthologie Palatine – seul ouvrage où apparaît Rufin, poète dont on ne sait presque rien -, c’est le concours de Beauté d’Athéna, Aphrodite et Héra menant au Jugement de Pâris qui est pris pour référence.

« J’ai jugé des fesses de trois beautés. D’elles-mêmes m’ayant pris pour arbitre, elles me montrèrent à nu leur corps éblouissant. L’une avait les fesses d’une peau blanche et douce, et l’on y remarquait de petites fossettes comme sur les joues d’une personne qui rit. L’autre, étendant les jambes, laissa y voir une chair aussi blanche que la neige et des couleurs plus vermeilles que des roses. De la troisième la cuisse ressemblait à une mer tranquille, la peau délicate n’offrant que de légères ondulations. Si le berger Pâris eût vu ces fesses, il n’aurait plus voulu voir celles des déesses. »

Rufin. Anthologie Palatine.

Une liberté de ton qui attendit plus de mille ans pour revenir en Occident.

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Danse africaine : fesses, séduction et expression

Dans la culture africaine, les fesses ont un grand rôle à jouer, et la stéatopygie (grosses fesses) y est tellement appréciée que dans beaucoup de capitales africaines, un immense marché se développe autour des techniques de grossissement des fesses, inoffensives ou dangereuses.

Mettre en valeur ses fesses, les montrer, les mettre au centre du regard de l’autre et de sa propre beauté, c’est vraiment l’apanage des africaines. A tel point que lorsque certaines stars américaines d’origine afro-américaine ou non font le show avec des danses lascives mettant en scène leur postérieur, celles-ci ne sont pas du tout impressionnées :  » C’est du leumbeul ! », s’écrient-elles.

Le leumbeul, c’est la version érotisée d’une pratique culturelle essentiellement féminine qui a surtout lieu au Sénégal : le sabar. Le sabar, c’est tout à la fois un style de musique, une danse, l’ensemble des percussions nécessaires à celles-ci, une fête traditionnelle et populaire. Mais c’est avant tout une pratique sociale organisée à l’initiative des femmes dans un pays où ce sont les hommes qui font la loi.

Les femmes d’un même quartier ou d’une même communauté s’invitent à tour de rôle pour cet événement créé à l’instigation d’une seule, même si l’argent nécessaire vient d’une caisse commune. Dans cette fête qui dure près de 4 heures, les musiciens jouent tandis que les femmes dansent souvent à tour de rôle au centre d’un cercle formé par les danseuses et les autres spectateurs.

En plus de jouer un grand rôle social dans le sens de la cohésion, le sabar peut également avoir une fonction thérapeutique qu’il a toujours eue traditionnellement, notamment dans la lutte contre la dépression.

Et les fesses dans tout ça ?

Si le sabar en tant que danse sollicite fortement les jambes, il sollicite nécessairement les fesses, muscles nés dans leur prolongement lors de la bipédie. Chez la femme, les fesses sont généralement plus grasses que chez l’homme, les remuer lors de la danse accentue cette différence, manifestant alors la spécificité féminine.

Car justement, de façon plus profonde, le sabar est une danse de l’expression de la féminité et, dans un monde où la séparation entre les sexes est si marquée, de la différence. Les spécialistes l’expliquent d’ailleurs : dans des cultures où l’inégalité entre les sexes est si grande puisque la polygamie y est fréquente, génératrice d’insécurité chez les femmes, le sabar est un espace de liberté au coeur duquel la femme règne.

Quant au leumbeul, c’est la version hyper-sexualisée du sabar qui fait même l’objet d’une interdiction depuis 2001 tant la récupération à la limite de la pornographie est facile, en témoignent les video qui circulent et donnent en effet une image très sexuelle du sabar un peu éloigné de son aspect traditionnel. En même temps, une société dans laquelle on pratique la polygamie n’implique pas seulement des situations où une épouse doit partager son mari avec une autre, mais aussi où elle risque de voir n’importe quelle femme venir rejoindre le domicile conjugal dès lors qu’elle aura tapé dans l’oeil de son époux.

Dans ce climat sensuellement et sexuellement très concurrentiel, la danse se transforme alors en battle, démonstrations de puissances érotiques et sexuelles mises en scène publiquement lors d’un sabar quand il se déroule de jour ou d’un tannebeer lorsqu’il a cours de nuit. Ces mises en scène engagent naturellement le postérieur qu’on apprécie gras, généreux autant que tonique.

Et progressivement, ce que les femmes ont vécu comme une contrainte en plus d’une nécessité s’est transformé en une culture unique dans laquelle on ne sait pas très bien ce qu’elles manifestent dans leur danse : leur jalousie, leur pouvoir sexuel à l’adresse des hommes ou des autres femmes, leur beauté personnelle, leur liberté d’expression même s’il reste réservé au sabar ou tout simplement la puissance féminine en soi.

Les mêmes armes, rien de moins, sont employées par les stars américaines au premier rang desquelles Beyoncé, dont le déhanché, le postérieur insolent, l’image hyper-sexualisée et féminisée se conjugue pourtant avec le féminisme nourri des idées et des textes de l’auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

Un hasard  ?

Rien n’est moins sûr…

Un très bon article des cahiers d’ethnomusicologie sur le sabar : http://ethnomusicologie.revues.org/294

(Photo à la une : GuYom pour http://scenesdunord.fr/ lors du Grand sabar Takoussane du 21/05/2009 à Lille.)

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Fesses et symbolisme

S’il y a bien, dans l’anatomie, un élément exclusivement humain et dont la séduction n’est propre qu’à notre espèce, ce sont bien les fesses. Muscles développés essentiellement par l’effort considérable que réclame la bipédie, aucune autre espèce n’en est doté. L’intérêt que nous portons aux fesses est une chose qui ne relève donc pas de l’impératif de reproduction mais serait plutôt une caractéristique humaine, un trait de civilisation. D’ailleurs, les premières représentations impressionnantes de muscles postérieurs dans l’art nous viennent des débuts de la civilisation, avec les statues stéatopyges – aux grosses fesses – de la Préhistoire, toutes féminines. Dans l’Antiquité, par contre, il est plus courant de remarquer un magnifique fessier sur la statue d’un athlète ou d’un héros mythologique que sur celle d’une déesse même qualifiée de callipyge – aux belles fesses -. Là encore, le développement des muscles fessiers et leur beauté sont associés à des disciplines aux origines de la civilisation – et dont les femmes sont exclues à cette époque – : la philosophie et l’athlétisme au service d’un idéal de citoyenneté.

Spécifiquement humaines, les fesses jouent un rôle symbolique très fort dans notre imaginaire. Leur forme et leur emplacement en font une sorte de face inversée, une rondeur cachée placée dans le bas de notre dos quand notre visage constitue une rondeur visible au sommet de notre corps. Sorte de « face cachée », on a d’ailleurs souvent métaphoriquement qualifié les fesses de « lune », nom qui n’a pas été donné par hasard. Car les fesses, face cachée de notre être, en sont également la séduction dont nous n’avons pas conscience puisqu’elle se joue derrière notre dos. Beaucoup de films et de photos mettent d’ailleurs en scène une femme marchant tandis qu’un homme admire ses fesses sans qu’elle le sache, comme dans la scène mythique de Certains l’aiment chaud où Tony Curtis et Jack Lemmon, travestis en femmes, admirent les fesses de Marylin Monroe rejoignant le train à petit pas rapides.

L’opposition et le rapprochement entre « face » et « fesses » – qui en français ont la particularité intéressante d’avoir des sonorités proches – marquent une existence de femme toute sa vie durant. Lorsque la vieillesse commence à se faire sentir, Gabrielle Chanel recommandait : « Entre la face et les fesses, il faut choisir.« , signifiant qu’en vieillissant, on doit choisir entre avoir des fesses minces mais un visage ridé et de grosses fesses et un visage mieux préservé des ravages visibles du temps.

Le visage est donc au soleil ce que les fesses sont à la lune. Le visage, comme le soleil, est haut, toujours visible et peu mobile quand les fesses, comme la lune, sont basses, cachées, en mouvements. Les fesses sont ainsi le symbole de la dualité de l’individu, son côté obscur comme ce qu’il cache, mais également le lieu de la sexualité interdite par Dieu dans la Bible, celle de Sodome.

Mais comme rien n’est jamais simple avec les fesses dont le symbole est lui aussi mobile et ambivalent, elles peuvent être investies d’une valeur contradictoirement positive, à condition d’être généreuses ou plutôt…ouvertes. Oui, parce que les fesses, ce sont aussi les portes de la fonction d’excrétion sur laquelle plane moins de tabous que sur la sexualité. Selon que l’excrétion d’une personne lui est facile, on lui associe un tempérament ouvert; si ce n’est pas le cas, on lui soupçonne un tempérament fermé. Les expressions pour qualifier les tempérament coincés et psychorigides sont d’ailleurs assez claires : »avoir un manche à balai dans le derrière« , « être coincé du cul« , « être constipé« , associent bien, dans le langage populaire, une certaine rigidité mentale avec des difficultés d’excrétion.

Et pourtant, dans la société occidentale moderne, on ne peut pas dire que les fesses soient vraiment développées ne serait-ce que dans une certaine image sensuelle de la femme. En même temps, comment s’en étonner ? Ce sont les valeurs protestantes et puritaines de l’Amérique du XIX ème siècle qui constituent le socle de cette société dans laquelle la discipline, le travail, le sérieux et l’hyper-contrôle sont valorisés, mettant du même coup un frein au naturel, à la liberté, à la sensualité qu’à l’inverse les Grecs ne reniaient pas dans leur conception de la civilisation et qui s’incarnent métaphoriquement dans des fesses larges et généreuses.

Faut-il alors s’étonner que les seules faisant de leurs fesses un atout de séduction soient les femmes d’origine africaine dont la culture, parfois aussi jusqu’au danger, valorise les belles fesses et la sensualité des femmes plutôt que leur valeur sociale ? Comme d’habitude, tout est une question d’équilibre dans lequel il serait bon d’apprendre des autres dans un bel échange de valeurs appréciable.

Un idéal malheureusement rarement atteint.

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Le poil aux jambes de la reine de Saba

Non, ce n’est pas un titre volontairement provocateur mais une authentique information donnée par les traditions juive et musulmane à propos de la reine de Saba, bien que la tradition musulmane ait plus évoqué ce fait que la tradition juive. Cela commence par le Livre des Rois qui n’évoque pas encore la célèbre reine dans ces termes-là. Dans la Torah, en effet, elle est une reine qui a entendu dire du bien de Salomon et qui vient l’éprouver avec des énigmes qu’il résoudra facilement. Eblouie par son savoir et convaincue de sa sagesse, elle le comblera de présents et rentrera chez elle, comblée de présents à son tour.

Au fil des récits, repris tour à tour par les diverses traditions, la reine de Saba, prenant un dallage de cristal pour un plan d’eau la séparant de Salomon qu’elle doit rejoindre, elle soulève sa jupe et révèle alors des jambes très poilues. Dans la tradition judaïque du Targûm Shenî – recueil d’homélies sur le Livre d’Esther – Salomon lui fait alors remarquer que si sa beauté est celle d’une femme, sa pilosité est celle d’un homme et que c’est odieux. Blessée dans son orgueil, elle lui pose ses énigmes avant de reconnaître la supériorité du roi et repart chez elle comblée de présents.

Dans la tradition islamique, en revanche, le récit gagne de l’ampleur, et selon les versions, la question du poil aux jambes de cette grande reine des temps bibliques devient moins une anecdote qu’un enjeu d’importance. Dans une des versions, en effet, pour dégoûter Salomon de la reine par peur de leur union, les démons qui ont participé à la construction du temple prétendent que Balqîs, la reine de Saba, dissimule des pattes d’âne sous sa jupe. Le roi veut alors vérifier l’information, car les pattes d’âne l’identifieraient avec un démon – les démons étant connus pour leur pilosité excessive. La reine se révèle finalement être une femme authentique, poils de jambes en plus, ce qui, on ne va pas se mentir, fait d’elle une femme des plus ordinaires.

Voici ce que raconte à ce propos Tabari, historien persan du X ème siècle, dans son premier tome des Chroniques :

« Les Dîvs étaient jaloux de Balqîs et voulurent détourner d’elle le coeur de Salomon. Or, Balqîs était très belle et sans défaut, excepté qu’elle avait quelques poils de chèvre sur les jambes. Les Dîvs dirent à Salomon : Balqîs a beaucoup de poils sur les jambes. Salomon voulut voir les jambes pour s’en assurer lui-même. Il ordonna donc aux Dîvs de construire un château, et, devant ce château, un pavé de cristal long de cent coudées, et de verser sous le cristal de l’eau. Puis il ordonne de placer son trône au-dessus du cristal, de façon que, si quelqu’un y regardait, il pensât que ce fût de l’eau. Salomon s’y plaça, et Balqîs, pour arriver à lui, devait traverser cette place. A la manière des femmes quand elles vont dans l’eau, elle retroussa ses culottes et découvrit ses jambes. Salomon les vit et en fut surpris et satisfait. » Plus tard, il la prend pour épouse et les démons inventent pour elle un onguent dépilatoire : « Alors les Dîvs firent une composition de chaux et d’arsenic pour enlever les poils. »

Pourquoi ce récit nous surprend-il et qu’a-t-il à nous apporter aujourd’hui ?

Il est surprenant d’abord parce qu’il traite d’un sujet trivial, d’un tabou, et qu’il n’hésite pas à l’associer pourtant à une reine mythique qui a néanmoins certainement existé. Les textes anciens ont leurs racines dans des croyances et références que nous n’avons plus, mais il continue d’ériger des modèles et de nous délivrer un message. En ce sens, la reine de Saba est un modèle, une grande figure aussi féminine que mythique, ce qui est rare dans la tradition des grands monothéismes. Nécessairement, l’évocation du poil aux jambes de la reine ramène chacune des femmes à sa propre pilosité et l’importance qu’elle tient dans le rapport problématique qu’elle entretient avec l’image de la féminité.

Ces questions paraissent triviales et sans importance, et pourtant, dans notre monde contemporain, il n’est pas une femme qui ne ressente à la fois la nécessité de l’épilation et l’injustice d’une telle aliénation : selon la société, une femme ne devrait pas avoir de poils, sauf que naturellement, elle en a. On voit qu’à l’époque de la reine de Saba, c’était déjà le cas.

Mais écoutez ce que semble dire la tradition au travers de ces récits : le poil aux jambes de la reine de Saba ne l’a pas empêchée d’être une reine célèbre dont on parle encore aujourd’hui pour vanter son intelligence, et son poil aux jambes n’a pas non plus éclipsé sa beauté. Malgré ses poils, le roi Salomon s’est montré satisfait des jambes de la reine. Et non, les poils aux jambes ne nous identifient pas à des démones.

En revanche, la tradition paraît claire : si ce poil aux jambes n’est en réalité qu’un détail, il n’est quand même pas le bienvenu sur le corps de la femme, et ce depuis les temps les plus reculés. Et ça, ça n’est pas près de changer.

Pour faire le tour complet de la question de la reine de Saba dans toutes les traditions, sur son poil aux jambes ou non, cet excellent article : http://www.selefa.asso.fr/files_pdf/AcLettre_01_D2_SABA.pdf

Cet article et cette photo sont la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Dangers d’Aphrodite : erreurs et préjugés

C’est l’histoire d’une femme, une ravissante idiote qu’on a élevée dans un couvent et dont la tête a plus été farcie de littérature sentimentale que de connaissances. En même temps, à l’époque, qu’on lise des romans ou non, l’éducation des filles dans les couvents s’arrêtait à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, d’un peu de calcul, de beaucoup de religion – mais uniquement la morale, jamais la théologie ! – et de travaux domestiques.

Cette histoire, c’est celle de madame Bovary, femme éternellement insatisfaite qui se suicidera, tuant du même coup l’homme qui l’aimait vraiment et condamnant leur petite fille à être orpheline et misérable. Dans le temps de sa vie, elle n’aura été que l’objet de ceux, amants ou marchands de mode, qui avaient enclenché la machine à rêves intégrée dans son psychisme. L’abrutie ! La sombre idiote destructrice de famille et de vies !

Voilà bientôt deux cents ans qu’en France, on prévient du danger de la littérature sentimentale aux lycéens. Et heureusement ! D’ailleurs, tout le monde le sait, la littérature sentimentale est liée à l’imbécillité et l’ignorance les plus profondes. Le message était si bien passé qu’il y a encore quelques années, lorsque les éditions Harlequin étaient présents sur le Salon du Livre, leur stand était désespérément vide alors qu’il était le premier vendeur de livres de l’Hexagone. Un étrange paradoxe, non  ? Ce phénomène s’incarnait aussi chez les particuliers : il y avait la bibliothèque « officielle » que chaque personne pouvait voir dès l’entrée ou dans les pièces accessibles, et qui contenait les « indispensables classiques » – dont madame Bovary, parfois – tandis que la bibliothèque « officieuse », dans la chambre, cachait les ouvrages honteux mais réellement appréciés au nombre desquels, souvent, les fameux Harlequin.

La méfiance associée à la lecture des livres sentimentaux n’est pas liée à un réel danger, et le bovarysme qu’on a reconnu plus tard comme une réalité psychologique ne touche pas forcément celles qui ont trop rêvé d’amours idéales mais toute personne insatisfaite, ce qui en fait plutôt qu’un phénomène de société, une caractéristique de la nature humaine évoquée des millénaires auparavant par le Bouddha lui-même. Le surendettement quant à lui, n’a jamais attendu la littérature sentimentale et touche des gens qui n’en ont jamais lu.

Le problème n’est pas dans la littérature sentimentale mais dans la façon dont on éduquait les filles et dont on craignait pour leur vertu. Guy Bechtel explique :« La première moitié du XIX ème siècle, bien avant l’école réaliste puis naturaliste, de G. Flaubert et E. Zola, condamnait déjà les lectures romanesques sans ménagement. (…) En 1846, un abbé précisait le grief (…) »Jamais fille chaste n’a lu de romans ou, en les lisant, elle n’a cessé de l’être. »

C’était une vieille peur, un vieux préjugé…Hélas, Flaubert en a fait un chef-d’oeuvre et donc une vérité incontestée.

A l’inverse de ce phénomène, dans un monde misogyne depuis l’Antiquité hantée par le mythe de la virilité, la pornographie, banalisée, valorisée et dont la consommation est moins cachée que celle des Harlequin,  50 % des enfants de 11 ans ont vu un porno http://www.pornodependance.com/D%E9finitionPornoDependance.htm. Car depuis les années 60-70, où on a rejeté massivement le discours de l’Eglise pour gérer nos vies, et encore plus nos vies sexuelles, et qu’on a le sentiment d’être « libérés », des rudiments de psychanalyse associés à des sortes d’idées philosophiques mêlant liberté sexuelle et liberté d’expression nous font croire que rien de ce qui est sexuel ne peut être tabou ou dangereux, comme certains fondamentalistes du bio oublient que les rhododendrons, le laurier rose et les huiles essentielles sont aussi naturels qu’ils sont de redoutables poisons.

Pourtant, certaines médecins et psychiatres commencent à parler des conséquences néfastes du porno sur le cerveau et de son risque réel de conduire à l’addiction – plus réel que celui qui nous a fait jeter des tonnes d’aliments pour une date de péremption avancée pour nous conduire à consommer plus. Cette fascination pathologique pour les travaux d’Aphrodite, une fois installée, conduit à la masturbation compulsive, à la baisse de la libido, l’impuissance, le repli, la procrastination et la perte du sens de la réalité jusqu’à des niveaux graves.

Et pour le coup, ça, c’est prouvé ! Même si tout le monde ayant eu accès ou consommant du porno n’est pas touché, depuis l’accès à internet, une véritable épidémie de porno-dépendance affecte certains couples, familles, des constructions identitaires, la vision de l’autre sexe, la sexualité, les relations homme-femme et l’idée même d’amour. Mais ça, qui voudra le voir ?

Sur le net, néanmoins, les propos de médecins, neurologues et psychiatres sur cette question se multiplient, mais ils passent après ceux des groupes religieux qui condamnent au nom de valeurs démodées. Et pendant que le propos est décrédibilisé par ce phénomène, des familles et des vies se délitent pour quelques scènes de cul filmées, et les préjugés et idées reçues positifs qu’on y associe. Ce phénomène nous choque en politique, dans le social, mais dans nos vies privées, nous ne le voyons pas.

A quand le grand génie masculin – sinon, pas sûr qu’on l’écoute – pour parler de ce problème, réel, lui, dans un chef-d’oeuvre ?

Quand on pense que Flaubert avait créé un dictionnaire des idées reçues…

( Cette analyse est offerte par l’authentique épouse d’un porno-dépendant dont le problème à été transmis en héritage par son père. )

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Mon livre : Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre

Dans mon blog comme dans celui des autres, il y a les articles populaires, ceux rarement consultés, et mieux que tout, il y a le numéro 1.

Mon numéro 1 s’appelle « les vraies recettes de beauté de Cléopâtre » https://echodecythere.com/2014/09/03/les-vraies-recettes-de-beaute-de-cleopatre/dans lequel, sur la base de ce que j’ai lu des recettes qui nous restent du Kosmètikon, j’analyse leur contenu, leur accessibilité et surtout nos mentalités. Car comme mes lecteurs, l’idée des recettes de beauté de la célèbre reine d’Egypte m’a toujours fait rêver.

Au printemps, alors que j’explorais de nouveau ces recettes, l’une d’entre elles – un nettoyant visage et corps riche en ingrédients et qui paraissait moins étrange que les autres – m’a donné envie d’analyser sa composition. Voyant que beaucoup d’ingrédients étaient encore trouvables, j’ai eu l’idée de créer un parfum sur cette base pour au moins avoir une idée de ce que portait Cléopâtre. J’ai acheté le matériel nécessaire et j’ai commencé à faire des tests.

Je ne vais pas vous mentir : ça a été long, cher, difficile, tous les ingrédients ne sont pas disponibles et je reste avec une dizaine d’essais sur les bras. Et surtout, la recherche m’incombait. Le problème avec la recherche, c’est qu’une nouvelle découverte, parfois tardive, peut toujours réduire à néant tout ce que vous aviez réalisé et aviez cru abouti.

Sur la base de ce parfum – en tout cas de son odeur – j’ai aussi créé un gel douche.

  • Vous voulez savoir ce que sent un  parfum adapté du « détergent » de Cléopâtre ?

Ca sent une odeur orientale à laquelle vous ne comprenez pas grand-chose.

  • Vous voulez savoir si ça sent bon ?

Au bout de 6 mois de fréquentation et d’habitude, je crois que je peux dire que oui, mais ça ne correspond à rien de connu.

J’ai commencé à rédiger mon expérience, mes recettes, mes recherches, quand l’idée de tenter de refaire à l’identique le « détergent » ne m’a plus paru si impossible que ça. J’ai acheté ( encore !) les plantes nécessaires et je l’ai réalisé avec quelques restrictions néanmoins car sur les 10 ingrédients nécessaires au détergent :

  • 6 sont toujours trouvables
  • 1 existe encore mais à moins d’être géo-botaniste, impossible à trouver
  • 2 n’existent que sous des formes proches mais pas identiques
  • 1 est l’objet d’une interprétation, d’un choix ( mais que l’Antiquité elle-même permettait)

Cette dernière recette, qui ressuscite le vrai cosmétique de Cléopâtre, est ma préférée et ma plus grande satisfaction.

J’ai rajouté cette expérience et ces recettes à mon livre et je les ai proposées à un éditeur qui m’a répondu qu’il ne voulait plus développer la thématique des cosmétiques « maison ». Il a raison, même si c’est un secteur en plein développement, il y a peu de monde que cela intéresse certainement. Sauf que…c’est quand même un authentique cosmétique de Cléopâtre ! En cherchant un autre éditeur potentiel, je me suis aperçue que les éditeurs publiaient surtout des ouvrages généralistes qui ont des chances de ratisser large, et je les comprends. Avec mon propos très spécialisé, comment pourrais-je les intéresser ?

C’est pourquoi j’ai décidé de m’auto-éditer, pour que cette aventure et les recettes sur la base du « détergent » de Cléopâtre soient malgré tout diffusées auprès de ceux qui voudraient le reproduire pour eux-mêmes à titre privé ( puisque la reproduction à but commercial est interdite et les recettes, soumises à droit d’auteur, sont bien entendu protégées ). La recette de base datant de l’Antiquité, seule une adaptation artisanale comme à l’époque s’avère conforme au cosmétique de Cléopâtre fait presque exclusivement à base de plantes.

Je précise d’ailleurs que bien que ce soit le cosmétique d’une reine, les recettes sont faciles à réaliser une fois acquis les ingrédients nécessaires qui peuvent toutefois être un peu longs à obtenir parfois, sachant que pour certains d’entre eux – 2 ou 3 – vous ne les achèterez que sur internet, n’étant pas d’un emploi très courant en Occident.

Si vous ne connaissez pas mon article sur les vraies recettes de beauté de Cléopâtre vous permettant de vérifier l’authenticité de la démarche et des recettes, c’est ici : https://echodecythere.com/2014/09/03/les-vraies-recettes-de-beaute-de-cleopatre/

Si vous rêvez de vous lancer dans la réalisation des cosmétiques issus du « détergent » de Cléopâtre – qui sont malgré tout très faciles à faire même pour un débutant – ou si vous êtes simplement curieux de cette aventure et de cette recherche, voici mon e.book qui la raconte et vous donne les vraies recettes :

Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre : le e.book

ou bien, la version papier :

Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre : le livre.

Mon second blog, consacré aux cosmétiques antiques et en particulier ceux de Cléopâtre se trouve ici :Le labo de Cléopâtre

 

Je tiens enfin à remercier tous ceux qui, fréquentant ce blog, ont permis à ce rêve de se concrétiser car leur présence a toujours été un encouragement suffisant à me donner envie de continuer mes explorations sur un thème trop souvent jugé superficiel.

« Détergent » de Cléopâtre réalisé d’après la recette authentique. Bonne nouvelle, ça sent bon ! ( Je vous le propose sur ma boutique Etsy consacrée aux parfums de l’Antiquité ) )

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Mythe d’un secret de beauté ancien : la rose

On trouve au livre XII des histoires diverses d’Elien, historien romain de langue grecque des II ème et III ème siècles après J-C, l’histoire curieuse d’une certaine Aspasie, dont la destinée est marquée par la faveur d’Aphrodite tout au long de sa vie. Le début de la vie de cette Aspasie est pourtant marqué du sceau de la laideur avant que la petite fille se transforme en la plus belle de toutes grâce à un remède spécial :

« Aspasie de Phocée était la fille d’Hermotine : sa naissance coûte la vie à sa mère. (…) Dans son enfance, il lui survint sous le menton, une tumeur qui la défigurait : le père et la fille furent également affligés de cet accident. Hermotine la fit voir à un médecin, qui promit de la guérir moyennant trois statères : « Je ne les ai pas », lui dit Hermotine. »Et moi, je n’ai point de remède à vous donner. »

Aspasie, justement attristée par cette réponse, sortit en pleurant : un miroir qu’elle avait sur les genoux, et dans lequel elle ne cessait de se regarder augmentait encore son affliction. Dans cet état, elle ne put souper. Cependant, un sommeil favorable s’empara de ses sens; elle vit, en songe, s’approcher d’elle une colombe qui, prenant tout à coup la figure d’une femme, lui tint ce discours : »Prenez courage; laissez là médecins et remèdes; mettez en poudre quelques roses sèches d’une des couronnes consacrées à Aphrodite, et appliquez-les sur votre mal. »

A peine Aspasie eut entendu ce conseil, qu’elle se hâta de le suivre, et sa tumeur disparut. Ainsi, par la faveur de la plus belle des déesses, elle redevint la plus belle des filles de son âge; et dans son siècle, il n’y eut point de beauté qu’on pût comparer à la sienne : elle était formée de l’assemblages de toutes les grâces. »

Elien. Histoires diverses. Livre XII. I.

La colombe était un oiseau consacré à Aphrodite. Bien que cela paraisse étrange, c’était l’animal qui conduisait son char. L’arrivée de la colombe annonce celle de la déesse de l’Amour. Aujourd’hui, messagère de la paix ou symbole plus ambigu annonçant la grossesse de Marie, l’oiseau conserve les symboles associés à la déesse de l’Amour : la douceur, la fragilité, l’amour, et même la sexualité trouble.

La rose était une fleur consacrée à Aphrodite, mais dans l’Antiquité, elle était d’une taille bien inférieure à celle des nouvelles variétés hybrides et souvent magnifiques, qu’on dénombre par centaines, variant en couleurs et parfums presque à l’infini. Car considérée depuis toujours comme la plus belle et la plus odorante, elle a fait l’objet de toutes les exploitations, améliorations, expérimentations possibles jusqu’à ce qu’on puisse la rendre aujourd’hui éternelle, comme on le voudrait de l’Amour et de la Beauté.

Des roses, oui, mais pas n’importe lesquelles : celles offertes en couronne à Aphrodite lors de son culte. On a dit bien souvent que rien ne ressemble plus à la religion de l’Antiquité gréco-romaine que celle pratiquée par les hindous qui, elle, n’a quasiment pas changé depuis cette époque. Dans l’hindouisme, la statue n’est pas le dieu, mais le dieu vient habiter sa statue : c’est donc personnellement que la divinité reçoit les offrandes qui lui sont faites. Parmi celles-ci, des fleurs, de l’encens, des lumières et de la nourriture. Après avoir reposé le temps de la cérémonie sur l’autel où elle a été offerte, l’offrande, chargée de la bénédiction du dieu, se partage.

Dans l’histoire d’Elien, la couronne de roses, chargée du pouvoir de la déesse de l’Amour et de Beauté, peut agir sur la peau de la petite fille au moyen d’un cataplasme. Cette histoire est postérieure à  l’époque mythologique où les dieux intervenaient directement car c’est de façon indirecte et liée au culte que la déesse manifeste son pouvoir.

Des histoires ! Encore et toujours des histoires !

Mais oui ! Et de belles, en plus !

Rose de Damas, rose de mai, rose de Turquie, de Syrie, etc..Au-delà des jardins qu’elle embellit, il n’est pas de fleur plus réputée dans les soins de beauté pour sa douceur et son parfum, en externe, et même en interne ! Des sirops, confitures aux pétales, thés, lotions du Maroc, poudres ayurvédiques indiennes en passant par les masques, crèmes et les huiles essentielles, il n’est pas un cosmétique contemporain ou traditionnel qui puisse nous attirer plus que ceux qui sont faits à base de rose.

C’est comme si, sans jamais l’avoir appris, une part de nous se rappelait de la promesse faite par Aphrodite à la petite Aspasie d’en faire, grâce à sa fleur consacrée, la plus grande des beautés de son siècle…

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Les objets de la beauté

Ils nous fascinent, nous attirent, nous font peur, et surtout, nous font des promesses de beauté plus ou moins tenues : ce sont les objets de la beauté. Ils accompagnent notre désir d’accomplissement esthétique, condition première au bonheur dans la destinée féminine. Au moins dans l’imaginaire collectif. Car la beauté ne fait pas nécessairement le bonheur, et l’absence de beauté n’y fait pas forcément obstacle.

Pourtant, dès le début de l’humanité, dès que des mains habiles ont été capables de ramasser des plumes, concevoir des perles ou employer une plante tinctoriale, la beauté a cessé d’être une faveur uniquement génétique pour devenir la marque d’une distinction sociale. Car en effet, malgré la démocratisation des nombreux accessoires de beauté qui ont été inventés et ont jalonné l’histoire de l’esthétique, l’accès aux améliorateurs d’apparence a toujours été le privilège d’une élite avant de devenir le privilège de tous et surtout celui des industriels et parfois des artisans dont ça a fait la fortune.

Si on les rassemblait quelque part, les objets de la beauté formeraient un immense bric-à-brac fascinant où on trouverait de tout et pour modifier toute partie du corps ou du visage : des ciseaux pour tailler cheveux, ongles, pièces de cuir et de vêtements, des pinces pour extirper les poils anarchiques ou pour fermer un collier. On trouverait également de nombreux produits utilisant la couleur : teintures pour vêtements, pour cheveux, couleurs des fards, des crèmes, des correcteurs, des embellisseurs, des autobronzants, des vernis, des tatouages. Il y aurait encore des objets pour trouer : le vêtement pour le coudre, la peau pour la percer, la tatouer ou la réparer chirurgicalement,

Il y aurait également les objets qui redressent, redessinent, améliorent la silhouette – voire le visage – en serrant, compressant comme les gaines, les ceintures, les corsets, les culottes ventre-plat, les collants amincissants, les soutien-gorge minimisant ou au contraire rembourrant, gonflant la poitrine, les pantalons remontant les fesses, affinant les cuisses, mais aussi les chaussures à talons nous rehaussant, nous faisant gagner une taille et prendre de la hauteur.

Ces objets peuvent avoir toutes matières : métal, huile, plastique, gel, poudre, liquide, laine, satin, soie, viscose, et toutes textures : souple, rigide, mou, dur, froid, soyeux, gélatineux, granuleux, aérien…Ils nous lavent, nous parfument, assouplissent notre peau, font luire les cheveux, les éclaircissent, luttent contre le relâchement cutané, la grisaille de la peau, donnant l’illusion du maintien, de la beauté, de la jeunesse, nous font « perdre une taille » ou juste cassent l’austérité d’un vêtement par une touche de fantaisie.

A l’avant-dernier stade de l’utilisation des objets de la beauté, nous trouvons les outils médicaux utilisés dans la chirurgie plastique et les technologies de pointe comme des ultra-sons, des lasers, des appareils de cryogénisation dans l’amincissement ciblé, et autres procédés « brevetés » et « uniques ».

Rien de tout cela n’est nouveau, pourtant. Mettre son inventivité au service de la beauté, l’Homme le fait depuis qu’il fabrique des objets. Lui donner une dimension technologique, en revanche, il le fait depuis le triomphe conjugué de la science, de l’industrie et de l’économie de marché, c’est-à-dire le début du XX ème siècle.

Le dernier stade de l’utilisation des objets de la beauté est celui du XXI ème siècle, où la technologie, avançant à pas de géant, court plus vite que son concepteur, ne lui permettant pas de se projeter lui-même de façon cohérente dans l’avenir qu’il est en train de créer. Et les objets qui, autrefois dans le domaine de la beauté, servaient à se rendre plus beau qu’on ne l’était auparavant, à devenir un être humain en mieux, peuvent désormais incarner par eux-mêmes l’idéal de beauté à atteindre, prouvant que dans tous domaines, esthétique y compris, la créature a dépassé le créateur.

Et dans cette aventure contemporaine du mythe de Pygmalion, les gourous étranges d’un nouveau type de beauté – Valeria Lukyanova, Justin Jedlica – nous montrent la voie d’un idéal en plastique, originellement de 29 centimètres, né en 1959 dans les usines Mattel.

http://orleansactu.fr/valeria-lukyanova-et-justin-jedlica-alias-barbie-et-ken/

Un phénomène qui, au-delà du ridicule apparent, nous interroge fortement…

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Photo à la Une : masques et appareillages anti-rides de l’institut Anglais de Beauté de Mary Earle, vers 1900.

Choisir les couleurs de ses vêtements selon leurs symboles

Dans ses divers ouvrages, Michel Pastoureau, historien spécialisé dans les couleurs, nous fait découvrir que les goûts que nous pensons avoir en matière de couleurs sont en réalité les restes d’un patrimoine culturel et idéologique, une histoire oubliée transmise néanmoins par l’éducation. Il nous apprend donc l’histoire et la symbolique de chaque couleur, dont la plus grande partie réside dans celle des conditions de teinture du vêtement.

C’est sur la base de cette connaissance et de cette culture commune que nous pouvons ensuite choisir la couleur de nos vêtements en fonction de l’image que nous voulons véhiculer et l’effet que nous voulons produire sur l’autre, sachant néanmoins que l’usage de la couleur lui-même est connoté. En effet, les classes sociales les plus hautes n’utilisent généralement pas de couleurs vives mais la palette des bleus, bruns, noirs, beiges, gris. Dans les classes populaires, en revanche, la couleur se rencontre plus facilement, ce qui a tendance à se généraliser avec la mondialisation des idées et des cultures. Par ailleurs, chez les classes populaires, mettre de la couleur, c’est afficher sa bonne humeur et donc sa bonne santé.

Dans « Le petit livre des couleurs », condensé passionnant de ses ouvrages consacrés souvent à une seule couleur, Michel Pastoureau nous apprend d’abord que les couleurs ont des symboles ambivalents développés au cours de leur histoire, même si certaines peuvent être complètement positives ou négatives. Certaines également ont connu un renversement de valeur.

Voici ce qu’il a découvert sur les couleurs, à quoi j’ai ajouté certaines explications et des applications pratiques pour que vous puissiez vous en servir au quotidien :

  • Le blanc

Couleur positive, on y associe les valeurs de pureté, d’innocence mais aussi de propreté – le linge blanc donne l’impression de netteté – de sagesse, aussi. C’est une couleur à porter dans toutes les occasions sérieuses, professionnelles ou officielles.

  • Le noir

Associé depuis la Renaissance aux élites sociales et religieuses, il véhicule les mêmes valeurs de sérieux que le blanc, mais il possède une certaine ambivalence puisque c’est aussi une couleur de marginaux affichant leur contestation – métalleux, goths, punks, personnes en souffrance psychique ou sociale. Paradoxalement, il reste malgré tout la couleur du chic et de l’élégance. On peut donc le mettre partout, à l’autre de comprendre pourquoi et comment vous le faites.

  • Le gris

Associé désormais à la tristesse – comme un jour de pluie, sans doute – c’est encore une couleur ambivalente puisqu’elle garde les valeurs positives de sagesse et d’intelligence associées aux cheveux gris et qu’on retrouve dans l’idée de matière grise. On affiche donc son sérieux avec du gris autant peut-être que son caractère un peu terne.

  • Le bleu

D’après les découvertes de Michel Pastoureau, c’est la couleur préférée des Occidentaux aux valeurs positives incontestées depuis le Moyen-Age. On peut le porter partout et en toutes circonstances.

  • Le rouge

Autre couleur ambivalente, les valeurs qu’il véhicule sont aussi antagonistes que violentes : vie, mort, passion, sexe, violence, danger, hypomanie…Le rouge ne laisse personne indifférent ! En petites touches, il peut signifier la motivation, un caractère passionné, ce qui peut être un atout en entreprise ou en amour. Mais mieux vaut le réserver en total look pour une personne envers qui on éprouve véritablement la passion…

  • Le rose

C’est un rouge atténué, la couleur de la tendresse, du bonheur, voire de la mièvrerie. On la réserve aux femmes pour lesquelles uniquement il est bien connoté, même s’il va mieux à celles qui assument leur côté femme-enfant.

  • Le vert

Son histoire est ambivalente et il continue de signifier le sort, le hasard du trèfle à 4 feuilles sur les tapis de jeux et dans les lieux où se disputent des matchs. Peu à peu, pourtant, il se veut plus rassurant, devenant un symbole de la nature, de l’écologie. Peu porté, pourtant, il semble garder son symbolisme aléatoire : soit celui qui vous regarde l’aime, soit il ne l’aime pas. Réservez-le pour des moments où vous ne craignez pas le jugement.

  • Le jaune

Il est mal aimé en Occident car il a toujours été historiquement associé à la trahison, aux condamnés, aux réprouvés. A force de le voir sous représenté, nous y sommes devenus hostiles sans raison autre qu’éducative. Si vous l’aimez, portez-le uniquement pour vous-mêmes, sinon, vous en entendrez parler !

  • Le orange

Peu apprécié, on lui associe malgré tout l’énergie. Il ne faut pas en abuser.

  • Le violet

Couleur assez artificielle, il n’a jamais vraiment su trouver sa place, hormis dans la spiritualité. En petites touches, pourquoi pas ? ( J’écris ça pour ne pas mentir sur son opinion car pour ma part, j’adore cette couleur !)

  • Le brun

Ce fut longtemps une couleur de moines, associée à la pauvreté et à l’humilité. Parfait si vous voulez rassurer une future belle-mère ou un établissement religieux.

Mon conseil personnel néanmoins, c’est de faire éclater les couleurs de la vie, car s’il y a bien une chose que m’ont fait comprendre les Indiens, c’est que les couleurs, c’est la Beauté et c’est la vie !

https://www.youtube.com/watch?v=MlOrkja2Z54

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur. La belle photo de la fête de Holî provient du site demotivateur.fr.