Mois: janvier 2016

Dans l’ombre de la beauté

La beauté, qui passe par le regard, est une manifestation, un signe, une information. Elle peut être le signe de bons gènes et d’une bonne santé, mais lorsqu’elle est construite avec minutie, lorsqu’un long et savant travail est nécessaire à son élaboration, la beauté raconte une histoire, celle de la personne qui la désire ardemment tandis qu’est dissimulée la raison pour laquelle elle la désire autant.

Dans toutes les questions qui concernent la beauté, on retrouve la psychologie liée à des problèmes d’image de soi et un certain rapport au monde où entre une volonté de l’influencer ou au moins d’avoir un certain contrôle sur lui. Chez certaines personnes, cette volonté de contrôle peut être si forte qu’elles acceptent de prendre des risques ou de sacrifier une partie d’elles-mêmes pour obtenir cette beauté. Jane Fonda qu’on dit s’être fait retirer les côtes pour avoir une taille amincie, celles qui se sont fait retirer des dents pour se creuser les joues, celles qui se sont fait liposucer, refaire le nez, les seins, les fesses, les dents, changer la couleur des cheveux, toutes veulent la beauté. On peut aussi penser à Maria Callas qui accepta pendant des années d’héberger dans son corps un ver solitaire pour lui permettre de maigrir et de rester mince. Tous ces cas témoignent d’une volonté d’être belle qui a dépassé la peur que pouvaient inspirer certaines pratiques pour y arriver.

Quand on songe que pour acheter un objet de consommation courante tel qu’un canapé ou une voiture, on doit s’interroger si c’est nécessaire, choisir le meilleur rapport qualité-prix, évaluer la solidité des matériaux, le sérieux de la marque, les conséquences à long terme, on se demande comment on peut parvenir à faire ces projections sur soi-même alors que les risques sur la santé sont plus que probables. Le consommateur étudie sérieusement non seulement pour s’équiper de grandes choses mais également de petites, et il n’hésite pas à rejoindre ou consulter des associations de ses semblables pour s’informer et se protéger. Dans ce contexte, il paraît difficile de se projeter dans l’état d’esprit de quelqu’un qui décide de faire pratiquer sur lui-même un changement majeur en vue de son propre embellissement car il accepte une immense part de risque que le consommateur ordinaire ne prendrait pas. Un risque qui peut aller jusqu’à la mort comme on l’a vu en début d’année avec Miss Equateur morte à 19 ans lors de sa liposuccion pour quelques centimètres de taille en moins.

Qu’est-ce qui peut bien faire franchir le pas ?

A l’origine de tout ce qu’on veut changer, posséder ou faire, il y a le désir. Si nous avons le désir d’une voiture, il y a le désir pour soi-même, pour les qualités qu’on lui croit posséder, et parfois aussi pour les autres si le choix de la voiture a été motivé directement ou indirectement par eux, comme une personne qu’on admire et qu’on veut imiter ou une personne qu’on envie et qu’on veut égaler ou dépasser par ce moyen.

Quand on désire être plus belle, on le fait en apparence pour le regard de l’autre mais en réalité, c’est une démarche qui prend appui sur le regard de cet autre pour un bénéfice néanmoins tout à fait personnel. Car à la base de toute transformation physique radicale et voulue, le jugement de la société est le levier d’une volonté extraordinaire dont les racines profondes se trouvent soit du côté d’une ambition démesurée soit d’immenses complexes physiques anciens et personnels qu’on veut régler.

Mais plus généralement, il y a les deux. Car chez une personne équilibrée et confiante en elle, les problèmes d’image de soi, s’ils existent, ne parviennent pas à déstabiliser son esprit au point qu’elle puisse envisager des changements radicaux dans son apparence, même par ambition. Et les biographies des stars décédées et qui sont assez anciennes pour que s’exerce le recul nécessaire à la compréhension d’un phénomène éclairent très nettement sur cette question. Les grandes transformations physiques par chirurgie esthétique en pleine jeunesse ou les régimes draconiens sont beaucoup le fait de stars qui ont vécu des traumatismes liés à l’image de soi : abus sexuels, violence familiale, manque d’amour, rejet quelconque.

C’est le cas de Marylin Monroe, Rita Hayworth ou même la grande Maria Callas. Les points communs entre ces trois femmes sont nombreux : enfance sans amour, dans la violence ou le rejet, volonté et force de travail extraordinaire, choix de la construction méticuleuse de sa propre image pour toucher les étoiles, conquête unanime du public. Ces femmes ont été considérées à leur époque comme les plus sexy ou les plus élégantes, les plus extraordinaires devant toutes les autres. La postérité en a conservé l’image car elles sont parvenues à atteindre l’idéal qu’elles ont désiré et ont réussi à nous le faire embrasser. Ce sont encore des sex symbols et des modèles indépassables !

Et dans ces trois destins, ce qu’il a de commun également, c’est une fin de vie pleine de solitude où les hommes sont passés comme des ombres que nul bras n’a réussi à retenir, comme si le vide appelait le vide. Finalement, c’est comme si à se traiter soi-même comme un objet, on poussait un peu les autres à faire de même.

Divinisée par le travail sur son physique encore plus que par la qualité de sa voix, Maria Callas dut se justifier toute sa vie de l’annulation d’une représentation parce qu’elle était juste devenue aphone. Car honnêtement, qui peut croire qu’une déesse, qu’une icône, qu’un objet puissent s’enrhumer ?

De la part d’une chanteuse ordinaire, on l’aurait pourtant certainement accepté.

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Le viol de l’Aphrodite de Cnide

Non, ce n’est pas un titre volontairement provocateur. C’est une histoire relatée, entre autres, par le pseudo Lucien de Samosate, qui nous a déjà fait parcourir les jardins de son temple.

Pour vous, pour moi, pour tout le monde, l’Aphrodite de Cnide est une magnifique statue sculptée par Praxitèle. Dans l’article précédent, nous avons parcouru les jardins de son temple au fil du texte Les amours, et nous avons admiré la logique de sa construction. Aujourd’hui, nous entrons dans son temple toujours avec, pour guides, le pseudo-Lucien et surtout ses personnages qui y faisaient un voyage philosophique. En effet, lors d’un voyage en mer, Lycinos retrouve des connaissances, Chariclès et Callicratidas.

Le premier ne jure que par l’amour avec les femmes, et le second, avec les hommes. Sous forme de joutes oratoires, l’un et l’autre alignent les arguments pour faire valoir leur point de vue dans une querelle destinée à être sans fin. Lycinos, le narrateur, est nommé l’arbitre de cette querelle philosophique très ordinaire à l’époque.

C’est dans ce contexte que se passe la visite au temple de l’Aphrodite de Cnide. Dans le récit, le temple a installé la statue de façon à ce que les visiteurs puissent la contempler de tous les côtés, comme les photos mises à la une, tirées du site allemand Virtuelles Antiken Museum, qui permettent de s’en faire une idée. Si Chariclès, qui aime les femmes, s’enflamme en voyant la statue, Callicratidas, étonnamment, s’émerveille lui aussi devant la splendeur de ce corps féminin.

Après quelques instants, ils se rendent compte d’une petite tache sur la cuisse de la déesse, rendue plus visible encore par la blancheur de son marbre. Ils croient à une imperfection du matériau, mais une femme chargée de l’entretien du temple les détrompe : c’est la marque du viol de la déesse par un jeune homme qui en était tombé follement amoureux. Les viols de nymphes et de mortelles par les dieux sont des histoires bien connues de la mythologie. Mais le viol des statues de déesse, on n’en a pas l’habitude !

Et pourtant, c’est une anecdote qu’on retrouve plusieurs fois dans la littérature philosophique concernant les questions sur l’amour et plus précisément celles qui opposent les amours hétérosexuelles aux amours homosexuelles. En effet, la tache se trouve à l’arrière de la cuisse de la déesse, prouvant, qu’on a souhaité la prendre par derrière, comme on le fait avec un homme, du moins pour les défenseurs des amours homosexuelles.

Le traducteur de l’édition d’Arléa écrit en note :« Le récit de cette histoire suscite une interrogation : l’impiété du jeune homme est-elle, puisqu’elle s’adresse à Aphrodite, un hommage à la puissance des amours hétérosexuelles ? Mais accomplie dans une telle posture, n’est-elle pas un témoignage contre cette Aphrodite-là ? La réponse est ambiguë. Doit-on mettre cet hommage profanatoire, cette révérence sacrilège au compte de l’amour des femmes ou celui des garçons? ».

Cette question, qui n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui, sauf peut-être pour la culture gay, cède la place pour les contemporains à une autre, plus intrigante mais plus logique pour la culture moderne : ce jeune homme a-t-il voulu faire l’amour à la déesse ou à la femme dont le corps magnifique a été sculpté par Praxitèle ?

Le texte dit : »il devint éperdument amoureux de la déesse« , »durant tout le jour, il se tenait devant la déesse, ses regards étaient continuellement fixés sur elle; ce n’était que murmures indistincts et plaintes amoureuses formant un monologue secret », »Comme le feu de son amour était sans cesse attisé avec plus de violence, notre homme en avait gravé des témoignages sur tous les murs. L’écorce délicate de chaque arbre était ainsi devenue comme un héraut proclamant la beauté d’Aphrodite ».

Ces citations montrent que c’est bien la déesse qui est l’objet de cet amour, mais aussi, indissociablement, l’oeuvre d’art créée par un auteur: »D’ailleurs, il honorait Praxitèle à l’égal de Zeus et tout ce que sa demeure renfermait de précieux, il le donnait en offrande à la déesse. »

Là où un contemporain voit l’oeuvre d’art d’un côté et l’idée de la divinité de l’autre, un Ancien, pour peu qu’il soit croyant, ne fait pas de distinction, comme le montre le texte, parce qu’on considérait que c’était le dieu qui communiquait avec l’artiste et se montrait à lui sous la forme de l’inspiration qui précède son oeuvre. En ce sens, l’Aphrodite de Praxitèle est bien Aphrodite pour son amoureux comme pour ses contemporains, et c’est bien avec elle qu’il fait l’amour, au moins dans la conception antique.

Maintenant, la dernière question qui se pose : cette histoire a-t-elle vraiment eu lieu ?

La tradition philosophique avait pour habitude d’évoquer plusieurs types d’histoires pour aborder des questions philosophiques : des mythes et des anecdotes réelles.

A votre avis, à quelle catégorie appartient ce récit ?

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Reflet de Cnide

Il existe plusieurs statues d’Aphrodite réalisées en Grèce ancienne. Elles font la fierté des musées et des villes qui les possèdent car elles éblouissent par leur beauté, une beauté qui illustre une certaine idée de l’oeuvre d’art, de ce qu’on attend de la perfection esthétique. Cette beauté sert également au prestige national : l’Italie, la France et d’autres pays possèdent chacun une statue des plus remarquables de la déesse qui les honore et dont le prestige rejaillit un peu sur eux.

Mais autrefois ?

Dans l’Antiquité, déjà, l’Aphrodite de Cnide, sculptée par Praxitèle, était célèbre pour sa beauté comme pour sa nudité. On venait la voir de loin et elle faisait le prestige et la fierté de la ville. Mais ce n’est pas dans un musée, au milieu d’autres oeuvres représentant elles aussi l’art qu’on pouvait l’admirer. C’était dans un temple, dans son temple, parce qu’elle représentait non la beauté de l’art mais l’incarnation de la Beauté même, de la Séduction et de l’Amour vus comme des absolus. Comme telle, elle était une divinité entourée des symboles qui, à l’époque, donnaient une idée profonde et spirituelle de son empire, de ce qu’on pouvait considérer venir de son royaume ou émaner de son essence divine.

Pour l’occasion, Reflet de Cythère devient Reflet de Cnide et vous invite dans le jardin du temple de l’Aphrodite de Cnide immortalisé par la plume de Lucien de Samosate, pour découvrir comment les Anciens concevaient un jardin à la gloire de la divinité régnant sur l’Amour et la Beauté.

« la cour était loin d’être revêtue de dalles en pierres polies, ce qui l’eût vouée à l’infécondité, mais comme il est naturel dans un temple d’Aphrodite, tout n’était que riches cultures fruitières. Les arbres au dense feuillage s’élevaient déjà fort haut et enfermaient l’espace alentour. Surpassant les autres essences, dans une débauche de baies, croissait, près de sa reine, le myrte luxuriant, et avec lui chaque espèce d’arbres qui avait reçu le don de la beauté. En dépit de leur âge avancé, ces derniers n’étaient pas flétris et desséchés, mais toujours dans la fleur de la jeunesse, ils arboraient des rameaux encore verts et tout gonflés de sève. Quelques arbres qui ne portaient que leur beauté en guise de fruits se mêlaient à cet ensemble : cyprès et platanes se dressaient au plus haut des airs et, parmi eux, Daphné ( le laurier ), la fugitive contemptrice d’Aphrodite, qui échappa jadis à la déesse. Autour de chaque tronc qu’il tenait enlacé serpentait le lierre, cet ami de l’amour. Des vignes pleines d’entrelacs étaient chargés de lourdes grappes. Aphrodite, en effet, a plus de volupté lorsque Dionysos l’accompagne et nous devons conjuguer les plaisirs que l’un et l’autre nous procurent : séparés, ils flattent moins nos sens. Dans les endroits où l’ombre était plus épaisse, des couches plaisantes s’offraient à ceux qui désiraient y festoyer. Les honnêtes gens de la cité venaient rarement ici, tandis que le peuple de la ville s’y portait en foule les jours de fête, sans doute pour y rendre d’intimes hommages à Aphrodite. »

Lucien de Samosate, Les Amours, traduit par Pierre Maréchaux

Aucun jardin n’a été, n’est ni ne sera conçu au hasard. Ici aussi, on voit bien que les espèces sont choisies selon des lois aphrodisiennes : la beauté, la fécondité et la jeunesse éternelle puisque les végétaux choisis sont à la fois d’un « âge avancé » et « dans la fleur de la jeunesse ». Des caractéristiques qu’ils ont en commun avec la déesse. On choisit aussi les espèces en fonction de leur consécration à la déesse, comme le myrte, mais aussi de la mythologie. Daphné fait ainsi référence à une nymphe aimée d’Apollon et changée en laurier, plante normalement consacrée au dieu. Mais ici, elle est comme un témoignage du triomphe de la déesse sur celle qui avait voulu échapper à son pouvoir et qui en est désormais un ornement. On choisit également les espèces en fonction de leur comportement : le lierre s’attache fortement à ce qu’il enserre, comme l’amour nous attache à ceux que nous aimons. Enfin, on peut les choisir en fonction des réalités sociales dans lesquelles prend place l’amour, comme c’est le cas pour la vigne. En effet, en Grèce ancienne, c’est lors des banquets où le vin – consacré à Dionysos – coulait à flot que les courtisanes – consacrées à Aphrodite – exerçaient leurs talents.

Et comble de luxe aphrodisien, des petites zones d’ombre préparent au visiteur des couches agréables pour sacrifier à la déesse de la manière qu’elle leur a inspirée, en permettant qu’ils s’embrassent ou fassent l’amour, ces « intimes hommages », en toute tranquillité.

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Le pouvoir de séduction

Quand des lecteurs viennent sur un blog à partir d’une recherche, il arrive qu’ils y entrent à partir d’un terme qui interpelle. Il y a quelques temps, « le pouvoir de séduction » a amené une personne sur ce blog. C’est vrai que c’est une question passionnante.

Encore faut-il pouvoir définir ce qu’on appelle « pouvoir de séduction ». On ne s’en rend peut-être pas compte, mais la part de l’imaginaire est très grande dans notre façon d’appréhender les choses abstraites et invisibles comme des sentiments. Il ne faut donc pas s’étonner de voir l’image d’un dieu ou d’une déesse s’imposer lorsqu’on pense au charme, à la séduction dont l’origine nous semble toujours mystérieuse parce qu’intérieure. Et comme l’a montré Freud, ce qui est intérieur et mystérieux s’est projeté vers l’extérieur sous forme de forces invisibles appelées, entre autres, dieux, esprits, etc.

En réalité, une personne qui a un pouvoir de séduction certain ne l’a pas de façon universelle comme dans les mythes et les contes, mais c’est malgré tout quelqu’un qu’on verra séduire plus facilement les gens que les personnes ordinaires. Cela peut même durer presque toute leur vie ! Dans tous les cas, ce sont des personnes qui comptabilisent dans leur vie plus de demandes en mariage, plus d’histoires et de réactions passionnelles ou même d’élans d’amitié passionnés. Oui, car la séduction est une force qui a la particularité de pouvoir agir sur tous les sexes hors désir sexuel, et parfois même sur les animaux.

Qu’ont-elles de spécial, ces personnes ?

Le cinéma hollywoodien de son Age d’Or a tenté de nous en fournir une image au travers des femmes fatales qui traversent ses films. On est alors tenté de penser que d’abord, elles ont la beauté. Pourtant, maintes photos de stars prises dans un contexte ordinaire nous démontrent qu’elles ne le sont pas forcément plus que d’autres. Quelque chose de mystérieux semble les avoir rendues belles aux yeux de celui qui a voulu nous communiquer cette conviction dans son oeuvre.

Depuis, nous adhérons, et nul doute que si elle était une personne inconnue au milieu des autres, nous la remarquerions quand même parce qu’elle possède cette force supérieure même à la beauté. On le voit d’ailleurs souvent : une femme qui est belle mais qui n’a pas d’intelligence et de conversation ne séduit pas longtemps. On peut sortir avec elle, s’en faire un ornement, mais la séduction ne prend pas. Elle est ailleurs.

Et c’est là où c’est très surprenant. Le pouvoir de la séduction se trouve dans une certaine capacité à créer de la nouveauté…par le langage. Dans le MOOC : « Langage, entre nature et culture », on apprend que l’espèce nous porte à choisir des partenaires qui sont capables de varier leur vocabulaire et introduire de la vivacité, de rendre vivante et variée une description censée être monotone. Il ne faut alors pas s’étonner de voir les gens les plus brillants en même temps que les plus drôles attirer notre attention et nous fasciner. En économie, justement, on explique que là où est la diversité et la nouveauté est le marché. Les marques et les enseignes qui veulent nous séduire agissent de la même manière qu’un être séduisant par son langage : en créant de la diversité et de la nouveauté.

Le langage, révélateur des capacités intellectuelles, nous pousse ainsi à être séduit par la personne dont l’intelligence est mobile, réactive, créative. On est alors en droit de se demander quelle intelligence nous séduit. Contre toute attente, la réponse va surprendre, mais celle qui nous séduit et que le langage révèle, c’est celle de notre propre évolution. Vous l’avez certainement remarqué, une personne qui nous séduit, nous captive, a le pouvoir de nous construire ou nous détruire.

Presque chaque personne a vécu une histoire dans laquelle il a été séduit par quelqu’un qui l’a rendu malheureux, dont son comportement , ses amis, ses paroles indiquaient pourtant qu’elle ne serait pas bien avec et qui l’a pourtant aimé plus fort que les autres.

Nous sommes séduits, en effet, par ceux qui semblent détenir une force vers laquelle , sans en avoir conscience, nous sommes attirés à un certain moment de notre existence, qu’elle soit force constructive ou destructive. Si elle est constructive, l’histoire, partie sur de bonnes bases, évolue positivement; si elle est destructive, la relation dégénère. Parfois aussi, nous sommes attirés par ce qui nous dépasse socialement ou intellectuellement, et cette fois-ci, ce ne sont plus les forces de vie ou de mort qui nous dirigent mais l’ambition, une projection de soi en mieux.

En bref, si vous voulez savoir ce qu’est le pouvoir de séduction, le meilleur conseil à donner est de vous pencher sur votre miroir intérieur. Nous sommes séduits par ceux qui semblent pouvoir nous apporter ce que consciemment ou inconsciemment nous désirons pour nous-mêmes, que nous le comprenions, choisissions, subissions ou non.

Il est donc temps de vérifier si nous sommes à nous-mêmes notre propre ami ou ennemi…

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