Mois: avril 2015

Le meilleur aphrodisiaque

Vous cherchez un aphrodisiaque efficace ?

Voici le meilleur actuellement disponible sur le marché.

                                                   Amour

Veuillez lire attentivement l’intégralité de cette notice avant de prendre ce médicament. 

1. Qu’est-ce que Amour et dans quel cas est-il utilisé ?

Amour est un médicament 100 % naturel et bio-chimique synthétisé ici par les laboratoires https://echodecythere.com/.

Il est préconisé contre les sentiments de solitude, de manque affectif, de vide existentiel et de misère sexuelle. Dans ce dernier cas, c’est un aphrodisiaque puissant.

2. Quelles sont les informations à connaître avant de prendre Amour ?

Même s’il peut faire des miracles, Amour ne guérit pas de tout.

En revanche, tout le temps de sa durée, il peut vous faire voir la vie en rose, vous rendre plus fort au quotidien, plus généreux, plus altruiste, plus confiant, plus extraverti, plus serein, plus lumineux, plus beau, plus patient et plus endurant face aux problèmes de la vie en général, sexuels ou non.

Il peut augmenter considérablement votre libido, démultiplier votre vie sexuelle, son intensité et sa qualité. Il peut vous faire faire également tout un tas de projets d’avenir que vous n’aviez jamais eus auparavant : mariage, enfants, vie de famille, etc.

3. Mise en garde spéciale

Amour ne doit pas être pris avec légèreté car c’est un médicament de l’âme aux effets puissants qui exacerbe en même temps les failles psychologiques du sentiment de soi et de la perception de l’autre.

Autrement dit, Amour révèle aussi bien le meilleur que le pire de vous-mêmes. Donc, soyez prudent.

Analysez bien votre comportement pendant la prise pour conserver au mieux ses effets bénéfiques et n’ayez pas peur d’être à l’écoute des critiques constructives et bienveillantes de l’être aimé.

Interactions médicamenteuses

Attention, Amour ne doit pas être pris avec Personnalité destructive.

4. Comment prendre Amour ?

Pas de recommandations spéciales, c’est un médicament à dosage intégré : Amour se prend donc comme il vient.

Néanmoins, en cas d’oubli à cause du stress, de mauvaises conditions de vie momentanées, reprenez une petite dose d’Amour en pensant à toutes les qualités de l’être aimé, à tout ce qui vous lie et vous unit à lui.

5. Quels sont les effets indésirables éventuels ?

Comme tous les médicaments, Amour est susceptible d’avoir des effets indésirables bien que tout le monde n’y soit pas sujet.

Effets indésirables très fréquents

– Perte d’appétit

– Augmentation de l’appétit

– Perte de poids

– Prise de poids

– Perte d’intérêt pour ce qui n’est pas l’être aimé

– Perte du sentiment de réalité

– Changement de personnalité

– Augmentation impressionnante de la libido

– Exacerbation de la vie sexuelle

– Monomanie

– Jalousie modérée

Effets indésirables fréquents

– Insécurité

– Peur de la perte

– Possessivité

– Dépendance

Effets indésirables peu fréquents

– Paranoïa

– Jalousie maladive

– Désespoir

Effets indésirables très rares

– Suicide

– Crime passionnel

En cas d’effet indésirable dangereux pour votre santé et celle des autres, cessez Amour sans vous décourager. Une autre prise fonctionnera peut-être mieux à un autre moment de votre vie. N’hésitez pas à demander de l’aide en cas de problème récurrent après une autre prise.

6. Comment conserver Amour ?

Ne pas utiliser après la date de péremption au risque d’aggraver les souffrances.

Amour se conserve plus longtemps si on l’emploie avec Respect et Conscience.

Composition : mélange naturel et biochimique constitué dans des proportions inconnues d’attirance, de désir et d’autres sentiments mêlés variables et personnels selon la constitution et l’histoire de chacun.

Cet article et cette photo sont les propriétés du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

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Les libertins et l’oubli

Le libertin d’aujourd’hui est celui qui a des « moeurs dissolues et très libres », nous dit le dictionnaire, et si on fait une demande aux moteurs de recherche, ils nous proposent volontiers des adresses de clubs échangistes.On se rappelle tous de la chanson de Milène Farmer, et plus encore du film de Laurent Boutonnat qui mettait en scène la chanson : «  Je suis libertine, je suis une catin. » Quelle excitation autour de ce concept de « libertin » et quelle masse de fantasmes ! Pourtant, les libertins ont une histoire passionnante souvent oubliée, qui a commencé par la sagesse avant de finir exclusivement dans les plus ennuyeux « lieux de plaisir ».

En effet, les libertins, ce sont d’abord des affranchis au sens d’esclaves qu’on a libérés. Au XVI ème siècle, en Occident, les découvertes de Copernic et Gallilée, entre autres et la redécouverte des auteurs grecs censurés par L’Eglise, au point d’avoir disparu de la culture européenne, constituent un électrochoc pour les penseurs qui ont alors rendez-vous avec un monde dans lequel la Terre est ronde, tourne sur elle-même, et où les Anciens ont théorisé sur la nécessité du bonheur individuel dans ce court laps de temps qu’est la vie. A côté d’un discours religieux qui impose la Terre plate du système antique de Ptolémée et où l’Homme doit chercher le Salut dans une vie considérée comme un enfer à subir avant la libération par la mort et l’attente du Jugement Dernier, quelle différence !

Les intellectuels qui militent pour une liberté de penser, de juger et de faire des choix en dehors de l’Eglise, on les appelle les Libertins. Ils continueront leur nécessaire action au XVII ème siècle, risquant autant leur vie et la condamnation de leurs écrits que les scientifiques de cette époque remettant en cause les Ecritures. En ce sens, ils sont les précurseurs des Lumières et ont trouvé leur inspiration notamment chez Epicure, qui nous conseille de jouir de la vie. Jouir de la vie, pour les adeptes de la réduction, cela veut dire jouir tout court. Là aussi, beaucoup oublient qu’Epicure a recommandé de jouir de la vie et des bonnes choses quand on en a (facile !), mais aussi des choses insipides, et même, s’il le faut, de notre propre dénuement !

On comprend volontiers que celui-là, beaucoup aient voulu l’oublier. Pourtant, profiter de la vie en toutes circonstances est le meilleur moyen de jouir pleinement !

En France, d’ailleurs, comme par un curieux hasard semblant associer les libertins à l’oubli et la confusion, le plus magnifique de nos libertins est un certain Cyrano de Bergerac, le Cyrano historique du XVII ème siècle qui, par confusion et oubli, se confond forcément avec le superbe Cyrano de fiction inventé par Edmond Rostand, et est de ce fait mal connu. Pourtant, ce personnage fantasque, esprit brillant et libre-penseur a créé,au XVII ème siècle, les premiers livres de science-fiction dans ses hilarants et réjouissants « Etats et empires de la Lune et du Soleil ». Le narrateur fait ainsi le premier voyage narratif dans l’espace pour y découvrir un monde idéal où les dogmes établis par l’Eglise sont tournés en ridicule et où règne le bon sens selon les libertins de son temps.

Le vrai Cyrano, par ailleurs, ne pouvait pas être amoureux de la belle Roxanne, car il était homosexuel. Peut-on faire plus libre-penseur, à l’époque ?

Au XVIII ème siècle, néanmoins, les romans libertins exposeront des personnages aux moeurs dissolues dans des histoires sexuelles grinçantes que le Don Juan de Molière a sans doute initiées. Le sens de libertin change alors et désigne ces jouisseurs sans moralité ni crainte de Dieu. Ces romans, apparus en même temps que le courant des Lumières, semblent un peu comme le chant du cygne d’une conception aristocratique du monde en pleine décadence, même si les marquis de Sade et autres Choderlos de Laclos – un mari parfait, contre toute attente – ne sont pas les seuls et que les libertins ne sont pas que des personnages de roman.

Le célèbre Casanova, aventurier et escroc qui se donnera aussi du « de » bien qu’issu d’un milieu de comédiens, multipliera les conquêtes qu’il dotera grassement avant de les abandonner quand elles sont de bonne société selon ses critères, qu’il séduira sans scrupule quand elles seront de basse extraction, les condamnant sans nul doute à la prostitution, comme cela se faisait à l’époque pour les filles dépucelées. Ses interminables et parfois indigestes Mémoires, plus grand témoignage de la vie au XVIII ème siècle en Europe, en exposeront le récit rétrospectif.

Le lien entre libertins, l’argent et la haute société est si établi que c’est Casanova qui a décidé Louis XV à doter la France d’une loterie nationale pour renflouer les caisses de l’Etat.

Encore actuellement, il y a un lien entre le libertinage, l’argent et l’oubli. Car même si les inégalités entre hommes et femmes ne sont plus aussi criantes qu’autrefois, à moins de le faire avec son égale, jouir de l’autre en libertin, c’est souvent le dominer, d’une manière ou d’une autre, et oublier l’amour, la réalité, les cruelles règles de société, la nécessité du respect mutuel et le souci de l’égalité aussi en termes d’équilibre psychologique. Choses dont ne se souciaient pas les Vicomte de Valmont, marquise de Merteuil, Casanova ou autre DSK.

Bref, entre les libertins d’autrefois et ceux d’aujourd’hui, la liberté est restée, mais la chose la plus importante – peut-être parce qu’elle ne semble plus nécessaire – est tombée dans l’oubli : la pensée.

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

La Vénus de Milo version Pop Art

A la boutique du Louvre, la Réunion des Musées Nationaux a décliné certaines oeuvres emblématiques du musée telles que la Joconde et la Vénus de Milo en version Pop Art. La raison invoquée pour la Vénus de Milo est le fait que les statues et oeuvres d’art grecques antiques étaient polychromes. Bon, admettons même si elles sont ici monochromes en série ( non, ce n’est pas un nouveau profil de tueurs, seulement de moulages ).

Néanmoins, je me demande la raison qu’ils ont invoquée pour la Joconde…

Allez, reconnaissons à cette initiative la qualité de faire du neuf avec du vieux, de nous en mettre plein la vue et de nous inciter à réfléchir sur la valeur de l’oeuvre d’art et son accessibilité. De toute façon, tout le monde aime le Pop Art…

Ces photos sont la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de les reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Les tours du monde web. 2.0 de la Beauté

La Beauté, objet fascinant et fantasmatique de désir depuis la nuit des temps, semble s’offrir depuis quelques temps un coup de jeune et un coup de buzz grâce au web 2.0 qui permet la communication des idées dans une ouverture au monde passant par la collaboration. Les projets beauté deplus en plus intéressants s’offrent ainsi une visibilité extraordinaire grâce à la participation du plus grand nombre de personnes relayant les projets via les sites et les différents réseaux sociaux.

De quels projets s’agit-il ?

– Le projet d’Esther Honig : cette jeune journaliste et blogueuse américaine de 24 ans a diffusé sa photo et demandé à des graphistes de la rendre simplement plus belle. Elle diffuse les résultats sur son blog, ici : http://www.estherhonig.com/#!viral-/cax1

– Le projet de Priscilla Yuki Wilson : cette américaine de 27 ans ne propose pas autre chose aux internautes que ce qu’a fait Esther Honig. En revanche, les défis sont plus grands pour ceux qui veulent la rendre belle car Priscilla est à la fois plus ronde – peu apprécié en termes de beauté – et métis japonaise et noire américaine – cas trop rare pour pouvoir faire l’objet de normes. Le résultat, c’est ici : http://priscillaywilson.wix.com/priscillayukiwilson#!blank/c1de8

– Le projet de Mihaela Noroc : photographe roumaine de 30 ans, elle décide de faire un atlas de la Beauté qui consiste à photographier la beauté des femmes de tous les pays du monde. Elle demande aux internautes d’y contribuer en lui donnant l’argent nécessaire pour poursuivre son voyage et donc son projet, dont on voit beaucoup de photos ici : http://www.msn.com/fr-fr/actualite/photos/l%E2%80%99atlas-de-la-beaut%C3%A9/ss-BBhSEdx

Que peut-on en penser ?

Ce sont de bonnes initiatives qui font rêver et réfléchir avant toute chose et leur médiatisation nous fait accourir.

Dans le projet d’Esther Honig, on peut voir le poids de la culture dans le traitement des photographies selon certains pays. C’est surtout vrai pour le Maroc, culturellement marqué par la mode musulmane visible à l’habillement complet et au voile, et les Etats-unis où la sophistication, notamment sur les cheveux, rappellent ce qu’on sait de la culture des cheveux féminins qui sont sur-travaillés. Même chose dans le traitement des photos de Priscillia dont le projet n’est pas différent : l’une des photos venue des USA la transforme en afro-américaine perruquée typique, la vietnamienne la fait considérablement maigrir et dans les pays où on est plutôt blanc, on éclaircit souvent sa peau.

Chez Mihaela Noroc, pas de doute : les photos sont magnifiques, les femmes choisies sont souvent très belles, et le choix du cadre dans lequel les photos ont été faites est toujours judicieux. C’est un tour du monde idéal et qui fait rêver la toile, c’est certain.

Fait-on vraiment le tour du monde ?

On fait le tour d’un monde, en tous cas, car des interrogations subsistent une fois qu’on s’est laissé bercer par le caractère inédit de ces expériences, de l’originalité de la démarche et la diversité des réponses.

En effet, quand Esther Honig et Priscillia Yuki Wilson donnent leurs photos à retravailler par les internautes pour les rendre belles, ceux qui les transforment le font selon plusieurs critères qui ne sont pas mentionnés et qui peuvent comprendre : leurs critères de beauté personnels et non culturels, leurs obsessions personnelles et leur rapport à la technologie qu’ils utilisent, c’est-à-dire quelles techniques ils préfèrent utiliser pour la retouche photo en dehors de toute considération pour les canons esthétiques en vigueur. La question se pose par exemple pour les photos où le fond a plus été travaillé que le modèle lui-même. Par ailleurs, que sait-on réellement des critères de Beauté de la Macédoine ou des Philippines, par exemple ? Sans une connaissance des canons esthétiques en vigueur dans les pays représentés, difficile d’évaluer si ce sont les critères collectifs ou individuels qui ont primé dans la retouche des photos.

Comment penser que des photos retouchées sans explications des intentions peuvent refléter de façon certaine des critères de Beauté censés être culturels quand les individus ne sont pas faits que de culture ?

Le travail de Mihaela Noroc est magnifique, mais une fois passé l’émerveillement, un constat s’impose que vous pouvez sans aucun problème faire vous-même : de photo en photo, à très peu de choses près, on croirait voir le même modèle. Car si la couleur de peau ou de cheveux change, de même que le type ethnique et l’habillement, nous avons le même type de femme récurrent : corps souvent mince, visage régulier, yeux en amandes, regard intense, bouche toujours légèrement charnue, et majoritairement les cheveux longs. Une photo diffère et on se dit qu’il y a finalement plus de diversité qu’on ne le croyait. Erreur ! C’est l’auto-portrait de la photographe.

Mihaela Noroc a visiblement choisi les belles femmes du monde en fonction de ses propres critères de Beauté qui, par chance, ressemblent à ceux de tout le monde.

Ces tours du monde de la Beauté sont intéressants et il faut être franc : on adore les regarder. Mais comme dans la réalité des voyages, ils montrent leurs limites car ils ressemblent à ces séjours que les touristes font sans jamais bouger de leur hôtel, loin de toute rencontre authentique avec le pays visité, tant les plus infranchissables frontières sont culturelles.

En réalité, nous sommes bien incapables, à titre individuel ou collectif, de voir la Beauté par les yeux de l’Autre.

Voilà un des nombreux défis que la modernité se doit de poser à l’Avenir…

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Couleurs des sentiments et symbolisme

Dans toutes les cultures du monde, les couleurs symbolisent des sentiments et des valeurs qui donnent un  surplus de sens au monde que l’on perçoit par les yeux. Ce surplus constitue l’essence de ce qui fait les oeuvres d’art picturales où le choix des couleurs et leur place dans l’espace sont des éléments fondamentaux choisis par l’artiste pour délivrer son message ou créer de la beauté.

Ces valeurs se retrouvent dans les oeuvres d’art mais aussi dans nos vies quotidiennes où chaque couleur, si elle n’est porteuse d’un sens absolu, est au moins porteuse d’une émotion dont le sens n’est pas forcément universel et est également choisie selon une émotion, celle-là forcément personnelle.

En Occident, les différentes nuances des sentiments amoureux s’expriment dans la gamme des rouges, du plus intense au plus léger, qu’on appelle le rose.

– Le sentiment exprimé par le rouge, c’est d’abord physiologiquement l’émotion brute et soudaine : on rougit de honte ou de plaisir par exemple. Ensuite, plus symboliquement, c’est la passion qu’il exprime, l’amour teinté de sexualité et de dangerosité. Dans sa version musicale ou littéraire, l’histoire de Carmen est universellement connue comme le  mythe moderne de la femme libre, insoumise, inspirant la passion jusqu’à la mort des deux amants. Dans la nouvelle de Mérimée, le lien entre les sentiments qu’inspire la belle gitane et sa dangerosité s’expriment au premier regard, dans la couleur de ses vêtements : « Elle avait un jupon rouge fort court qui laissait voir des bas de soie blancs avec plus d’un trou, et des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu.« Cette rencontre s’est faite un vendredi, jour de Vénus évidemment…

L’héroïne porte ainsi fièrement la couleur du sang, celui qu’elle fera couler, que ce soit celui de son précédent mari, le sien ou celui de son amant. Mais le rouge évoque aussi le sang spécifiquement féminin des menstrues qui effraie l’homme depuis la nuit des temps, sang frappé d’interdit dans la plupart des religions et auquel on associe superstitions, malédictions et sorcellerie puisqu’il sert également à fabriquer philtres d’amour et autres potions. La conjonction du rouge, du féminin et du vendredi, l’allusion à Vénus , évoquent d’ailleurs la magie d’amour qui nécessite tous ces éléments.

Du sang qui s’écoule uniquement du sexe féminin, on n’a alors pas de mal à associer sa couleur à la sexualité spécifiquement féminine et plus particulièrement libre et stérile. En effet, au XIX ème siècle, la sexualité de bonnes moeurs est conçue dans le mariage, dans le but de donner des fruits. La seule sexualité valorisée est celle de la femme mariée devenant rapidement mère. Carmen, femme licencieuse, scandaleuse et sans moralité a une sexualité hors mariage chrétien, qui ne la rend jamais mère et qui l’associe implicitement au démon, dont la couleur est également le rouge et qui, dans les traités de démonologie, était censé imposer des relations sexuelles dégradantes mais stériles aux sorciers et sorcières qui se vouaient à lui.

En effet, bien que cela ne soit pas son métier, Carmen utilise la sexualité et son corps lorsqu’elle en a besoin. Se dessine alors un autre rouge, celui des prostituées des temps les plus reculés jusqu’à une époque moderne où c’était encore la couleur qui les distinguait jusqu’à ce que des couturiers l’anoblissent et le rendent blanchi aux femmes, des plus célèbres aux plus ordinaires, à travers le cosmétique le plus populaire et le plus médiatique de l’esthétique féminine : le rouge à lèvres.

Le rouge, enfin réhabilité, devient alors celui de la beauté. Néanmoins, quelque chose de son essence scandaleuse reste puisque le rouge est une couleur finalement délaissée par les plus discrètes et qui sert toujours, à travers les roses, à exprimer l’amour passionné.

– Le sentiment exprimé par le rose, en revanche, comme en peinture, voit la passion dangereuse du rouge neutralisée par la pureté, la puissance virginale du blanc. Ainsi, le rose exprime beaucoup plus la tendresse, les sentiments romantiques exclusivement féminins mais excluant la sexualité au moins comme valeur de premier plan. Le rose étant en effet culturellement la couleur des petites filles, des guimauves et de la barbapapa, beaucoup associent au rose des valeurs mièvres où s’expriment les bons sentiments jusqu’à la niaiserie. Une vision qui pourrait se retrouver dans une expression telle que « voir la vie en rose » qui exprime bien cette façon de vouloir voir le monde avec des yeux d’enfant naïve, uniquement concentrée sur son plaisir et ses jeux, incapable de voir la laideur du monde qu’on appelle aussi réalité.

C’est un peu ce qu’on retrouve dans l’habillement kawaï des sweet lolitas du Japon où le rose domine et où les filles imposent au monde leurs valeurs romantiques et tendres. Dans leur univers, l’amour est un doux rêve où les femmes savent parfois retrouver leur nature de petite fille égoïste et heureuse. Une valeur confirmée dans les hôpitaux psychiatriques où le rose a démontré sa capacité à apaiser les humeurs et à faire ressentir le bonheur même à ceux qui l’avaient oublié.

On résume : vous voulez allumer, réchauffer l’atmosphère, le voir s’enflammer ? Portez du rouge. Si du rouge dans une chambre n’incite pas à dormir en échauffant l’esprit et en l’énervant plutôt que l’apaisant, un petit rappel de rouge invite néanmoins la sexualité dans votre chambre.

Vous voulez calmer ses ardeurs, imposer vos valeurs tendres, romantiques en entendant les faire respecter, vous faire respecter, vous et vos rêves de princesse ? Portez du rose et voyez si la vie se transforme à la faveur de votre rêve coloré.

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.