Mois: octobre 2015

Le poil aux jambes de la reine de Saba

Non, ce n’est pas un titre volontairement provocateur mais une authentique information donnée par les traditions juive et musulmane à propos de la reine de Saba, bien que la tradition musulmane ait plus évoqué ce fait que la tradition juive. Cela commence par le Livre des Rois qui n’évoque pas encore la célèbre reine dans ces termes-là. Dans la Torah, en effet, elle est une reine qui a entendu dire du bien de Salomon et qui vient l’éprouver avec des énigmes qu’il résoudra facilement. Eblouie par son savoir et convaincue de sa sagesse, elle le comblera de présents et rentrera chez elle, comblée de présents à son tour.

Au fil des récits, repris tour à tour par les diverses traditions, la reine de Saba, prenant un dallage de cristal pour un plan d’eau la séparant de Salomon qu’elle doit rejoindre, elle soulève sa jupe et révèle alors des jambes très poilues. Dans la tradition judaïque du Targûm Shenî – recueil d’homélies sur le Livre d’Esther – Salomon lui fait alors remarquer que si sa beauté est celle d’une femme, sa pilosité est celle d’un homme et que c’est odieux. Blessée dans son orgueil, elle lui pose ses énigmes avant de reconnaître la supériorité du roi et repart chez elle comblée de présents.

Dans la tradition islamique, en revanche, le récit gagne de l’ampleur, et selon les versions, la question du poil aux jambes de cette grande reine des temps bibliques devient moins une anecdote qu’un enjeu d’importance. Dans une des versions, en effet, pour dégoûter Salomon de la reine par peur de leur union, les démons qui ont participé à la construction du temple prétendent que Balqîs, la reine de Saba, dissimule des pattes d’âne sous sa jupe. Le roi veut alors vérifier l’information, car les pattes d’âne l’identifieraient avec un démon – les démons étant connus pour leur pilosité excessive. La reine se révèle finalement être une femme authentique, poils de jambes en plus, ce qui, on ne va pas se mentir, fait d’elle une femme des plus ordinaires.

Voici ce que raconte à ce propos Tabari, historien persan du X ème siècle, dans son premier tome des Chroniques :

« Les Dîvs étaient jaloux de Balqîs et voulurent détourner d’elle le coeur de Salomon. Or, Balqîs était très belle et sans défaut, excepté qu’elle avait quelques poils de chèvre sur les jambes. Les Dîvs dirent à Salomon : Balqîs a beaucoup de poils sur les jambes. Salomon voulut voir les jambes pour s’en assurer lui-même. Il ordonna donc aux Dîvs de construire un château, et, devant ce château, un pavé de cristal long de cent coudées, et de verser sous le cristal de l’eau. Puis il ordonne de placer son trône au-dessus du cristal, de façon que, si quelqu’un y regardait, il pensât que ce fût de l’eau. Salomon s’y plaça, et Balqîs, pour arriver à lui, devait traverser cette place. A la manière des femmes quand elles vont dans l’eau, elle retroussa ses culottes et découvrit ses jambes. Salomon les vit et en fut surpris et satisfait. » Plus tard, il la prend pour épouse et les démons inventent pour elle un onguent dépilatoire : « Alors les Dîvs firent une composition de chaux et d’arsenic pour enlever les poils. »

Pourquoi ce récit nous surprend-il et qu’a-t-il à nous apporter aujourd’hui ?

Il est surprenant d’abord parce qu’il traite d’un sujet trivial, d’un tabou, et qu’il n’hésite pas à l’associer pourtant à une reine mythique qui a néanmoins certainement existé. Les textes anciens ont leurs racines dans des croyances et références que nous n’avons plus, mais il continue d’ériger des modèles et de nous délivrer un message. En ce sens, la reine de Saba est un modèle, une grande figure aussi féminine que mythique, ce qui est rare dans la tradition des grands monothéismes. Nécessairement, l’évocation du poil aux jambes de la reine ramène chacune des femmes à sa propre pilosité et l’importance qu’elle tient dans le rapport problématique qu’elle entretient avec l’image de la féminité.

Ces questions paraissent triviales et sans importance, et pourtant, dans notre monde contemporain, il n’est pas une femme qui ne ressente à la fois la nécessité de l’épilation et l’injustice d’une telle aliénation : selon la société, une femme ne devrait pas avoir de poils, sauf que naturellement, elle en a. On voit qu’à l’époque de la reine de Saba, c’était déjà le cas.

Mais écoutez ce que semble dire la tradition au travers de ces récits : le poil aux jambes de la reine de Saba ne l’a pas empêchée d’être une reine célèbre dont on parle encore aujourd’hui pour vanter son intelligence, et son poil aux jambes n’a pas non plus éclipsé sa beauté. Malgré ses poils, le roi Salomon s’est montré satisfait des jambes de la reine. Et non, les poils aux jambes ne nous identifient pas à des démones.

En revanche, la tradition paraît claire : si ce poil aux jambes n’est en réalité qu’un détail, il n’est quand même pas le bienvenu sur le corps de la femme, et ce depuis les temps les plus reculés. Et ça, ça n’est pas près de changer.

Pour faire le tour complet de la question de la reine de Saba dans toutes les traditions, sur son poil aux jambes ou non, cet excellent article : http://www.selefa.asso.fr/files_pdf/AcLettre_01_D2_SABA.pdf

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Dangers d’Aphrodite : erreurs et préjugés

C’est l’histoire d’une femme, une ravissante idiote qu’on a élevée dans un couvent et dont la tête a plus été farcie de littérature sentimentale que de connaissances. En même temps, à l’époque, qu’on lise des romans ou non, l’éducation des filles dans les couvents s’arrêtait à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, d’un peu de calcul, de beaucoup de religion – mais uniquement la morale, jamais la théologie ! – et de travaux domestiques.

Cette histoire, c’est celle de madame Bovary, femme éternellement insatisfaite qui se suicidera, tuant du même coup l’homme qui l’aimait vraiment et condamnant leur petite fille à être orpheline et misérable. Dans le temps de sa vie, elle n’aura été que l’objet de ceux, amants ou marchands de mode, qui avaient enclenché la machine à rêves intégrée dans son psychisme. L’abrutie ! La sombre idiote destructrice de famille et de vies !

Voilà bientôt deux cents ans qu’en France, on prévient du danger de la littérature sentimentale aux lycéens. Et heureusement ! D’ailleurs, tout le monde le sait, la littérature sentimentale est liée à l’imbécillité et l’ignorance les plus profondes. Le message était si bien passé qu’il y a encore quelques années, lorsque les éditions Harlequin étaient présents sur le Salon du Livre, leur stand était désespérément vide alors qu’il était le premier vendeur de livres de l’Hexagone. Un étrange paradoxe, non  ? Ce phénomène s’incarnait aussi chez les particuliers : il y avait la bibliothèque « officielle » que chaque personne pouvait voir dès l’entrée ou dans les pièces accessibles, et qui contenait les « indispensables classiques » – dont madame Bovary, parfois – tandis que la bibliothèque « officieuse », dans la chambre, cachait les ouvrages honteux mais réellement appréciés au nombre desquels, souvent, les fameux Harlequin.

La méfiance associée à la lecture des livres sentimentaux n’est pas liée à un réel danger, et le bovarysme qu’on a reconnu plus tard comme une réalité psychologique ne touche pas forcément celles qui ont trop rêvé d’amours idéales mais toute personne insatisfaite, ce qui en fait plutôt qu’un phénomène de société, une caractéristique de la nature humaine évoquée des millénaires auparavant par le Bouddha lui-même. Le surendettement quant à lui, n’a jamais attendu la littérature sentimentale et touche des gens qui n’en ont jamais lu.

Le problème n’est pas dans la littérature sentimentale mais dans la façon dont on éduquait les filles et dont on craignait pour leur vertu. Guy Bechtel explique :« La première moitié du XIX ème siècle, bien avant l’école réaliste puis naturaliste, de G. Flaubert et E. Zola, condamnait déjà les lectures romanesques sans ménagement. (…) En 1846, un abbé précisait le grief (…) »Jamais fille chaste n’a lu de romans ou, en les lisant, elle n’a cessé de l’être. »

C’était une vieille peur, un vieux préjugé…Hélas, Flaubert en a fait un chef-d’oeuvre et donc une vérité incontestée.

A l’inverse de ce phénomène, dans un monde misogyne depuis l’Antiquité hantée par le mythe de la virilité, la pornographie, banalisée, valorisée et dont la consommation est moins cachée que celle des Harlequin,  50 % des enfants de 11 ans ont vu un porno http://www.pornodependance.com/D%E9finitionPornoDependance.htm. Car depuis les années 60-70, où on a rejeté massivement le discours de l’Eglise pour gérer nos vies, et encore plus nos vies sexuelles, et qu’on a le sentiment d’être « libérés », des rudiments de psychanalyse associés à des sortes d’idées philosophiques mêlant liberté sexuelle et liberté d’expression nous font croire que rien de ce qui est sexuel ne peut être tabou ou dangereux, comme certains fondamentalistes du bio oublient que les rhododendrons, le laurier rose et les huiles essentielles sont aussi naturels qu’ils sont de redoutables poisons.

Pourtant, certaines médecins et psychiatres commencent à parler des conséquences néfastes du porno sur le cerveau et de son risque réel de conduire à l’addiction – plus réel que celui qui nous a fait jeter des tonnes d’aliments pour une date de péremption avancée pour nous conduire à consommer plus. Cette fascination pathologique pour les travaux d’Aphrodite, une fois installée, conduit à la masturbation compulsive, à la baisse de la libido, l’impuissance, le repli, la procrastination et la perte du sens de la réalité jusqu’à des niveaux graves.

Et pour le coup, ça, c’est prouvé ! Même si tout le monde ayant eu accès ou consommant du porno n’est pas touché, depuis l’accès à internet, une véritable épidémie de porno-dépendance affecte certains couples, familles, des constructions identitaires, la vision de l’autre sexe, la sexualité, les relations homme-femme et l’idée même d’amour. Mais ça, qui voudra le voir ?

Sur le net, néanmoins, les propos de médecins, neurologues et psychiatres sur cette question se multiplient, mais ils passent après ceux des groupes religieux qui condamnent au nom de valeurs démodées. Et pendant que le propos est décrédibilisé par ce phénomène, des familles et des vies se délitent pour quelques scènes de cul filmées, et les préjugés et idées reçues positifs qu’on y associe. Ce phénomène nous choque en politique, dans le social, mais dans nos vies privées, nous ne le voyons pas.

A quand le grand génie masculin – sinon, pas sûr qu’on l’écoute – pour parler de ce problème, réel, lui, dans un chef-d’oeuvre ?

Quand on pense que Flaubert avait créé un dictionnaire des idées reçues…

( Cette analyse est offerte par l’authentique épouse d’un porno-dépendant dont le problème à été transmis en héritage par son père. )

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Mon livre : Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre

Dans mon blog comme dans celui des autres, il y a les articles populaires, ceux rarement consultés, et mieux que tout, il y a le numéro 1.

Mon numéro 1 s’appelle « les vraies recettes de beauté de Cléopâtre » https://echodecythere.com/2014/09/03/les-vraies-recettes-de-beaute-de-cleopatre/dans lequel, sur la base de ce que j’ai lu des recettes qui nous restent du Kosmètikon, j’analyse leur contenu, leur accessibilité et surtout nos mentalités. Car comme mes lecteurs, l’idée des recettes de beauté de la célèbre reine d’Egypte m’a toujours fait rêver.

Au printemps, alors que j’explorais de nouveau ces recettes, l’une d’entre elles – un nettoyant visage et corps riche en ingrédients et qui paraissait moins étrange que les autres – m’a donné envie d’analyser sa composition. Voyant que beaucoup d’ingrédients étaient encore trouvables, j’ai eu l’idée de créer un parfum sur cette base pour au moins avoir une idée de ce que portait Cléopâtre. J’ai acheté le matériel nécessaire et j’ai commencé à faire des tests.

Je ne vais pas vous mentir : ça a été long, cher, difficile, tous les ingrédients ne sont pas disponibles et je reste avec une dizaine d’essais sur les bras. Et surtout, la recherche m’incombait. Le problème avec la recherche, c’est qu’une nouvelle découverte, parfois tardive, peut toujours réduire à néant tout ce que vous aviez réalisé et aviez cru abouti.

Sur la base de ce parfum – en tout cas de son odeur – j’ai aussi créé un gel douche.

  • Vous voulez savoir ce que sent un  parfum adapté du « détergent » de Cléopâtre ?

Ca sent une odeur orientale à laquelle vous ne comprenez pas grand-chose.

  • Vous voulez savoir si ça sent bon ?

Au bout de 6 mois de fréquentation et d’habitude, je crois que je peux dire que oui, mais ça ne correspond à rien de connu.

J’ai commencé à rédiger mon expérience, mes recettes, mes recherches, quand l’idée de tenter de refaire à l’identique le « détergent » ne m’a plus paru si impossible que ça. J’ai acheté ( encore !) les plantes nécessaires et je l’ai réalisé avec quelques restrictions néanmoins car sur les 10 ingrédients nécessaires au détergent :

  • 6 sont toujours trouvables
  • 1 existe encore mais à moins d’être géo-botaniste, impossible à trouver
  • 2 n’existent que sous des formes proches mais pas identiques
  • 1 est l’objet d’une interprétation, d’un choix ( mais que l’Antiquité elle-même permettait)

Cette dernière recette, qui ressuscite le vrai cosmétique de Cléopâtre, est ma préférée et ma plus grande satisfaction.

J’ai rajouté cette expérience et ces recettes à mon livre et je les ai proposées à un éditeur qui m’a répondu qu’il ne voulait plus développer la thématique des cosmétiques « maison ». Il a raison, même si c’est un secteur en plein développement, il y a peu de monde que cela intéresse certainement. Sauf que…c’est quand même un authentique cosmétique de Cléopâtre ! En cherchant un autre éditeur potentiel, je me suis aperçue que les éditeurs publiaient surtout des ouvrages généralistes qui ont des chances de ratisser large, et je les comprends. Avec mon propos très spécialisé, comment pourrais-je les intéresser ?

C’est pourquoi j’ai décidé de m’auto-éditer, pour que cette aventure et les recettes sur la base du « détergent » de Cléopâtre soient malgré tout diffusées auprès de ceux qui voudraient le reproduire pour eux-mêmes à titre privé ( puisque la reproduction à but commercial est interdite et les recettes, soumises à droit d’auteur, sont bien entendu protégées ). La recette de base datant de l’Antiquité, seule une adaptation artisanale comme à l’époque s’avère conforme au cosmétique de Cléopâtre fait presque exclusivement à base de plantes.

Je précise d’ailleurs que bien que ce soit le cosmétique d’une reine, les recettes sont faciles à réaliser une fois acquis les ingrédients nécessaires qui peuvent toutefois être un peu longs à obtenir parfois, sachant que pour certains d’entre eux – 2 ou 3 – vous ne les achèterez que sur internet, n’étant pas d’un emploi très courant en Occident.

Si vous ne connaissez pas mon article sur les vraies recettes de beauté de Cléopâtre vous permettant de vérifier l’authenticité de la démarche et des recettes, c’est ici : https://echodecythere.com/2014/09/03/les-vraies-recettes-de-beaute-de-cleopatre/

Si vous rêvez de vous lancer dans la réalisation des cosmétiques issus du « détergent » de Cléopâtre – qui sont malgré tout très faciles à faire même pour un débutant – ou si vous êtes simplement curieux de cette aventure et de cette recherche, voici mon e.book qui la raconte et vous donne les vraies recettes :

Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre : le e.book

ou bien, la version papier :

Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre : le livre.

Mon second blog, consacré aux cosmétiques antiques et en particulier ceux de Cléopâtre se trouve ici :Le labo de Cléopâtre

 

Je tiens enfin à remercier tous ceux qui, fréquentant ce blog, ont permis à ce rêve de se concrétiser car leur présence a toujours été un encouragement suffisant à me donner envie de continuer mes explorations sur un thème trop souvent jugé superficiel.

« Détergent » de Cléopâtre réalisé d’après la recette authentique. Bonne nouvelle, ça sent bon ! ( Je vous le propose sur ma boutique Etsy consacrée aux parfums de l’Antiquité ) )

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Mythe d’un secret de beauté ancien : la rose

On trouve au livre XII des histoires diverses d’Elien, historien romain de langue grecque des II ème et III ème siècles après J-C, l’histoire curieuse d’une certaine Aspasie, dont la destinée est marquée par la faveur d’Aphrodite tout au long de sa vie. Le début de la vie de cette Aspasie est pourtant marqué du sceau de la laideur avant que la petite fille se transforme en la plus belle de toutes grâce à un remède spécial :

« Aspasie de Phocée était la fille d’Hermotine : sa naissance coûte la vie à sa mère. (…) Dans son enfance, il lui survint sous le menton, une tumeur qui la défigurait : le père et la fille furent également affligés de cet accident. Hermotine la fit voir à un médecin, qui promit de la guérir moyennant trois statères : « Je ne les ai pas », lui dit Hermotine. »Et moi, je n’ai point de remède à vous donner. »

Aspasie, justement attristée par cette réponse, sortit en pleurant : un miroir qu’elle avait sur les genoux, et dans lequel elle ne cessait de se regarder augmentait encore son affliction. Dans cet état, elle ne put souper. Cependant, un sommeil favorable s’empara de ses sens; elle vit, en songe, s’approcher d’elle une colombe qui, prenant tout à coup la figure d’une femme, lui tint ce discours : »Prenez courage; laissez là médecins et remèdes; mettez en poudre quelques roses sèches d’une des couronnes consacrées à Aphrodite, et appliquez-les sur votre mal. »

A peine Aspasie eut entendu ce conseil, qu’elle se hâta de le suivre, et sa tumeur disparut. Ainsi, par la faveur de la plus belle des déesses, elle redevint la plus belle des filles de son âge; et dans son siècle, il n’y eut point de beauté qu’on pût comparer à la sienne : elle était formée de l’assemblages de toutes les grâces. »

Elien. Histoires diverses. Livre XII. I.

La colombe était un oiseau consacré à Aphrodite. Bien que cela paraisse étrange, c’était l’animal qui conduisait son char. L’arrivée de la colombe annonce celle de la déesse de l’Amour. Aujourd’hui, messagère de la paix ou symbole plus ambigu annonçant la grossesse de Marie, l’oiseau conserve les symboles associés à la déesse de l’Amour : la douceur, la fragilité, l’amour, et même la sexualité trouble.

La rose était une fleur consacrée à Aphrodite, mais dans l’Antiquité, elle était d’une taille bien inférieure à celle des nouvelles variétés hybrides et souvent magnifiques, qu’on dénombre par centaines, variant en couleurs et parfums presque à l’infini. Car considérée depuis toujours comme la plus belle et la plus odorante, elle a fait l’objet de toutes les exploitations, améliorations, expérimentations possibles jusqu’à ce qu’on puisse la rendre aujourd’hui éternelle, comme on le voudrait de l’Amour et de la Beauté.

Des roses, oui, mais pas n’importe lesquelles : celles offertes en couronne à Aphrodite lors de son culte. On a dit bien souvent que rien ne ressemble plus à la religion de l’Antiquité gréco-romaine que celle pratiquée par les hindous qui, elle, n’a quasiment pas changé depuis cette époque. Dans l’hindouisme, la statue n’est pas le dieu, mais le dieu vient habiter sa statue : c’est donc personnellement que la divinité reçoit les offrandes qui lui sont faites. Parmi celles-ci, des fleurs, de l’encens, des lumières et de la nourriture. Après avoir reposé le temps de la cérémonie sur l’autel où elle a été offerte, l’offrande, chargée de la bénédiction du dieu, se partage.

Dans l’histoire d’Elien, la couronne de roses, chargée du pouvoir de la déesse de l’Amour et de Beauté, peut agir sur la peau de la petite fille au moyen d’un cataplasme. Cette histoire est postérieure à  l’époque mythologique où les dieux intervenaient directement car c’est de façon indirecte et liée au culte que la déesse manifeste son pouvoir.

Des histoires ! Encore et toujours des histoires !

Mais oui ! Et de belles, en plus !

Rose de Damas, rose de mai, rose de Turquie, de Syrie, etc..Au-delà des jardins qu’elle embellit, il n’est pas de fleur plus réputée dans les soins de beauté pour sa douceur et son parfum, en externe, et même en interne ! Des sirops, confitures aux pétales, thés, lotions du Maroc, poudres ayurvédiques indiennes en passant par les masques, crèmes et les huiles essentielles, il n’est pas un cosmétique contemporain ou traditionnel qui puisse nous attirer plus que ceux qui sont faits à base de rose.

C’est comme si, sans jamais l’avoir appris, une part de nous se rappelait de la promesse faite par Aphrodite à la petite Aspasie d’en faire, grâce à sa fleur consacrée, la plus grande des beautés de son siècle…

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