Le labo au festival Fous d’histoire nov. 2019

Marché de l’Histoire, Compiègne (60)

16 – 17 novembre 2019

Vous suivez, aimez ce blog et connaissez mon artisanat, mon projet, mes recherches et ma boutique sur Etsy ? Peut-être même avez-vous déjà acheté une de mes senteurs de reconstitution ou une senteur inspirée des connaissances et des croyances des gens de
l’Antiquité.
Si vous passez par Compiègne et ses environs ou êtes tout simplement pas loin de l’Ile-de-France, le week-end du 16/17 novembre 2019, je vous attends avec une sélection de produits artisanaux, tous conçus avec ma tête et mes mains, dans une aventure qui a commencé ici-même, par mes blogs WordPress.
Je vous y proposerai encens, parfums poudreux de recettes anciennes, parfums huileux faits uniquement à la main, sans huiles essentielles, et selon les recettes et techniques données par Dioscoride et Pline. Je vous y proposerai aussi des kyphis, bien entendu, les encens emblématiques et très sacrés de l’Egypte ancienne  qui étaient spécifiquement brûlés le soir devant les divinités. Je vous proposerai aussi des coffrets thématiques – appropriés pour des cadeaux raffinés et originaux – et des senteurs d’autres traditions dont les effets bien-être vous surprendront.

 

Mais il y aura aussi les derniers nés : les pendentifs parfums primitifs, aux senteurs brutes et sans liquide à porter comme des bijoux, les poupées de soucis aux plantes amérindiennes et le khôl parfumé d’après la recette de Dioscoride qu’on retrouve ensuite chez Pline.

Ce sera également pour moi l’occasion de vous voir, pour vous d’aborder les produits dans la réalité de leur taille, leurs couleurs, matières, et plus encore leurs odeurs, et le tout par civilisation.
Globalement, la culture antique, surtout gréco-égyptienne est la plus représentée dans ma boutique, mais vous trouverez aussi quelques senteurs indiennes, judeo-chrétiennes, et l’efficacité surprenante et les parfums de quelques plantes ancestrales vikings et amérindiennes.
Alors, je vous attends ici, avec beaucoup de plaisir, le week-end du 16 au 17 novembre 2019 :
LE TIGRE
2 RUE JEAN MERMOZ
MARGNY-LÈS-COMPIÈGNE
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Cet article et photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.
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Quelle déesse êtes-vous ?

Non, ce n’est pas un titre destiné à flatter votre ego ou un énième test de la presse féminine.

L’importance des mythes dans la structure de notre personnalité comme construction à la fois individuelle et inconsciemment collective a été soulignée par les psychanalystes – au premier rang desquels Freud – et les philosophes, qui ont puisé des ressources pour révéler certains complexes, archétypes ou problèmes psychologiques – complexe d’Oedipe, d’Electre, syndrome de Cassandre, etc..-

Des problèmes de construction identitaire qui paraissent universels, tant on peut les généraliser, et qui pourtant s’avèrent en réalité civilisationnels. Si bien qu’au Japon, le complexe d’Oedipe n’existe pas et essayer de le traiter est inutile, mais qu’on y trouvera le complexe d’Amaterasu, leur déesse du soleil. Et pour cause..

Dans le Sciences et Avenir consacré il y a quelques années aux mythes, on apprenait que l’informatique, mise au service de l’anthropologie, avait révélé une trame commune à beaucoup d’entre eux, à partir d’un récit initial plus ancien que l’invention de l’écriture. De ce récit initial, des variantes découlaient au fil des grandes migrations humaines. Nos mythes sont ainsi notre mémoire collective en même temps que notre socle identitaire à  la fois commun et variant.

Une donnée que nous voulons oublier et dépasser dans une société moderne qui ne croit plus aux mythes. Pourtant, nous gardons la même structure que nous n’avons pas réussi à dépasser même en passant par le monothéisme. Logique quand on sait qu’en tant que récit, il est uniquement dévolu à une seule cause : la révélation et reconnaissance du Dieu unique par les prophètes, saints, et figures ancestrales.

Pourtant, comme l’Inde traditionnelle considère la période de vie sociale d’un homme en fonction des doshas ( terre – apprentissage – Feu – vie active – air – détachement et vie spirituelle ), l’Europe occidentale a pu avoir sa période de vie sociale féminine dominée par ses déesses emblématiques qui en sont les archétypes.

  • Artémis, l’enfance indomptable

Quand les jeunes filles grecques allaient se marier, elles sacrifiaient d’abord leurs jouets à Artémis en signe de renoncement à leur enfance, leur nature sauvage et leur virginité. Artémis n’était en effet pas qu’une déesse chasseresse : elle avait surtout fait le voeu de rester vierge, de vivre à l’écart, dans la forêt, entourée de jeunes filles comme elle. Artémis, c’est une sauvage, une fille indisciplinée qui a refusé le joug de la société et les lois sociales qui lui imposent de prendre sa place. Elle va rester éternellement et volontairement une jeune fille refusant de quitter son aire de jeux.

Mais si la jeune chasseresse reste indocile par nature divine, ses compagnes ne sont pas aussi bien protégées, notamment contre l’Amour et le désir des hommes qui représentent le plus grand danger et ce qui provoque le plus la colère de la soeur d’Apollon. Artémis, c’est donc la petite fille ou la jeune fille, non encore opprimée par les obligations sexuelles et sociales, celle qui, dans la cour de l’école ne fréquente pas les garçons, car de toute façon, elle ne les aime pas., et qui, lorsqu’elle rentre de l’école fait le récit, agacée, de toutes les bêtises dont ils sont capables.

  • Aphrodite, l’âge de la sexualité

Aphrodite était autant la déesse de  l’Amour, du désir, de la séduction, de la sexualité que de la prostitution. A partir du moment où on entre dans le domaine de la séduction et de l’attirance sexuelle, on est sous la domination d’Aphrodite. Dans le cadre normé de la vie d’une fille de citoyen, la sexualité féminine n’était concevable que dans le cadre du mariage. C’est pourquoi la déesse de l’Amour est également associée à ce rite de passage fondamental dans la vie d’une femme de bonne famille. Mais pour ses aspects amoureux et sexuels uniquement : « les travaux d’Aphrodite » comme disait Hésiode.

Sappho, bien connue pour ses poèmes d’amour lesbiens, était éducatrice pour jeunes filles de l’aristocratie, qu’elle préparait au mariage. Cette institution était sous le patronage d’Aphrodite, également déesse de prédilection de Sappho qui n’a malgré tout laissé aucun écrit sur la nature de l’enseignement qui s’y déroulait, mais qui était destiné à préparer les jeunes filles à leur future vie d’épouse. Aphrodite, c’est la femme dans tout son pouvoir de séduction.

  • Héra, la matrone dans un monde inégal

On a souvent moqué Héra pour sa jalousie. Elle est l’archétype de la femme mariée, mère de famille, qu’on dira respectée, qu’on envie pour sa situation élevée dans la société, mais qui va malgré tout souffrir des infidélités de son mari qui la ridiculisent et mettent l’accent sur sa perte de séduction. Une caricature, Héra ? Malheureusement, presque une obligation dans un monde de rivalité sexuelle et sociale où, même quand la femme est puissante, voire, la mère des dieux, elle ne peut, contrairement à son mari, jouir de la liberté de son corps, de ses activités, de sa libre circulation.

Finalement, ce qui lui est reconnu, c’est le droit d’être jalouse et mécontente. Et de fait, Zeus le lui reconnaît comme un droit.  Il ne frappe pas sa femme, ne la brutalise pas, lui reconnaît son rôle et tente de lui cacher ses amantes sans jamais tenter de la détrôner au profit de l’une d’entre elles. Coincée dans une vie qu’elle sait être aisée et opulente, le statut le plus élevé parmi celui des femmes, Héra est la femme qui a réussi dans le cadre normé de la société patriarcale, mais malheureuse des inégalités qu’elle doit subir pour y avoir droit.

Finalement, il n’existe d’archétype, de déesse ou femme mythique que dans le cadre d’une société qui les a fait apparaître par ses règles. Une fille trop jeune pour subir les lois sociales, qui découvre son pouvoir de séduction et la sexualité avant de subir des devoirs plus que des droits, voici l’histoire des femmes occidentales dans la norme.

Bien sûr, d’autres figures apparaîtront, que nous connaissons toujours : Athéna, l’intellectuelle ou femme de pouvoir qui ne veut pas se marier, seul moyen, selon elle, de pouvoir réaliser ses ambitions, Cérès, qui, mère célibataire, vit plus durement que si elle avait été entourée ou avait eu plus d’enfants, la disparition de sa fille unique, etc.

Dernier article du Labo : Le cérat

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Danse et séduction

Un article a déjà été consacré à la danse sur Echodecythere, quand j’ai évoqué les particularités du sambar et du lembeul, des danses africaines de séduction mettant en avant les fesses, dans un monde polygame hyper-concurrentiel dans lequel les hommes aiment les formes.

Pourtant, sans parvenir à ces extrêmes d’érotisme et de suggestion, on constate qu’il y a malgré tout souvent un lien entre danse et séduction, et ce de façon universelle. Il faut dire qu’il y a une certaine similitude entre la danse – mouvements du corps pour exprimer le rythme, la musique, en dehors de toute autre finalité – et la poésie ou le chant, où les paroles ne sont créées que dans le but de transmettre une émotion en échappant à ses fonctions de communication habituelle.

Dans un monde où l’Homme utilise depuis toujours le langage, le mouvement et les sons dans le contexte de la nécessité – communication, échange d’informations, action sur le réel, lutte pour sa survie – chant et danse sont apparus dans les premiers temps comme des grâces spéciales, des instants hors du temps qui reliaient les Hommes au divin, les instruments de la nécessité ayant été transcendés pour faire du Beau, de l’unique, du magique.

Musique, danse et chant ont d’ailleurs été d’abord consacrés aux dieux ou au lien avec l’Invisible, comme ils continuent de l’être dans les sociétés traditionnelles. Chants, musiques et danses des pow wow, des transes gnawa pour se purifier des djinns, Bharata Natyam indien – qui rejoue les mythes, la geste des dieux et leurs amours à travers la danse sacrée – danses guerrières africaines ou arabes, transes soufies, tous témoignent de pratiques hors du temps au moyen de médias communs – la voix et le corps – qu’on a purifiés de leur usage rituel pour leur faire toucher les cieux.

Le mot chant lui-même conserve dans son étymologie, le souvenir de la magie à laquelle il est lié à l’origine puisqu’il dérive du mot « carmina » – le charme dans le sens de sort, d’ensorcellement.

Par la même logique, la danse offre ce moment intemporel où le corps, libéré des contraintes ordinaires, épouse la musique pour trouver sa propre expression offerte au regard de l’autre. Dans tous les arts, bien sûr, il y a une dimension d’échange avec l’autre. L’art est fait pour être vu, entendu, il est une offrande au monde. Mais pour celui qui danse sans contrainte, c’est d’abord l’expression d’une liberté incontrôlable, comme dans l’épidémie dansante de Strasbourg en 1518.

La danse, révélatrice d’un potentiel de grâce, de corps libéré de ses contingences sociales pour épouser le rythme de la musique et trouver celui de son propre abandon, a forcément quelque chose de  dangereusement sensuel, particulièrement dans les sociétés où on veut contrôler les corps. Cette liberté instinctive, ce naturel dans le fait de d’épouser le rythme de la musique se retrouve rarement dans une existence humaine, sauf dans la relation sexuelle, où le corps doit caler son rythme sur celui de l’autre, sur son propre désir, mais ni sur son travail ni sur ses devoirs ordinaires.

Dès lors, comment s’étonner de ces passions nées pour des danseuses, nombreuses dans l’histoire et la littérature, de ces interdictions dans le monde musulman de la danse orientale en public pour une femme à moins d’être étrangère, de la réduction de la danse indienne à de la prostitution par les Anglais qui les colonisaient, etc ?…Que dire de ces scènes d’amour, de coups de foudre qui commencent par un bal, comme dans la Princesse de Clèves, Roméo et Juliette, le Tombeau hindou, West Side Story et jusque dans leurs parodies malheureuses comme Madame Bovary qui se termine sur un banal adultère, l’endettement et le suicide…Louis XIV lui-même exerçait ses talents de danseur pour séduire et captiver une cour de nobles à laquelle il voulait retirer le pouvoir de décider et d’agir.

Dans la Bagavadh Gita, Krishna prévient : »De la contemplation de l’objet des sens naît l’attachement. » Un phénomène bien plus trouble quand cet objet des sens est le corps d’un autre, de cet autre qui révèle, en même temps que sa liberté de mouvements désaliénés du quotidien, du banal, de l’insignifiance, la beauté de son rythme, son rapport à son propre corps, et une idée de ce qu’il promet, tout d’un coup dévoilés.

Faire tomber un homme amoureux en dansant ? La marque du destin pour Nandini, déjà amoureuse de Sameer, un élève de son père, dans le film indien Hum Dil De Chuke Sanam..

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Le Labo de Cléopâtre dans Futura

Consultée par la journaliste Céline Deluzarche sur la recréation du « parfum de Cléopâtre » par deux archéologues, vous retrouverez dans cet article de Futura, mon intervention et ce que je pense dudit parfum. Un sujet que je connais bien puisque j’y travaille depuis déjà plusieurs années.  L’article, vous le trouverez ici :

Diapasmas Cléo

Ce qu’est réellement le parfum de Cléopâtre, les lecteurs de ce blog le savent s’ils le fréquentent depuis longtemps, il s’agit du Détergent, dont la recette, si elle ne peut être reproduite à 100 %, a malgré tout le mérite d’exister, d’avoir ses raisons d’être historiques d’une grande précision. J’en ai parlé il y a déjà plusieurs années ici, entre autres lieux, sur la base de recherches précises sur textes anciens, puisque je suis formée à la recherche en lettres : Du détergent au parfum de Cléopâtre

D’autre part, faisant de l’archéologie expérimentale autour des parfums anciens et ayant d’ailleurs commencé par celui de Cléopâtre, je propose cette fragrance reconstituée au mieux de ce qui est possible – c’est-à-dire pas complètement, mais de façon satisfaisante malgré tout – sur ma boutique Etsy, dérivée en plusieurs produits :

Retrouvez d’autres articles de recherche et d’artisanat autour des parfums de l’Antiquité sur le blog, la boutique du Labo ainsi que sur la Page Facebook, et autres manifestations.

Les senteurs anciennes, c’est beaucoup de Recherche sur textes, de passion, de travail, d’expérimentations, de spéculations et de mains sales. Et de matières premières naturelles qu’on n’aime plus beaucoup toucher…

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Parfum de Cléopâtre

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Beauté : intentions, représentations, interprétations

La beauté est un enjeu de taille dans notre société car elle décide en premier lieu de qui mérite au premier coup d’oeil qu’on s’intéresse à sa personne entière, comme pour entrer en boîte de nuit on décide au visuel de votre entrée ou non dans l’établissement. Ce Graal donnant accès à une foule de possibilités amoureuses, professionnelles et sociales, il est non seulement un moteur de l’économie, mais aussi un booster de vie ou un destructeur. Sa force en fait donc à la fois une chose autant convoitée que redoutée, suscitant désirs, jalousie et haine, le pire et le meilleur des sentiments, en tout cas les plus puissants.

Les contes de fée ne s’y sont pas trompés, qui ont mis au coeur de leurs histoires des personnages féminins pour qui la beauté joue un rôle central. Blanche-Neige, que sa marâtre déteste et qui veut sa mort car elle est devenue plus belle qu’elle, Peau d’Ane, qui doit échapper à la concupiscence de son père qui a promis à sa femme mourante de ne se remarier qu’avec une femme plus qu’elle ne l’était et qui ne trouva que sa fille pour répondre à ce critère.

Cette nécessité de la beauté est à la fois intemporel et universel. Tous les contes et mythes du monde entier évoquent forcément une héroïne dont la principale qualité est une beauté qui se voit d’emblée ou qui se révèle après transformation, à la fin des épreuves. Une beauté de laquelle on prend soin malgré tout de ne rien nous dire. Tant mieux, d’ailleurs, car on aurait du mal à la reconnaître tant elle est toujours culturellement marquée, et de ce fait très relative, comme nous le montrent les coutumes et traditions esthétiques des différentes civilisations qui peuvent nous choquer quand on ne les comprend pas, autant qu’on peut les considérer quand on a appris à leur donner du prix.

Mais si tout le monde s’accorde sur l’importance et la nécessité de la beauté chez la femme, encore n’est-elle pas perçue de la même façon selon les rapports qu’on peut entretenir avec elle. Car le corps de la femme et sa sexualité restent des sujets problématiques dans nos sociétés, comme elles le sont depuis déjà des millénaires, depuis la crainte des abus sexuels, du déshonneur familial, du malheur personnel, et plus encore, de la descendance illégitime, en passant par la construction progressive d’une culture misogyne qui semble trouver ses arguments d’autorité dans la religion.

Une femme doit être belle et en même temps, on doit pouvoir savoir pourquoi et pour qui. Une femme doit se faire belle pour une soirée, pour un mariage, un événement, pour aller au travail, et encore plus pour séduire. Dans son milieu familial, dans un environnement où elle est connue et scrutée, il n’est pas rare qu’elle subisse des pressions psychologiques dès lors qu’un soin inattendu ou une élégance marquée ne risque de la faire remarquer plus que de coutume.

En regardant la video d’un rabbin, j’y ai appris que la beauté de la femme était dans ses cheveux, et c’est pourquoi elle refusait de les couper. Car couper ses cheveux, c’était retirer sa beauté. C’est pourquoi elle doit les cacher afin que cette beauté n’appartienne qu’à son mari. Et il en est ainsi pour toutes les religions où le corps des femmes est assez contrôlé pour qu’on veuille le cacher et en réserver l’exclusivité jusque dans sa façon d’apparaître.

Mais il n’est pas besoin de ce cas extrême. Comme dans l’oeil du jaloux, du soupçonneux, de l’âme inquiète toujours blessée, chaque soin que la femme sur laquelle il se croit des droits prend pour elle est un soin qu’elle prend dans une intention contre lui, pour le trahir, l’abandonner, ou le ridiculiser, toutes craintes qu’il porte en lui depuis très longtemps et qu’il plaque sur chaque femme qu’il aime. Elle se maquille ? C’est pour attirer l’attention. Elle choisit de beaux vêtements qui la mettent en valeur ? C’est pour plaire, forcément. Elle s’est payé une nouvelle coupe de cheveux ? Elle est amoureuse de quelqu’un d’autre, c’est sûr.

Rien que sous mes fenêtres, il y a encore quelques jours, deux voix : un garçon, une fille. Il est un peu plus de deux heures du matin et le garçon énervé crie : « Tu as vu comme tu es habillée ? Non mais tu as vu comment tu es habillée ? Si c’est comme ça, va avec quelqu’un d’autre. »A ce moment-là, c’est la canicule : tout le monde « s’habille comme ça », à peu de choses près. Mais bon, là, c’est le corps de la fille avec qui il sort, donc ce n’est pas pareil. Les autres hommes que lui vont la désirer. Il le sait bien d’ailleurs, puisqu’il doit certainement désirer les autres filles, celles qui sont habillées comme ça aussi.

Quant à savoir s’il accepte qu’elles soient habillées comme ça parce qu’elles ont chaud et que c’est leur droit ou parce qu’elles veulent allumer les hommes, c’est ce qui est difficile à savoir. Ce qui est certain, en revanche, c’est que si elle tient à ce garçon, sa liberté de s’habiller reculera dans la suite de leur relation.

Cette peur projetée sur l’autre n’est pas propre au regard affolé que l’homme porte sur la femme, tout regard inquiet et à l’estime de soi défaillante avec une tendance à l’insécurité peut en être porteur. Mais lorsque des préjugés, l’ignorance, la peur et les croyances s’acharnent sur un même sexe depuis des millénaires dans les cultures de la majorité des civilisations, il est beaucoup plus dur pour celui-ci d’y échapper et il en est,  de fait beaucoup plus massivement et impunément la cible.

Et pourtant…Une femme qui manque de coquetterie, on va dire qu’elle se laisse aller, qu’elle se néglige, alors qu’on va l’estimer radieuse sans forcément la désirer si elle prend soin d’elle. Si elle souffre de déprime ou de dépression, ce sera même l’indice grâce auquel son psy et son entourage reconnaîtront qu’elle va mieux, et que la période sombre est derrière elle. C’est pour éveiller les sentiments de plaisir et d’estime de soi qu’on propose depuis quelques temps déjà des séances de mise en beauté dans les hôpitaux pour les femmes atteintes de cancer, afin d’améliorer leur humeur par leur amour d’elle-même, et par là-même leur potentiel de guérison. On les maquille, et le visage triste s’illumine soudain de se reconnaître ou de se trouver belle.

La beauté est donc toujours dans l’oeil de celui qui la regarde, et son sens est bien différent selon qu’on la désire, qu’on en désespère ou qu’on la redoute.

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Qu’est-ce que la féminité ?

Une question bien essentielle dans le rapport de toutes celles qui sont nées femmes, – comme ceux qui pensent l’être malgré le choix de la nature – ou cherchent à définir ce qu’ils reconnaissent comme telles pour les aimer, les désirer ou tout autre sentiment dont ils sont porteurs à leur égard. En somme, dans un monde, une société sexuée, c’est une question qui va traverser chacun d’entre nous.

La féminité existe-t-elle, déjà ?

C’est un critère abstrait, à la construction muette et inconsciente, qui se devine au travers des affirmations qui ciblent son absence : « Elle, c’est un bonhomme ! », « Mais toi, je ne te considère pas comme une femme ! » ou même : « C’est un garçon manqué. »Pour autant, ceux qui jugent ainsi, et donc les paroles vont plus vite que la réflexion, sont-ils capables d’en donner une définition claire ? C’est loin d’être assuré !

D’après Georges Vigarello, la nécessité de définir la féminité et d’en accentuer l’altérité semble apparaître avec plus de dureté à la Renaissance, sous l’impulsion des religions. Globalement, c’est ce qui ressort d’ailleurs : la nécessité de bien séparer ce qui relève du masculin et du féminin est poussé jusqu’à l’absurde dans les sociétés humaines où on a besoin de contrôle. Dans la nature, le masculin et le féminin ne se vivent pas en dehors de la nécessité de la reproduction.

Dans la civilisation, la définition des sexes passe par l’oeil collectif qui décide plus ou moins volontairement d’une fourchette normative dépendante du niveau d’éducation moyen et de l’avancée des mentalités dans la population. Ce sont eux qui fixent un spectre plus ou moins élargi de tolérance à ce qui a tendance à vouloir sortir du cadre. Car à l’échelle individuelle comme à l’échelle collective, la féminité, c’est ce qu’on connaît, accepte et qu’on a intégré comme le féminin dans le cadre d’une société précise, et ce qu’on soit homme ou femme. Bien sûr, cette interrogation sera plus poussée chez la femme puisqu’elle devra vivre avec les enjeux que cela veut dire, affrontant ou exploitant la définition normée pour trouver sa place dans le monde, décidant soit de se conformer, de ne pas choisir, ou de lutter pour imposer un autre modèle dont elle se sent porteuse.

La féminité apparaît donc plutôt comme du féminin perçu en société dont une définition objective ne peut d’emblée exister – malgré l’expression réductrice »l’éternel féminin » – car elle est strictement subjective et soumise à la relativité. En ce sens, aucune définition tyrannique, décidant de ce qu’est, ce que doit être une femme ne doit jamais être prise pour une vérité. Et le mot féminité ne devrait ce concevoir qu’avec un déterminant possessif : »ma féminité », « sa féminité », « leur féminité ».

Une féminité personnelle, donc, qui se construit d’abord sans mots, sans définition, juste en réaction à l’image que nous en renvoient les premières femmes de notre environnement : les femmes de la famille, les voisines, toutes celles que l’on voit passer dans son cercle. Ce qui fait que l’on reconnaît comme un archétype comme représentant la féminité est de construction tellement ancienne et inconsciente qu’il est rare de pouvoir en retrouver l’origine. Logiquement, néanmoins, la figure maternelle est celle à laquelle on est le plus exposé dans la durée pour pouvoir la projeter en positif ou négatif dans une future construction sexuée de soi ou de l’image de l’autre.

Plus tard, la place des icônes joue également chez les jeunes femmes un rôle non négligeable dans l’invention de l’image physique de leur féminité. C’est ce qui va transformer une petite fille ordinaire en pin up, gothique, lolita, sosie de chanteuse de R’n’b jeune fille sage et bien coiffée ou n’importe quel autre modèle possible aperçu en société. Une phase exploratoire essentielle qui peut s’avérer très créative et décider parfois d’une image de soi pour la vie entière, comme on peut le voir au travers de vieilles dames qui continuent de s’habiller, se maquiller et s’épiler comme à l’époque de leur jeunesse, où se construisait leur image d’elle-même.

Mais en réalité, la construction de notre image de la féminité est tellement inconsciente – quand on n’est pas soumis à des lois religieuses qui les édicte, mettant l’accent à chaque instant la notion de différence – qu’on les perçoit surtout dans la confrontation avec la conception de la féminité des autres : port du voile, de la perruque des femmes religieuses juives et musulmanes, la jupe obligatoire dans ces communautés, le rapport à l’image du corps et ce qu’on peut en montrer quand on est une femme, la nature des occupations dites féminines et de ce qui paraît relever du masculin ou du féminin dans les croyances, préjugés, un imaginaire collectif ou un groupe social donné. D’autres éléments évidemment : la taille des cheveux, la coiffure, le maquillage, les vêtements, les bijoux, les attitudes générales, etc.. Une image qu’on peut aussi étendre aux autres cultures, avec l’hyper sexualisation slave, les cheveux extrêmement longs et les bijoux des Indiennes, etc. et qui nous confrontent à celle que nous renvoyons.

Car au final, c’est ça : le simple fait d’être une femme ou d’accepter l’autre comme une femme, cela seul contribue à notre image de la féminité. Plus nous en avons une vision élargie et plus celle-ci sera riche et éclatée en multiples facettes. A l’inverse, plus nous en avons une image étriquée et plus celle-ci sera pauvre et cloisonnée dans un espace restreint qui contribue à cibler les différences et faire perdurer des inégalités qui rassurent certains mais qui oppriment les autres.

La féminité, c’est toujours et jamais plus que ce que vous en faites, ce que nous en faisons.

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Comment sentir un parfum antique ?

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Reflet de Cythère (12)

Reflet de Cythère, c’est un texte, une poésie, un fragment qui permet de nous rapprocher de l’image que les Anciens se faisaient de leur déesse de l’Amour. J’écris les Anciens, mais en 5 ans de ce blog, j’ai aussi mis des modernes, des païens contemporains, tant il est vrai que les figures divines ne meurent pas.

Aujourd’hui, cité par Stobée dans son Florilège, c’est le grand Sophocle, auteur, au V ème siècle avant notre ère, des plus belles tragédies de l’Antiquité – dont Oedipe et Antigone, son incorruptible fille, qui va nous chanter la belle et terrible déesse de l’Amour. Un rôle qu’elle tient bien souvent chez les poètes et les philosophes, l’Amour étant vu comme une nécessité douloureuse apportant bien plus de malheur et de destruction que le bonheur qu’on vient y chercher.

Sophocle lui-même, au-delà des pièces à la perfection formelle que les Alexandrins ont bien voulu nous laisser intacts, fut un homme qui s’y brûla les ailes et dont la personnalité sensuelle s’est plutôt révélée dans les fragments conservés par d’autres auteurs.

Dans la Couronne et la Lyre, Marguerite Yourcenar précise même : « Vieillard, il se félicita d’être débarrassé du désir comme d’un tyran sauvage. » Une expression qui paraît n’avoir été que figures rhétoriques puisqu’il s’éprit dans cet âge de deux courtisanes, prouvant bien quà la fin, c’est toujours « Cypris » qui règne.

PUISSANCE DE L’AMOUR

« ..L’Amour, ô doux enfants, n’est pas rien que l’Amour.

On l’adore partout sous mille noms divers.

Il est la Mort, il est la Force impérissable.

Et la démence et le désir inguérissable.

Il est la Plainte. Il est activité et calme, 

Et violence..Et en tout lieu, dans l’univers, 

L’âme vivante et respirante le reçoit

Et se soumet, aussi bien le poisson qui erre

Dans l’océan, que le quadrupède sur terre; 

Pour les oiseaux et pour la bête carnassière, 

Pour l’homme, pour les dieux immortels, il est Loi.

Quel lutteur devant lui  n’a mordu la poussière, 

Fût-il divin ? S’il est permis, comme il se doit, 

De dire ce qu’il est, il dompte Zeus lui-même, 

Sans se servir du glaive. A chaque stratagème

De l’homme, à chaque plan des dieux, il fait échec, 

Et Cypris règne seule… »

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Parfums antiques du Labo

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L’image athénienne d’Aphrodite

À Athènes, évidemment, impossible d’échapper à Aphrodite puisque c’est une figure à la fois historique, culturelle, mythologique locale. Partout ailleurs qu’en Grèce, où elle n’a pas fait l’objet d’un culte religieux et donc d’un récit mythologique riche et varié, nous en conservons plus une image sublimée, une forme d’idéal universel dans lequel elle rejoint un archétype.

Qu’on regarde d’ailleurs l’empressement fiévreux autour de la Vénus de Milo et on comprendra immédiatement. La même folie a existé et existe encore à travers la Vénus d’Arles. Finalement, certaines images d’Aphrodite adhèrent parfaitement avec l’idéal, et c’est là que la vénération et le sublime se produisent. Dans les salles du Louvre, sa mise en évidence traduit cette attente.

Au musée archéologique d’Athènes, quand j’y suis allée, certaines statues d’Aphrodite avaient été mises en scène de façon sublime pour l’exposition sur le Beau qui s’y déroulait. On les reconnaît sur les photos à leur habit de lumière et d’ombre.

Pourtant, lors de cette exposition, la figure d’Aphrodite s’incarnait aussi dans la petite déesse au cou potelé portant sur ses genoux un miroir, et une autre, avec des restes de polychromie, en compagnie d’Eros, son fils, lui donnant un statut maternel.

Ailleurs, on la rencontre ailleurs sous les traits d’une toute jeune fille naissant d’un coquillage, une sublime jeune femme essayant de cacher sa nudité mais aussi tentant de repousser les assauts de Pan un peu trop insistant.

Une figure banale de la vie d’une femme, n’est-ce pas ?

En cela beaucoup plus, elle rejoint son rôle d’archétype dans le fait d’assumer tous les rôles de la vie de femme, même les plus ordinaires, à la limite du vulgaire.

Car pour les Grecs de l’Antiquité, il existait deux Aphrodite : une céleste et une vulgaire. Celle-là, vous ne la voyez pas trop dans les musées internationaux. En revanche, vous la rencontrez plus facilement à Athènes : elle porte un pot à eau dans la main ou pire, elle a la main posée sur une hanche légèrement déboîtée pour la mettre en valeur d’une façon qui nous rappelle d’autres icônes appelées Carmen, Arletty, Amy Winehouse..

Oui, des images fort loin des belles Vénus de Milo et d’Arles, je vous l’accorde.

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Le Labo au Marché de l’Histoire de Compiègne 2019

Marché de l’Histoire, Compiègne (60)

13 avril – 14 avril

 

Vous suivez, aimez ce blog et connaissez mon artisanat, mon projet, mes recherches et ma boutique sur Etsy ? Peut-être même avez-vous déjà acheté une de mes senteurs de reconstitution ou une senteur inspirée des connaissances et des croyances des gens de
l’Antiquité.
Si vous passez par Compiègne et ses environs ou êtes tout simplement pas loin de l’Ile-de-France, le week-end du 13 et 14 avril 2019, je vous attends avec une sélection de produits artisanaux, tous conçus avec ma tête et mes mains, dans une aventure qui a commencé ici-même, par mes blogs WordPress.
Je vous y proposerai encens, parfums poudreux de recettes anciennes, parfums huileux faits uniquement à la main, sans huiles essentielles, et selon les recettes et techniques données par Dioscoride et Pline. Je vous y proposerai aussi des kyphis, bien entendu, les encens emblématiques et très sacrés de l’Egypte ancienne  qui étaient spécifiquement brûlés le soir devant les divinités.
i vous passez par Compiègne et ses environs ou êtes tout simplement pas loin de l’Ile-de-France, le week-end du 13 et 14 avril 2019, je vous attends avec une sélection de produits artisanaux, tous conçus avec ma tête et mes mains, dans une aventure qui a commencé ici-même, par mes blogs WordPress.
Je vous y proposerai encens, parfums poudreux de recettes anciennes, parfums huileux faits uniquement à la main, sans huiles essentielles, et selon les recettes et techniques données par Dioscoride et Pline. Je vous y proposerai aussi des kyphis, bien entendu, les encens emblématiques et très sacrés de l’Egypte ancienne  qui étaient spécifiquement brûlés le soir devant les divinités.

 

Mais il y aura aussi les derniers nés : les fumigations actives de ma composition mais d’origine traditionnelle, qui ont plus un impact sur votre bien-être, et les encens auto-combustibles 100 % naturels, sans charbon, sans huiles essentielles et salpêtre, uniquement de ma composition, mais là aussi, tous conçus par civilisation.

 

Ce sera également pour moi l’occasion de vous voir, pour vous d’aborder les produits dans la réalité de leur taille, leurs couleurs, matières, et plus encore leurs odeurs, et le tout par civilisation.
Globalement, la culture antique, surtout gréco-égyptienne est la plus représentée dans ma boutique, mais vous trouverez aussi quelques senteurs indiennes, judeo-chrétiennes, et l’efficacité surprenante et les parfums de quelques plantes ancestrales vikings et amérindiennes.
Alors, je vous attends ici, avec beaucoup de plaisir, le week-end du 13 au 14 avril 2019 :
LE TIGRE
2 RUE JEAN MERMOZ
MARGNY-LÈS-COMPIÈGNE
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Exposition Eloge de la Beauté

Dans l’article précédent, vous avez découvert le parfum antique reconstitué que j’étais allée découvrir au musée archéologique d’Athènes. Ce parfum était présenté dans le cadre d’une exposition thématique sur la beauté qui comprenait beaucoup d’objets, mais aussi beaucoup de gens devant les vitrines.

De par mon activité, bien évidemment, j’ai plus été portée à photographier les pixies – boîtes à cosmétiques – et autres flacons de parfum remarquables rencontrés lors de l’exposition, et ce d’autant plus volontiers que je n’attendais qu’une chose : sentir le liquide rose dans le ballon – raison pour laquelle j’étais venue. Cadrer correctement une photo quand il y a beaucoup de gens autour de vous qui s’agite et s’excite, c’est vraiment difficile.

Car la beauté reste un thème universel et teinté de soufre. Dans la salle d’exposition, il y a plus de monde que dans les autres pièces du musée. Alors, oui, on a choisi des pièces d’exception, et par rapport aux flacons existant déjà et étant proposés à l’étage, ici, sont présentés préférablement ceux avec des matériaux remarquables ou des scènes de toilette et d’esthétique – comme des sortes de mises en abîmes, de petits miroirs sur le passé – tel ce petit miroir ouvert sur les genoux de cette minuscule et remarquable Aphrodite.

Aphrodite, c’est elle qu’on est venu voir, et c’est surtout elle qu’on trouve représentée, en petit ou en grand, sur les abalastres, les statues, elle qui domine l’exposition et les commentaires du guide grec, qui, en anglais, raconte que la beauté est ce que tout le monde désire, recherche, et que les femmes cherchent toutes à séduire et c’est normal, etc..Mais bien sûr, il y a des Françaises dans cette expositions qui commentent dans leur langue : »C’est un peu caricatural… »Moi aussi, je suis Française. Mais j’ai créé ce blog et même si j’aimerais qu’elle ait raison…

Ce guide, lui, il est Grec. Comment ça se passe, d’ailleurs, la beauté, en Grèce ?

Les femmes y conservent quelque chose d’ultra-féminin dans la manière d’être sages. Les cheveux y sont toujours longs et détachés, les coupes de cheveux et les coiffures jamais folles, artifices laissés plutôt aux hommes. Globalement, le maquillage y est discret et les bijoux plutôt absents, hormis souvent un piercing de nez pour les plus jeunes, préférablement un anneau. Le sourcil, lui, est bien travaillé – mais c’est devenu une constante un peu partout depuis ces dernières années, sans doute venue des pays arabes.

Parallèlement, on rencontre un autre type de jeunes femmes plus sexuellement agressives, courant dans les Balkans et les pays slaves, chez qui décoloration, maquillage et sur-valorisation annoncent la couleur. A la limite, même, dans cette sur-fémininisation, il y a quelque chose d’un peu viril, du point de vue grec ancien : le côté actif de la féminité. Une féminité sur-jouée, sur-travailée dans un but précis, a forcément quelque chose de prospectif, d’agressif, propre à ce que le Méditérranéen attribue à la virilité.

Alors, ce guide, un peu caricatural ?

Des femmes qui peuvent se permettre un laisser-aller androgyne à la limite physique de la masculinité et qu’on pourrait qualifier d’absence de recherche minimale de beauté, je n’en ai pas rencontré, même pas chez les femmes âgées. Je pense donc que cet homme sait de quoi il parle et que d’une culture à l’autre, nous pouvons prendre certaines choses pour superficielles. Mais si elles n’étaient pas si structurelles, elles ne modèleraient certainement pas silencieusement mais si complètement une société.

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Flacons du musée archéologique d’Athènes

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