Le sens de l’élégance

 

 

L’élégance est une notion assez indéfinissable et subtile. Cela consiste, globalement, à s’habiller, se présenter, se représenter avec goût et recherche. Mais le goût, notion culturelle et donc très relative, ne se définit pas de façon universelle. L’élégance se juge par comparaison avec un ensemble de personnes qui, pour leur mise, commune, vont mettre en évidence celle qui s’habille de façon plus recherchée.

L’élégance n’induit pas un prix ou une marque obligatoire, un vêtement très cher peut très bien ne pas nous aller et être d’une grande vulgarité parce que la mode le veut, le créateur a voulu faire de la provocation, a manqué d’inspiration ou a voulu délivrer un message. Dans le choix du vêtement se partagent en effet deux visions qui se rencontrent sur le corps de la personne qui l’adopte : le choix du concepteur pour la création de sa pièce, ses couleurs, ses formes, agencements, et l’adhésion de celle qui la porte. On choisit un vêtement pour de nombreux critères et de nombreuses raisons, : prix, confort, valeurs de la classe sociale, goûts personnels, etc. Quand, malgré tout, c’est l’impression de beauté et d’admiration qui prévalent, on atteint l’élégance.

Cette élégance est un signe, de l’ordre du manifesté. On sait qu’elle est là, on la reconnaît, mais son sens est multiple. Pour autant, il y en a toujours un car se distinguer a toujours une raison, même si celle-ci ne paraît pas toujours très claire.

Se distinguer, par des vêtements, des bijoux, des accessoires spéciaux, c’est depuis toujours l’apanage de l’élite qu’on doit pouvoir reconnaître de loin comme telle, de la coiffe de plumes des chefs amérindiens, aux sceptres et couronnes, symboles du pouvoir royal, les bijoux des maharadjahs, et même le costume du patron contre le tee-shirt de l’ouvrier ou le pull du simple employé.

Dans les oeuvres d’art anciennes, les plus beaux vêtements étaient soit pour l’élite royale ou seigneuriale avant de s’étendre à la bourgeoisie, soit pour les figures mythologiques ou religieuses. L’expression d’une oeuvre picturale, réduite à la seule vision, se devait d’être très symbolique pour que le message fût clair. Au cinéma, c’est pareil : les personnages principaux, pour peu que ce soient des héros, se doivent d’être distingués par leur façon de s’habiller, leur mise élégante et surtout d’une façon qui les mette en valeur afin qu’on ne voie qu’eux. C’est encore plus vrai pour les actrices, dont la richesse des tenues et des accessoires permis – infinis par rapport à ce que les hommes peuvent porter – ont distingué au point de les immortaliser, elles – et les films dans lesquels elles jouaient – dans des tenues qu’elles n’auraient pu supporter dans la vie quotidienne.

L’élégance, en effet, sacralise, fait entrer du miracle dans un événement, un moment, un instant exceptionnel tout symbolique qui ne se verrait pas sans cela : un mariage, où tout le monde se doit d’être bien habillé, un enterrement, une réunion de famille, un événement particulier et bien sûr, un rendez-vous amoureux. Pris à n’importe quel moment hors cérémonie ou événement, rien ne distingue cet instant pour son importance sans la belle tenue choisie pour l’occasion. La beauté d’une tenue signale l’instant sacré : on sort ses beaux habits pour la messe, pour aller à la mosquée, pour le shabbat; aux Antilles, les femmes des anciennes générations portent encore les perruques lisses qu’elles mettaient autrefois pour entrer dans la maison de Dieu.

Mais parfois, l’élégance est quelque chose qu’on reçoit en héritage, comme les Sapeurs du Congo qui, depuis le XIX ème siècle, ont choisi le vêtement pour exister dans la sphère sociale et introduire du merveilleux dans les quartiers de Kinshasa. Mais plus qu’un choix, c’est une culture, un héritage avec une histoire, des codes, des règles et même une reconnaissance dans le milieu de la mode. Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes, les Sapeurs font du dandysme un événement, un show sous forme de compétitions et de rencontres de fans de marques différentes se faisant face lors de combats uniquement symboliques autour du beau vêtement et de sa valeur.

Mais on peut aussi être une personne élégante par goût, personnalité, culture. Dans ces cas-là, une seule personne suffit à faire entrer de la magie dans le quotidien, à travers un comportement qui semble dire : « C’est mon existence, c’est l’ici et maintenant qui sont sacrés. » Un militantisme silencieux mais voyant qui, depuis l’ère des dandys, s’exprime dans la sphère individuelle, révélant des étoiles filantes de l’esthétique dans la galaxie informe de l’habillement par nécessité.

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Séduction : conditions intérieures et extérieures

L’amour est une nécessité du vivant pour perpétuer la vie, cause de la grande importance qu’on donnait autrefois aux divinités qui le représentaient. La quête de l’amour est en effet un intérêt universel. Chacun cherche à rejoindre l’autre pour aimer – même mal – être aimé, en investissant tout ensemble son désir sexuel, sa propre croyance en l’amour, ses forces et failles psychologiques qu’on offre et impose sans même le savoir.

Mais parce qu’aimer, c’est prendre un risque, s’exposer à l’autre dans sa vérité, ça se fait souvent dans un état émotionnel qui empêche toute lucidité et capacité au recul permettant à la fois de relativiser, d’y voir plus clair et de mieux s’orienter.

Ainsi, lorsqu’on a pour objectif de séduire la personne qui nous plaît, axé sur notre objectif, seul dans notre tête qui est loin d’être froide, nous n’arrivons pas à voir certaines réalités simples ou complexes qui conditionnent une relation.

  • Critère d’évaluation

Si vous voulez séduire une personne qui vous plaît selon certains critères, elle aussi possède des critères qui lui permettent d’accepter ou de refuser votre proposition. Et si vous l’interrogez sur ces critères et croyez correspondre à ceux-ci d’après ses réponses, elle vous a pourtant peut-être rangé dans une autre catégorie que vous ne pouvez pas envisager car elle correspond à une histoire personnelle et des valeurs dont elle-même n’a pas conscience car elles ont fait son éducation, et que vous ne pouvez envisager car on vous a donné d’autres valeurs.

La question pour garder le cap : l’image qu’on a de moi correspond-elle à celle que je me fais de moi-même et est-elle à mon avantage ? 

  • Valeurs

Toute société s’établit sur des valeurs qu’on peut croire parfois communes et qui ne sont pourtant pas forcément déterminantes. On peut très bien penser être sexy et élégante en mini-jupe alors que dans une autre classe socio-culturelle, ça pourra être vu comme vulgaire et racoleur; et vice-versa. Et ces questions, loin de concerner uniquement l’apparence physique, vont aussi toucher la morale, la politique, les choix éthiques, la façon de s’exprimer, de se comporter, l’alimentation, etc.

Les questions pour garder le cap : cette personne mérite-t-elle le sacrifice de mes valeurs ou, si j’adopte ses valeurs, celles-ci ne sont-elles de nature à m’apporter quelque chose de positif ou est-ce l’inverse ?

  • Rapport à l’autre

Il peut nous arriver d’aimer quelqu’un qui n’est pas capable d’amour ou qui ne pourrait absolument pas nous aimer. Ca arrive particulièrement dans les moments où on ne s’aime pas, où on déprime, où notre image de nous-même a été affectée. Parfois, c’est un problème insoluble et on passe sa vie entière à tomber sur les mauvaises personnes par tendance à l’auto-destruction. Que se passe-t-il alors ? On tombe amoureux de quelqu’un qui n’aime que les gens du sexe différent du nôtre ou d’une personne narcissique qui ne pourra jamais nous aimer, n’aimera jamais qu’elle-même et se servira de nous pour se valoriser, ou bien on s’éprend de quelqu’un de violent physiquement ou psychologiquement.

La question à se poser pour garder le cap : cette personne est-elle réellement et sincèrement capable de m’aimer ou est-ce moi qui ai besoin de me le figurer ?

  • La réalité de l’offre

L’acceptation ou le rejet dépendent aussi parfois de l’offre, qui dépend de beaucoup de paramètres. La personne qui nous intéresse est-elle intéressante pour les autres et cela a-t-il de l’impact sur elle ? Dans les sociétés où la répartition entre hommes et femmes est inégalitaire, le rapport à la séduction est très concurrentiel. Là où les femmes sont en excès, comme dans les sociétés touchées par une guerre, elles rivalisent dans l’élégance, les gadgets érotiques ou la chirurgie esthétique, et la surenchère est obligatoire pour se distinguer. Là où les hommes sont en excès, c’est la bataille matérielle qui fait rage et ce sont plus riches qui finissent en couple. Pourtant, rien de ces conditions ne définit l’être humain dans sa beauté d’âme et dans ce qu’il a réellement à offrir à l’autre.

Les questions pour garder le cap : la bataille pour cette personne vaut-elle la peine ou ai-je mes chances par rapport à l’offre proposée et les valeurs qui sont les miennes ?

  • Mes valeurs et qualités

Les forces en présence, c’est aussi soi-même, pas seulement les valeurs que l’autre pense qu’on incarne mais ce dont on est réellement porteur. Quand on est jeune, naïve, sincère et mignonne, on aime souvent les bad boys qu’on rêve de dompter. Plus généralement, c’est nous qui nous faisons dresser en perdant au passage nos illusions et la foi en nos valeurs. Une condition importante à notre séduction est dans ce que nous pouvons apporter à la relation en tant que personnalité profonde et surtout d’en prendre conscience. Et c’est celle-là qu’il s’agit avant tout d’apprendre à aimer pour ensuite la faire aimer.

La question pour garder le cap : quelles sont mes qualités et vont-elle s’épanouir ou se flétrir avec cette personne ? 

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L’image du couple au sommet de l’Etat

L’élection d’un nouveau président est le moment de multiples attentes sur les plans politique, économique, social, international et bien d’autres encore. Dans le cadre de la démocratie, il y a la fois la nécessité d’avoir un chef et la responsabilité de le choisir. La nécessité de ce choix nous fait osciller entre le soulagement de la liberté et la gêne de la responsabilité. Souvent, à titre privé, des électeurs peuvent dire au cours du mandat décevant d’un président pour lequel ils ont voté : « Je m’en veux d’avoir voté pour lui. », « Quand je pense que je lui ai donné ma voix ! ».

En démocratie, le citoyen se sent donc responsable du choix de son chef – et donc de ses erreurs – et n’a aucun mal à projeter ses valeurs sur la personne présidentielle, et ce de plus en plus. Et si nos grands-parents se souviennent d’une époque où on considérait que la vie privée du chef d’Etat ne regardait que lui et n’avait pas à être divulguée dans la presse, force est de constater que c’est désormais une époque révolue.

Beaucoup disent que la cause est à chercher dans un certain voyeurisme propagé par la vulgarité des médias qui orientent l’intérêt du grand public vers l’aspect « people » des hommes politiques les plus puissants. Mais d’une manière générale, on le doit probablement plus à une exigence plus grande dans les mentalités. On le voit aujourd’hui avec la première mesure prise par le gouvernement portant sur la moralisation de la vie politique.

Certes, les mesures portent sur les questions financières, mais force est de constater que cette volonté du citoyen d’avoir un chef de l’Etat exemplaire concerne de plus en plus  d’aspects de sa personnalité. Quand l’électeur d’un pays libre choisit un chef, au minimum, il doit avoir les mêmes valeurs, mais dans l’idéal, il doit être meilleur que lui. Et si les citoyens d’autrefois, majoritairement catholiques, donnaient de la valeur à l’absolution par la confession de ses péchés à à un prêtre, dans un pays aux mentalités déchristianisées et ultra-connecté, la responsabilité personnelle est totale et est un soin de chaque instant.

Dans ce monde basculant au gré de cette modernité, un président qui se veut lui-même exemplaire et qui trompe sa compagne déguisé en livreur de pizzas, ça ne passe plus. Et quand sa compagne trahie en fait un livre plutôt que de s’enfermer dans le silence moins digne que déprimé – adopté il y a encore peu de temps par les épouses présidentielles – le public lui donne raison en achetant son livre à plus d’un million d’exemplaires quand experts et journalistes condamnent.

Le temps des compagnes de chefs d’Etat devant ronger leur frein en silence pendant que leur président de mari offre des « bâtards à la République » n’est plus celui que les citoyens cautionnent. Et Valérie Trierweiler, reconnue dans Barbès, fut elle-même surprise quand des femmes, se reconnaissant sans doute en elle, l’accueillirent avec joie là où, à une autre époque, on l’aurait peut-être regardée avec pitié.

Car ce que les chefs d’Etat de ces époques n’ont peut-être pas mesuré, c’est que dans l’image de leur couple, le public voit le modèle des relations entre hommes et femmes à l’image d’un pays tout entier. Et ces relations tendent de plus en plus vers l’égalité. A une époque ou presque plus personne ne croit sincèrement à une vie meilleure après la mort, où tout le monde est devenu conscient du rôle fondamental de l’amour et de l’harmonie dans la santé mentale de chacun, la construction du bonheur individuel est devenue un enjeu aussi important que la réussite professionnelle.

Par ailleurs, l’explosion d’intérêt pour le développement personnel témoigne d’une conscience rapide – et donc un peu anarchique parfois – de la réalité des interactions positives ou négatives entre nos actes et notre destinée, nos conceptions sur le monde et notre façon de les rendre effectives, notre façon de nous comporter avec notre partenaire et l’impact sur son épanouissement. Bref, dans ce contexte d’émergence depuis pas beaucoup plus de 10 ans, de la psychologie positive, notre capacité à aimer est devenue un des critères d’évaluation de notre personnalité morale.

La monarchie anglaise ne le sait que trop bien depuis que le peuple ne lui a pas pardonné le sacrifice de la princesse Diana à ses intérêts dynastiques. Car quand le peuple défend sa « princesse des coeurs », il dit aussi au pouvoir en place : »Vous êtes censés nous représenter, mais vous êtes en retard. Nous ne voulons plus que les rapports entre hommes et femmes soient aussi déséquilibrés que ceux-là. On couple doit être fondé sur l’amour » Et la monarchie obéit. Par Kate et William, elle montre qu’elle a bien retenu la leçon et redore du même coup son blason.

Et pour la toute première fois, en France, le nouveau chef d’Etat est en avance sur son peuple qui, sur les réseaux sociaux et ailleurs, se moque du couple inégal qu’il forme avec sa femme plus âgée que lui, comme au Moyen-Age le charivari – joyeux concert de casseroles – accueillait des mariés d’un genre qu’on trouvait trop atypique.

Ce parti-pris surprenant et assumé impose l’image d’une façon de vivre et d’aimer au-delà des apparences et en accord avec ses convictions profondes – ce qui doit être le droit et l’idéal personnels des individus – et ce malgré les obstacles et la réprobation de toute une société. Et il faut du courage, de la détermination et de l’amour infini pour être le beau-père d’enfants qui ont presque son âge et le mari d’une femme qui doit presque avoir celui de sa mère. Et avec cela, il faut tenir, aimer quand même et l’imposer au monde dans la durée.

De cela, même la déesse de l’Amour s’en étonne !

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Découvrir les épices aphrodisiaques

Parce qu’elles utilisent une nouveauté et des sensations surprenantes dans un monde auparavant sans surprises, les épices introduisent de la magie dans notre alimentation sans en changer les ingrédients de base, juste en provoquant une sorte de réveil. Réveil spirituel, réveil sensuel : si une viande, une céréale, un légume nous nourrit, il est vrai qu’une épice nous interpelle et interroge notre conscience, nous poussant à déployer plus d’attention à ce que nous goûtons pour tenter de comprendre ce qui a changé.

Cette spécificité des épices est allée jusqu’à ce qu’on les qualifie parfois d’aphrodisiaques, en tout cas pour certaines d’entre elles. J’ai voulu mener l’enquête et faire un article sur celles qui m’ont interpellée. Dans cette entreprise, je n’ai pas été seule, obtenant de l’aide que j’avais demandée à l’équipe de L’île aux épices qui m’a gentiment fourni des épices à tester comme je le désirais. J’ai choisi cette entreprise en ligne pour la richesse de produits et d’actualités qu’ils offraient puisque leur site regorge d’informations historiques, anecdotes, recettes et conseils d’utilisation pour chaque produit qu’ils proposent. Et, détail qui va peut-être paraître négligeable mais qui compte pourtant beaucoup : une date de péremption.

En effet, si une épice semble se conserver indéfiniment parce qu’elle est sèche et ne pourrit donc pas, elle perd malgré tout au fil du temps ses qualités aromatiques et ses vertus. Les spécialistes des épices que sont les Indiens ne s’y trompent d’ailleurs pas : normalement, ils n’achètent pas de poudre ou de mélanges d’épices en poudre – plutôt réservés aux Occidentaux – mais concassent les épices juste avant la réalisation de leur préparation pour leur conserver toute leur saveur et leur puissance. Pour suivre leur exemple et profiter aux mieux des épices, je vous conseille d’investir dans un mortier.

En attendant, voici quelques-unes de mes découvertes

Petit fruit d’une liane, sa saveur piquante rappelle effectivement les caractéristiques des épices considérées comme aphrodisiaques, généralement échauffantes, tout comme le désir sexuel mis sous le signe du feu et qu’on retrouve dans des expressions comme « être en feu », « avoir le feu au cul », « être chaud », etc. Le poivre long est censé être un aphrodisiaque pour femmes exclusivement; sa belle forme phallique épaisse à la base et fine en haut nous fait effectivement penser à un sexe masculin.

Herbe aux Satyres de l’Antiquité, elle n’a pas été qu’un condiment, mais aussi un ingrédient privilégié – et redouté- des philtres et potions aphrodisiaques. Voici d’ailleurs ce qu’en disait Ovide dans son Art d’aimer : « Il y a des vieilles femmes qui conseillent de prendre de la sarriette, plante malfaisante à mes yeux, c’est un poison. » A la place, il recommandait l’oignon…Non seulement la sarriette n’est pas un poison, mais n’est pas tue-l’amour comme l’oignon. Au contraire, peu employée dans notre culture malgré son ancienneté, elle gagnerait à mon avis à être découverte, même pour ses vertus aphrodisiaques.

Ce mélange d’épices du Maghreb est celui qui me fascine le plus et avec lequel il faut être un petit peu exigeant. Son mélange, qui peut aller au-delà d’une trentaine d’épices et qui doit forcément contenir au moins un ingrédient aphrodisiaque – dont le plus dangereux peut être la cantharide, mortel – est de loin le plus mystérieux. On peut prendre des risques à le consommer dans sa région d’origine, et en même temps, il n’y a rien à vivre en consommant les mélanges aseptisés des commerces ordinaires où vous ne trouverez que des épices que vous connaissez. Bien sûr, les mélanges varient d’une région à l’autre, mais voici quelques exigences à conserver pour choisir un mélange intéressant : ne l’achetez pas en grande surface où son peu d’épices bien en plus trop balisées ne vous fera pas voyager, mais ne l’achetez pas non plus hors de toute condition garantissant votre sécurité. Le mélange doit contenir environ une vingtaine d’ingrédients dont un au moins a une réputation aphrodisiaque. Enfin, pour le voyage, il doit également contenir des plantes à parfum comme des fleurs, et des épices que vous ne connaissez généralement pas.

Voici une petite merveille rare qui ressemble au poivre de Sichuan tout en s’en distinguant par son étonnante saveur piquante au fort goût d’agrume. La baie est japonaise et utilisée depuis très longtemps. C’est un faux poivre, comme le poivre du Sichuan, et comme son cousin chinois, sa particularité est aussi d’anesthésier légèrement les lèvres et la langue. D’un point de vue gustatif, c’est une surprise, un éveil, quelque chose qui vient mettre un coup de fouet au palais tout en le caressant.

Il paraît que c’est un aphrodisiaque. J’y réfléchissais sérieusement lorsque je me suis souvenue d’une crème aphrodisiaque à appliquer sur les parties génitales et qui était à base de menthol, provoquant de légers picotements, préludes à l’excitation. Et si ces vertus anesthésiantes qui provoquent de légers fourmillements n’avaient pas été employées en cuisine, pour se révéler aphrodisiaques ?

Evidemment, il n’y a pas de certitudes, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la relation entre l’homme et les végétaux qui améliorent sa vie est loin de s’être cantonnée à l’alimentaire…

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Faire un parfum huileux (DIY)

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Dans Le labo de Cléopâtre

Aujourd’hui, je vous fais entrer dans le Labo de Cléopâtre, pour vous en faire découvrir tous les aspects, car si la démarche est claire pour moi, il est possible qu’elle soit un peu nébuleuse pour vous.

Le Labo de Cléopâtre, c’est d’abord un blog, que vous suivez parfois, que vous découvrez par hasard d’autres fois. Son nom n’est pas un hasard, car il est né après que j’aie reproduit un cosmétique de la grande reine d’Egypte à partir d’une recette des fragments restants du Kosmètikon, le livre de cosmétiques perdus de Cléopâtre. Je décidai à ce moment-là d’étudier les recettes de beauté de la dernière reine d’Egypte. Mais, soyons honnête, beaucoup sont répugnantes, impossibles à réaliser ou bien contiennent des produits toxiques. Les recettes de Cléopâtre qui nous restent sont trop peu nombreuses et ne sont pas parlantes si elles ne sont pas contextualisées.

  • La base du Labo, c’est donc la recherche. Les livres, les auteurs anciens des genres les plus variés -histoire, botanique, poésie, médecine, compilation, histoire naturelle- sont à la base de toute mon enquête et ma démarche de reconstitution de parfums et cosmétiques antiques. Chez moi, pas de spectromètre de masse, pas de chimie pour analyser le contenu d’un flacon retrouvé. Formée à la recherche en littérature, c’est par le biais des auteurs antiques et des chercheurs modernes sur le sujet que je travaille, dont une grande partie est numérisée dans les bibliothèques spécialisées.Recherche cosmétiques antiques
  • Le Labo, c’est aussi une sorte de bibliothèque-musée : celle des matières premières utilisées dans l’Antiquité, quand elles sont encore trouvables. On trouve ainsi toutes sortes de résines, de racines, de fleurs, d’épices, d’écorces qu’on trouvait autrefois pour créer des produits parfumés. On trouve aussi des huiles spécifiquement utilisées dans l’Antiquité, pour faire les parfums huileux. C’est presque un petit musée, et comme dans un musée, en tant que conservatrice, je rêve de quelque pièce rare que je pourrais récupérer et pense à celles que je possède et qui ne sont pas exactement identiques à celles de l’Antiquité. Et comme dans un musée, le préjugé qui fait des lieux de conservation des lieux morts est faux : la bibliothèque-musée du Labo, ce sont des acquisitions et donc un passé, et beaucoup de désirs et projets, donc un avenir.

Par contre, comme ce n’est pas un musée accessible au public mais fermé comme une bibliothèque privée, c’est un gros bazar dans lequel moi seule me retrouve et où je n’ai pas pris le temps de mettre une seule étiquette sur les bocaux et où beaucoup de choses sont dans leur emballage d’origine. J’aime penser et créer plus que ranger, j’avoue.IMG_5568

  • Mais le Labo de Cléopâtre, c’est surtout un labo, c’est donc un lieu où sont réalisés et testés toutes sortes de cosmétiques et parfums, ceux que je peux proposer à la vente et ceux que je ne peux pas proposer mais que je réalise malgré tout dans le but de recherches et d’acquisition des savoir-faire. En effet, la transmission des gestes n’étant plus possible, c’est en faisant, refaisant, réfléchissant sur ce qui se passe et pourquoi ça se passe que la compréhension est possible. Car il ne faut pas oublier que dans les choix de certaines techniques, il y a toute une histoire de possibilités et d’impossibilités qui se raconte en creux mais qui n’ont jamais été écrits dans les livres. IMG_5152

C’est pour cela que chez moi, il y a des parfums huileux dont la technique a été donnée dans l’Antiquité et que j’ai réalisés patiemment pour la connaissance mais qui sont trop coûteux et fastidieux à réaliser par rapport à l’utilisation des huiles essentielles qui a été une révolution dans l’histoire de la parfumerie. Sauf que, rigoureusement, l’utilisation de la distillation n’est pas historique. J’ai ainsi un parfum antique dont la recette a été suivie à la lettre et dont le parfum de roses est le meilleur que j’aie jamais senti (au premier plan).

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Malheureusement, un blog ne véhicule pas d’odeurs, donc vous n’en saurez pas plus.

  • Enfin, le Labo de Cléopâtre, c’est aussi une boutique Etsy où je vous propose des parfums qui existaient dans l’Antiquité mais d’une forme moins connue que ceux que nous connaissons actuellement et qui, pour certains, ont même été oubliés, comme c’est le cas des parfums en poudre dont je retrouve encore l’évocation dans les livres du XIX ème siècle mais qui ont progressivement disparu des ouvrages sur les parfums antiques. Un parfum sous forme de poudre de végétaux, un encens, ça ne laisse pas de trace au niveau archéologique : résines et plantes, issues de la nature, retournent à la nature une fois en terre, et y disparaissent sans un bruit, sans une preuve de leur passage.

A quoi ressemble la réalisation d’un parfum antique ?

A de la cuisine : je travaille au couteau, au mortier, à la cuillère, à l’huile, au sel, aux aromates, et une fois que le tout est fini, j’ai beaucoup de vaisselle ! Et comme en cuisine, le travail manuel peut parfois être très long !IMG_5102

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J’utilise quand même le mixeur pour les cas les plus compliqués comme le Détergent de Cléopâtre.

Je travaille masquée pour que les particules n’attaquent pas mon système respiratoire à l’usage, et aussi parce que j’ai un terrain allergique -les choses sont vraiment mal faites-!

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Bonne découverte de mon projet, de mon atelier-de « ma tour », comme dit Sophie-.

Pour découvrir les produits de ma boutique

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Hymne national à la Vénus de Milo

Comme d’autres statues classiques d’Aphrodite, la Vénus de Milo tient le rôle d’ambassadrice du pays qui l’a recueillie. De fait, le Louvre, notre musée national, lui doit une grande part de sa fréquentation puisque avec la Joconde, elle est l’oeuvre d’art la plus admirée et pour laquelle on vient du monde entier. Ce pouvoir, comme les autres statues d’Aphrodite, elle le doit à sa beauté, à son corps nu, à son érotisme qui irradie et permet à l’admiration qu’on éprouve pour elle de se transférer au reste du pays auquel son image est associée.

Statues de la déesse de la Beauté, la Vénus d’Arles, l’Aphrodite de Cnide, la Vénus du Capitole suivent toutes des destinées semblables dans lesquelles, telles des Miss avant l’heure, elles sont les meilleures représentantes éternelles d’un lieu, leur plus prestigieuse publicité.

Pouvoir de l’oeuvre d’art, me direz-vous. Et pourtant, dans les autres oeuvres d’art, pour peu qu’elles ne représentent pas une déesse de la beauté nue ou à demi-nue, ce « pouvoir de l’art » ne se manifeste pas à un tel degré ou n’a pas les mêmes conséquences.

Au XIX ème siècle, le nationalisme – né de modernes conceptions scientifiques, malgré ce qu’on voudrait nous faire un peu oublier – s’étalait sans complexes car vierge encore des atrocités commises pour sa cause au milieu du XX ème siècle et depuis lors. Il n’hésitait pas alors à employer l’art et la beauté pour servir son propos et diffuser innocemment ses idées de supériorité, comme le faisait l’architecte Prosper Morey en 1867 dans son hymne à la Vénus de Milo dans un petit ouvrage consacré à la célèbre statue.

Hymne à la Vénus de Milo

Déesse plus admirable aux yeux des hommes que Vénus ne le fut jamais au regard des dieux, qui donc es-tu ? Quel artiste a pu te faire si noble et si belle ? Es-tu Vénus Victrix? Vénus Anadyomène ? Une Muse ? Ou la compagne du dieu de la guerre, l’entourant de tes bras amoureux ?…

Tu es tout cela à la fois, et plus encore; car, si j’en crois mon âme, tu es la Grèce antique, la Grèce d’Homère, de Phidias et d’Appele, traçant sur une table d’airain ta merveilleuse histoire. Tu es l’emblème de la grâce, de la poésie et des beaux-arts, le palladium sacré sous l’égide duquel fleurissent les nations; ta patrie est désormais la France, cette fille bien-aimée de la Grèce immortelle : la France seule est digne de te posséder, ô déesse, et de brûler à tes pieds l’encens dû à ton adorable beauté !

On ne le fait plus aujourd’hui. Regardez, on le faisait hier, et on le fera peut-être demain. N’oubliez pas, alors, de conserver votre sens critique.

(Photo à la Une : Charlie Chaplin. Scène du Dictateur)

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Beauté et enjeux politiques

Par delà les questions de programmes politiques, les campagnes houleuses, les scandales financiers qui agitent les personnalités politiques en cette ère de changement, la beauté – qui pourtant ne fait pas de bruit et sait se faire oublier – s’invite plus que jamais dans les enjeux.

Certes, depuis longtemps déjà, beauté et pouvoir politique sont indissociables, les premiers accessoires destinés à embellir – plumes, bijoux, vêtements ornés, etc – ont d’abord été réservés aux gens de pouvoir qu’ils permettaient de singulariser. En France, Louis XIV avait inscrit dans le train de vie de sa cour, ses costumes, sa façon d’apparaître et de se comporter, une exigence de représentation dans laquelle seule la beauté, l’excellence avaient leur place. Bien sûr, cela existait avant lui, même si cela atteignit des sommets avec ce monarque.

Les grandes maîtresses royales, choisies avant tout pour leur beauté, ont fait les grandes heures de l’histoire de la peinture et ont été les meilleures publicités des souverains de leur vivant, mais aussi bien au-delà. Dans l’oeil du grand public, d’ailleurs, la mémoire des souverains reste bien plus vivement attachée à leurs belles maîtresses qu’aux grands actes et décisions de leur règne. Les émissions de vulgarisation historique de grande écoute ne s’y trompent pas quand elles décident d’insister sur ces femmes qui n’ont eu d’influence avant tout que par leur beauté et leur attrait sexuel sur le souverain. Beaucoup ont été des instruments politiques, comme la Pompadour, instrument du retour en grâce de quelques proches auprès de Louis XV, ou Maria Walewska qui fut la maîtresse de Napoléon Bonaparte avec l’accord de son mari et surtout le devoir de « sauver la Pologne ».

Un peu plus près de nous dans le temps, la beauté de Grace Kelly a permis de donner un rayonnement international à une principauté dont le centre politique tient uniquement sur un rocher : Monaco.

Que les hommes les plus riches et les plus influents épousent les plus belles et s’en fassent un ornement n’étonne personne. Nicolas Sarkozy n’est, par exemple, pas peu fier d’avoir épousé un des mannequins les plus célèbres de sa génération, Carla Bruni, dont la liste des amants fait aujourd’hui le régal des journaux à scandales. Certains témoins assurent cependant que l’obsession de l’ancien chef de l’Etat pour la beauté ne s’arrête pas à celle de son épouse mais s’incarne aussi dans l’angoisse inverse : celle de la laideur de ses concurrents en politique qu’il a tendance à exagérer, tant nécessité de représentation et pouvoir sont indissociablement liés.

Un souci qui atteint son paroxysme en la personne de Donald Trump dont le désir de représentation et de beauté ne craint pas les contradictions – refusant les étrangers mais ayant épousé plusieurs mannequins d’Europe de l’Est, là où les femmes sont réputées être justement les plus belles. Un article de Vanity Fair commente non sans ironie cette contradiction : « S’il s’inquiète autant qu’il le dit de « tous ces gens qui viennent de partout et qui sont des meurtriers et des violeurs et qui envahissent ce pays », il ferait mieux d’envisager de construire un mur autour de son slip. »

Pour autant, ce même article épingle une autre bizarrerie du code américain de l’immigration qui n’a pas attendu Trump pour manquer de partialité dans le choix de ses étrangers : « Une clause bizarre dans le code d’immigration américain permet aux mannequins, dont la moitié n’a pas l’équivalent du bac, de bénéficier d’un visa H-1B, le même que les scientifiques de haut niveau ou les programmateurs informatiques qui eux, doivent produire  leurs diplômes. »

La beauté serait donc un enjeu politique de dimension nationale ?

Voilà bien une réalité qui a choqué bien des commentateurs quand, à l’époque nazie, Leni Riefensthal exhibait dans Olympia, son film sur les JO de 1936, les corps parfaits censés faire de la beauté classique et vigoureuse le corps idéal que le peuple politisé à l’exclusion du reste devait atteindre. Et certes, Donald Trump qui parle de sa femme et de sa fille presque exclusivement pour leurs qualités physiques – n’hésitant pas à dire d’Ivenka que si elle n’avait pas été sa fille, il serait sorti avec elle – nous choque aussi.

Mais il n’est pas besoin d’attendre les partis d’orientation nationaliste  pour constater qu’un état désire toujours que ce soient les plus belles femmes qui représentent le pouvoir et la nation. Et ainsi, après Brigitte Bardot, Catherine Deneuve et Laëtitia Casta, en accédant au statut de Miss Univers, Iris Mittenaere fait rêver d’elle en future Marianne, allégorie de la République Française.

On se demande bien pourquoi…

Nouvel article Labo de Cléopâtre

(Photo à la Une : Olympia de Leni Riefensthal)

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Blogueuse et auteure chez Lulu

Cette semaine, je suis la blogueuse invitée du blog Lulu. Les blogueurs et auteurs ayant été invités à parler de leur expérience d’auteur Lulu, j’ai décidé de faire partager la mienne puisque j’ai écrit mon livre Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre via ce moyen d’auto-publication.

Ca me tenait d’autant plus à coeur que mon expérience d’auteure et même de créatrice de boutique de senteurs de l’Antiquité dépendent entièrement des recherches que j’ai faites pour ce premier blog, Echodecythere, consacré à Aphrodite et qui ont évolué dans tous les sens sans que je l’aie auparavant projeté.

Alors, lecteur, lectrice, tiens bien ton coeur, tiens bien tes rêves, amuse-toi, prends plaisir mais sois aussi rigoureux, et lance un projet de toute ton âme car tu ne sais pas jusqu’où te portera ton univers intérieur…

Pour me lire sur le blog de Lulu, c’est ici : Pour faire connaître un vrai cosmétique de Cléopâtre…

A très bientôt avec de vrais articles de fond, c’est promis !

Unboxing « encens découverte » du Labo de Cléopâtre

Mes encens du Labo de Cléopâtre ont gentiment mais objectivement été testés par Sophie du Blog Eso&Créative, avec les plus et les moins et elle a pris la peine d’en faire un article, donc je partage, via mon second blog Le labo de Cléopâtre ( oui, c’est un peu compliqué, même moi, je m’y perds !)

Merci bien, en tous cas de l’intérêt porté aux véritables senteurs de l’Antiquité.

Encens du Labo chez Eso&Créative

( Photo à la Une : préparation de commande dans mon atelier. )

Les blasons érotiques

Dans l’histoire occidentale, la Renaissance est une période de redécouverte de la culture gréco-romaine de l’Antiquité. A ce titre, elle prend ses racines dans son passé fait de dieux païens, de concepts philosophiques ignorants des aliénantes Ecritures Saintes, de poésie lyrique amoureuse et érotique. Parallèlement, elle se construit aussi sur des valeurs d’avenir : la découverte du Nouveau Monde, du mouvement des planètes, du renouveau de la religion, des philosophies et des arts.

Avec les blasons, la poésie fait l’éloge d’une partie anatomique du corps féminin, semblant traduire en poésie le mouvement qui s’amorce dans la peinture, consistant à exhiber soudainement des corps nus féminins érotisés comme on n’en avait plus jamais vus depuis l’Antiquité, où on représentait des statues et des peintures de corps nus. A la Renaissance, on redécouvre la représentation du corps via les Anciens. Mais si la poésie antique savait aussi être érotique, la création des blasons n’appartient qu’à la Renaissance, période où on pouvait aussi bien faire l’éloge de certaines abstractions propres au baroque – comme la mort ou l’esprit – que du pet – sujet apprécié de Rabelais et de la farce du Moyen-Age, qu’on vient à peine de quitter -.

Dans ces blasons érotiques, plusieurs barrières s’érigent entre notre curiosité et ce que les poèmes les plus osés ont à offrir : la langue, qui vient à peine de se fixer, le style poétique, la préciosité du langage, et la pudeur simulée. Au final, et c’est certainement ce qui peut surprendre : tout cela parle de sexe d’une manière qu’on n’a jamais connue avant, qu’on ne connaîtra pas non plus après, même si semble s’être amorcé, dans cette nouvelle façon de parler de la femme et de la désirer, quelque chose d’un peu obsessionnel et fétichiste de nos cultures modernes.

D’ailleurs, à la plupart des thèmes choisis dans les blasons correspondent des soins esthétiques ciblés : beauté des sourcils, yeux, cheveux, pieds, mains, mais aussi de chirurgie plastique : grossissement des lèvres, des seins, des fesses, rétrécissement du vagin. Tout cela paraît propre à la culture contemporaine mais tout commença pourtant bien à cette époque où les femmes, louées pour leur beauté, devinrent pour la première fois précisément scrutées et représentées.

Voici donc, pour ceux à qui on n’a présenté en classe que le meilleur et le plus sage de la poésie de la Renaissance, la version non censurée de ce que la langue française a produit poèmes sur les détails de l’anatomie féminine, voire au-delà :

 

Blasons anatomiques du corps féminin

Nouvel article labo de Cléopâtre : le cèdre

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