Mois: novembre 2014

Quelle couleur de cheveux pour séduire ?

Votre couleur de cheveux, sachez-le, est celle la mieux adaptée à votre teint. Et en changer, la refuser, vous projeter dans le désir de ce que vous n’êtes pas a plus de chances de vous plonger dans le mal-être que dans une pleine réalisation d’une image de femme que vous porteriez et qui serait destinée à vous faire devenir vous en mieux, plus belle, éclatante et fascinante.

Pour commencer, il n’y a pas de plus ou moins belles couleurs de cheveux. Il y a juste celles que vous aimez, que vous acceptez chez vous ou ne tolérez pas. Et cela encore ne concerne que ce qu’il y a sous votre crâne et non ce qui se passe dessus. Ceci étant posé, il faut malgré tout reconnaître la coexistence de perceptions différentes de couleurs de cheveux des femmes selon qu’on est une femme ou un homme qui aime les femmes et qui n’a pas une grande connaissance des couleurs de cheveux et leurs nuances.

Nous connaissons souvent mal l’autre sexe si nous n’avons pas grandi avec ou si nous avons grandi avec sans y prêter attention. La connaissance qu’on peut en avoir peut alors se limiter à l’image désirable, consommable et erronée que la société nous en a montrée et à laquelle nous avons crue. Ainsi, si en tant que femme ou homme qui s’y connaît, votre nuancier des couleurs de cheveux va du blond très clair au noir bleuté des cheveux asiatiques en passant par le blond cendré, le blond vénitien, les châtain clair et foncé, le roux brun, etc., celui de l’homme initié uniquement par le nuancier libidinal peut comprendre ces trois couleurs, celle de la « blonde sexy », »la rousse incendiaire », et la  » brune piquante ».

Dans l’Hollywood de son Age d’Or, quand on créait des sex symbol, on ne le faisait pas qu’avec un corps, on le faisait aussi avec une identité capillaire qui faisait de la rousse Norman Jean Baker la blonde Marylin et de la très brune Margarita Carmen Cansino la rousse Rita Hayworth, toutes deux immortelles. Mais brisées à la base. On ne peut construire que sur ce qui est très solide ou bien ce qui est déjà brisé. C’est pourquoi envisager de changer d’identité capillaire nécessite qu’on se pose toujours cette question :  » Pour assumer le physique de la femme qui va émerger de cette nouvelle apparence, suis-je assez solide ? » ou  » Suis-je assez brisée pour avoir besoin, envie de ressembler à n’importe qui d’autre qu’à moi-même ? » . Ce que Marylin et Rita Hayworth avaient à y gagner était une vie meilleure, la célébrité, la gloire, etc. Mais vous, qu’y gagneriez-vous ?

Car si on veut changer de couleur de cheveux pour séduire les hommes, avant tout, pas de nuances compliquées ! Vous devez pouvoir être catégorisée parmi les trois couleurs sexuelles autorisées :

– Le blond. Uniquement platine ou clair. Il est associé à une image féminine parfaite et ce depuis les Gaulois. Couleur fascinante de l’or, du pouvoir, de l’art religieux, Aphrodite elle-même est qualifiée de blonde par les auteurs anciens. Mais attention, elle est également associée à l’absence d’intelligence d’une femme, peut-être parce que la couleur blond très clair est associée à l’enfance et à la naïveté. En effet, beaucoup de personnes dont les cheveux à l’âge adulte deviennent plus foncés sont passés par un stade où ils étaient d’un blond très clair.

– Le roux. Dans l’imaginaire, il est associé à ce qui est sanguin, puissant, mais surtout sexuel. Roux et rousses ont souvent été persécutés dans toutes les civilisations. La proximité avec la couleur rouge évoque les flammes de l’Enfer. Au Moyen-Age, on croyait que les roux étaient des sorciers et dans le monde chrétien, on a pu avancer que Judas, qui a trahi Jésus était roux. Porter du roux, on va dire que pour certains, c’est annoncer la couleur : ça va chauffer ! Un peu trop même !

– Le brun. La couleur doit vraiment tirer sur le noir, comme c’est le cas chez les grands sex symbol du cinéma hollywoodien de l’Age d’Or: Gina Lolobridgida, Elisabeth Taylor, et encadrer un visage aux yeux sombres et intenses. C’est la couleur de cheveux  sexuellement la moins remarquable, peut-être mais aussi la mieux connotée dans l’imaginaire collectif. Dans les péplums de cette époque-là, les rôles des reines mythiques du monde méditerranéen de l’Antiquité, Cléopâtre, la reine de Saba, et autres femmes de pharaon étaient, bien entendu, donnés à des actrices brunes qui ont marqué les consciences dans des rôles de femmes aussi intelligentes, majestueuses que sexy.

Bien qu’anciennes, ces valeurs associées aux couleurs de cheveux des femmes perdurent et continuent de sous-tendre l’imaginaire collectif. Mais ces réalités ne doivent pas faire oublier que la vraie séductrice c’est celle qui parvient à faire admettre que sa couleur de cheveux est la plus belle, que celle-ci fasse partie des trois reconnues ou non, qu’elle ait été choisie ou non.

Car la séduction, si elle peut commencer par une attraction physique, n’a de valeur qu’au-delà de celle-ci au risque de vous faire devenir quelqu’un dont on dit :  » Mais si, tu sais, la blonde, là ! »; Et parodiant un sex symbol blond masculin d’Hollywood, double d’un autre sex symbol moins médiatique mais plus subtil : vous n’êtes pas votre couleur de cheveux, vous n’êtes pas votre taille de vêtement, vous n’êtes pas votre taille de bonnet, vous n’êtes aucune de ces choses à laquelle on veut vous réduire pour vous consommer plus facilement.

Avant de toucher à vos cheveux, songez d’abord à être libre.

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Cheveux : symbolisme et séduction

Depuis l’Antiquité et certainement avant, les cheveux font l’objet d’une attention et d’un soin particuliers dans toutes cultures ayant donné à leur couleur ou leur longueur une signification particulière.  » Don de Dieu » qu’on ne doit pas couper, symbole de force ou indice de beauté, de santé ou de séduction, la manière de les entretenir occupe les savants de toute époque, de la Cléopâtre du Kosmetikon à Hans Schwarzkopf, et leur apporte la fortune.

Bien entendu, ce sont les cheveux de la femme qui occupent le plus à la fois les commerçants, les artisans du cheveu et ceux qui jugent des moeurs. Car si les hommes ont pu porter les cheveux longs dans beaucoup de cultures comme le démontre l’histoire de Samson dans l’Ancien Testament, l’Europe moderne reste héritière des valeurs romaines donnant aux hommes cheveux courts et visage rasé, et aux femmes les cheveux longs propres aux jeunes femmes et aux matrones. A celles-ci, destinées à une vie oisive de gynécée plutôt qu’à une vie active, il était possible et permis de prendre du temps pour leur physique, d’autant plus que leur rôle auprès de l’homme était essentiellement de lui plaire, dans les limites imposées par la société. On doit plaire à celui à qui on est destinée et non aux autres.

Ils sont également une manière de se cacher par leur longueur dissimulant d’autres charmes. Pourtant, progressivement, de voile que les cheveux étaient, selon l’Epître aux Corinthiens, les cheveux deviennent aussi de plus en plus souvent ce qui doit être voilé.

La réputation sulfureuse des cheveux est telle qu’avec le sang et le sperme, ils sont un ingrédient privilégié des philtres magiques destinés à séduire. Ce statut particulier a de quoi étonner quand on sait que ce n’est pas un caractère sexuel secondaire et qu’à priori, il n’y a pas vraiment de quoi s’exciter.

Pourtant, leur pouvoir de séduction est bien réel, mais loin d’être immédiat, il est moins brut et déploie une finesse étonnante car il vient à la fois de l’espèce et de la culture dont dépendent des codes de société.

Ainsi, une chevelure, c’est quelque chose de préhistorique, le souvenir impudique d’une intimité oubliée puisqu’elle est la somme des poils de l’ensemble du corps qui l’ont déserté pour se concentrer sur le haut de la tête suite à des pratiques proprement humaines les rendant inutiles telles que la bipédie et l’habillement. Mais en même temps, c’est une matière transfigurée par l’intelligence et la créativité où peuvent s’exercer toutes sortes d’arts liés à l’une des premières techniques découvertes par l’humanité: le tissage. Dans la chevelure, le naturel imposé par l’espèce s’est fait ornement, vecteur de culture et de civilisation tout en prenant racine dans un corps humain, mortel et imparfait. Un paradoxe qu’on retrouve dans cette image de l’épouillage, présente encore au début du XX ème siècle, quand l’hygiénisme n’avait pas encore édicté de nouvelles règles sanitaires et que la recherche du parasite tenait lieu de constructeur positif de lien social moins critiqué que Facebook…

Les cheveux sont d’ailleurs des révélateurs aux limites des mondes naturel et culturel : par leur matière et couleur, ils laissent deviner une origine ethnique, un patrimoine génétique et sa mystérieuse loterie qui décide de qui de l’ascendance du père ou de la mère sera la plus évidente, la santé et le soin de la personne par leur propreté, leur coupe, un âge par leur couleur intense ou non, grisonnante, blanche ou systématiquement colorés pour que ça n’arrive pas, par une façon de se coiffer aussi, marquée par le temps, la mode de ce  » à mon époque » où on a parfois posé ses valises esthétiques. Enfin, les cheveux trahissent aussi un budget qu’on y a consacré, ainsi qu’un caractère, une psychologie par le choix qu’une femme fait de couleurs, coiffures excentriques ou originales qui pourront témoigner d’une personnalité extravertie, obsessionnelle ou créative, une absence totale de soin pourra être le signe d’une détresse psychologique ou d’un choix plus philosophique de détachement, des cheveux toujours attachés de la même manière un certain goût pour l’ordre, une psychorigidité ou un désintérêt, une indifférence pour des pratiques esthétiques qu’on peut aussi juger vaines ou superficielles.

Ca, c’est la séduction universelle de la chevelure mais qu’en est-il de la séduction interpersonnelle ?

Par ses cheveux, vous avez déjà une foule d’informations sur la femme qui vous intéresse. Mais ce n’est pas tout. La séduction de la chevelure d’une femme est au maximum lorsqu’elle lâche ses cheveux car selon la loi inconsciente des symboles, des cheveux qu’on lâche annoncent des moeurs que l’on relâche. Et de fait, une femme qui voudra séduire ne le dira jamais mieux qu’en jouant avec une de ses mèches de cheveux lâchés, un de ces gestes qui trahissent l’intérêt même si, le raisonnement poussé à l’extrême tourne à la dictature dans les sociétés craignant la femme et voulant entraver ses libertés.

Car lâcher ses cheveux, cela signifie d’abord se sentir libre, sans entraves, de même nature que le vent qui les fait s’envoler et qui se fout de savoir si un oeil masculin les regarde ou non et si Dieu, qui les a, paraît-il, créés, est d’accord avec ça.

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Désir versus Sehnsucht

Au-delà de sa dimension instinctive et primordiale, le désir est aussi quelque chose de culturel et donc différent d’une société à une autre. Sa manière de se concevoir passe par la langue – forgée par les écrivains et les poètes – qui a le pouvoir de façonner la pensée.

En français, le désir vient du latin desiderare qui signifie désirer et regretter l’absence de, mais il est aussi de la même famille que sidus, l’étoile. Nous considérons donc le désir à la fois comme une tension vers un objet en même temps que son regret avec la tête et les yeux tournés vers les étoiles ou regrettant que la destinée – qui se décide dans les étoiles dans la grande tradition antique encore vivace de l’horoscope – ne soit pas plus favorable à nos amours et à nos voeux.

En Allemagne, en revanche, le désir, Sehnsucht, est comme en français marqué du sceau du désir et de la nostalgie, mais aussi de l’attente passionnée, de la langueur et de l’impatience. Sur le site de Karambolage, Bettina Wolfahrt nous précise :  » Tous ces états d’âme passionnés résonnent en allemand dans ce seul mot de Sehnsucht. » On a déjà dépassé le champ sémantique du mot désir. Néanmoins, s’y ajoute encore une émotion : la souffrance. Toujours sur le site de Karambolage, pour l’expliquer, on cite Goethe qui écrit :  » Seul qui connaît la Sehnsucht sait combien je souffre. », et on nous précise que la Sehnsucht est un état d’âme exclusivement allemand.

Pourquoi une telle différence entre ces façons de concevoir le désir ?

La réponse se trouve peut-être dans la culture littéraire.

Les artistes révèlent en nous ce que nous possédons sans le reconnaître et définissent nos émotions, leur donnant une âme au moyen de leurs oeuvres. Ce sont des miroirs en même temps que des accoucheurs d’âme dont le nouveau-né sera le langage, la langue vivante que l’usage par le poète ou l’écrivain finira de façonner et que les utilisateurs de la langue qui viendront après lui finiront de faire grandir.

Goethe, chef de file des romantiques allemands, auteur de première importance, a marqué l’âme de son pays en exprimant la souffrance et le tragique de l’amour impossible à travers Les souffrances du jeune Werther et Les Affinités électives. C’est le Goethe des Allemands, celui qui préfère aussi une injustice à un désordre. C’était un écrivain plus contemplatif qu’engagé, avec un goût prononcé pour les sciences qui nécessitent autant d’observation que de solitude.

Or, ce Goethe-là, ce n’est pas celui des Français. Le Goethe des Français, c’est celui qui a écrit Faust. Une oeuvre qui nous a tellement plu que ce sont des Français, Gounod et Berlioz, qui en ont fait un opéra, tandis que d’autres Français l’adaptèrent au cinéma et même à la télévision. La pièce de théâtre, Faust nous a plus séduits que ces lamentations et langueurs amoureuses contenues dans les romans de son auteur. Et pour cause : c’est une oeuvre française du XV ème siècle, Le miracle de Théophile, qui l’a inspirée.

L’âme des Français, contenue dans leur littérature et que leur littérature leur a aussi permis de révéler, c’est celle de la fronde, de la rébellion. Et parmi ses romantiques, demandez-lui de choisir entre Lamartine et Baudelaire, le Français choisira Baudelaire, le ténébreux, le marginal qui n’aime les Fleurs que quand ce sont celles du Mal; demandez-lui de choisir entre Chateaubriand le dépressif et contemplatif et Victor Hugo, tout aussi dépressif mais épris de justice sociale et qui a lutté pour elle, et il choisira toujours Hugo. Les romantiques qu’il préfère sont les plus frondeurs, et la beauté des vers, la beauté de la prose doivent s’associer pour lui à un combat contre autre chose : la littérature elle-même ou les inégalités dans la société, les préjugés, etc. N’importe quoi pourvu qu’il y ait combat.

Dans notre façon française de désirer, il y a un peu de cela : une volonté de contrer le sort et d’atteindre les étoiles, d’atteindre son but. C’est une manière frondeuse de vivre l’amour et le désir qui, si elle n’exclut pas la nostalgie, lui laisse néanmoins peu de place.

Dans la manière allemande, cette façon hyper-sensible de désirer est emprunte de ce romantisme qui fut l’Age d’Or de son rayonnement littéraire à travers le monde et dont les romantiques français n’ont été finalement que de pâles imitateurs.

Et quand on fait une recherche d’images comparées, le mot désir nous proposera des images uniquement érotiques et sensuelles tandis que le mot Sehnsucht nous présentera aussi beaucoup d’images de paysages et de messages mélancoliques, bien que des photos érotiques ainsi que des messages d’amour nous soient également proposés, reflétant bien la diversité des sens de ce mot.

Néanmoins, qu’on ne s’y trompe pas. D’accord, la Sehnsucht, ça a pu être ça et d’autres choses du même style : https://www.youtube.com/watch?v=b1TIjFSR5KE.

Mais c’est aussi ça : https://www.youtube.com/watch?v=6ZdQ3w3_nuE

Et soudain, on comprend à quel point ce sentiment peut être aussi puissant que subtil.

Dommage qu’il soit inaccessible aux Français.

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