Découvrir les épices aphrodisiaques

Parce qu’elles utilisent une nouveauté et des sensations surprenantes dans un monde auparavant sans surprises, les épices introduisent de la magie dans notre alimentation sans en changer les ingrédients de base, juste en provoquant une sorte de réveil. Réveil spirituel, réveil sensuel : si une viande, une céréale, un légume nous nourrit, il est vrai qu’une épice nous interpelle et interroge notre conscience, nous poussant à déployer plus d’attention à ce que nous goûtons pour tenter de comprendre ce qui a changé.

Cette spécificité des épices est allée jusqu’à ce qu’on les qualifie parfois d’aphrodisiaques, en tout cas pour certaines d’entre elles. J’ai voulu mener l’enquête et faire un article sur celles qui m’ont interpellée. Dans cette entreprise, je n’ai pas été seule, obtenant de l’aide que j’avais demandée à l’équipe de L’île aux épices qui m’a gentiment fourni des épices à tester comme je le désirais. J’ai choisi cette entreprise en ligne pour la richesse de produits et d’actualités qu’ils offraient puisque leur site regorge d’informations historiques, anecdotes, recettes et conseils d’utilisation pour chaque produit qu’ils proposent. Et, détail qui va peut-être paraître négligeable mais qui compte pourtant beaucoup : une date de péremption.

En effet, si une épice semble se conserver indéfiniment parce qu’elle est sèche et ne pourrit donc pas, elle perd malgré tout au fil du temps ses qualités aromatiques et ses vertus. Les spécialistes des épices que sont les Indiens ne s’y trompent d’ailleurs pas : normalement, ils n’achètent pas de poudre ou de mélanges d’épices en poudre – plutôt réservés aux Occidentaux – mais concassent les épices juste avant la réalisation de leur préparation pour leur conserver toute leur saveur et leur puissance. Pour suivre leur exemple et profiter aux mieux des épices, je vous conseille d’investir dans un mortier.

En attendant, voici quelques-unes de mes découvertes

Petit fruit d’une liane, sa saveur piquante rappelle effectivement les caractéristiques des épices considérées comme aphrodisiaques, généralement échauffantes, tout comme le désir sexuel mis sous le signe du feu et qu’on retrouve dans des expressions comme « être en feu », « avoir le feu au cul », « être chaud », etc. Le poivre long est censé être un aphrodisiaque pour femmes exclusivement; sa belle forme phallique épaisse à la base et fine en haut nous fait effectivement penser à un sexe masculin.

Herbe aux Satyres de l’Antiquité, elle n’a pas été qu’un condiment, mais aussi un ingrédient privilégié – et redouté- des philtres et potions aphrodisiaques. Voici d’ailleurs ce qu’en disait Ovide dans son Art d’aimer : « Il y a des vieilles femmes qui conseillent de prendre de la sarriette, plante malfaisante à mes yeux, c’est un poison. » A la place, il recommandait l’oignon…Non seulement la sarriette n’est pas un poison, mais n’est pas tue-l’amour comme l’oignon. Au contraire, peu employée dans notre culture malgré son ancienneté, elle gagnerait à mon avis à être découverte, même pour ses vertus aphrodisiaques.

Ce mélange d’épices du Maghreb est celui qui me fascine le plus et avec lequel il faut être un petit peu exigeant. Son mélange, qui peut aller au-delà d’une trentaine d’épices et qui doit forcément contenir au moins un ingrédient aphrodisiaque – dont le plus dangereux peut être la cantharide, mortel – est de loin le plus mystérieux. On peut prendre des risques à le consommer dans sa région d’origine, et en même temps, il n’y a rien à vivre en consommant les mélanges aseptisés des commerces ordinaires où vous ne trouverez que des épices que vous connaissez. Bien sûr, les mélanges varient d’une région à l’autre, mais voici quelques exigences à conserver pour choisir un mélange intéressant : ne l’achetez pas en grande surface où son peu d’épices bien en plus trop balisées ne vous fera pas voyager, mais ne l’achetez pas non plus hors de toute condition garantissant votre sécurité. Le mélange doit contenir environ une vingtaine d’ingrédients dont un au moins a une réputation aphrodisiaque. Enfin, pour le voyage, il doit également contenir des plantes à parfum comme des fleurs, et des épices que vous ne connaissez généralement pas.

Voici une petite merveille rare qui ressemble au poivre de Sichuan tout en s’en distinguant par son étonnante saveur piquante au fort goût d’agrume. La baie est japonaise et utilisée depuis très longtemps. C’est un faux poivre, comme le poivre du Sichuan, et comme son cousin chinois, sa particularité est aussi d’anesthésier légèrement les lèvres et la langue. D’un point de vue gustatif, c’est une surprise, un éveil, quelque chose qui vient mettre un coup de fouet au palais tout en le caressant.

Il paraît que c’est un aphrodisiaque. J’y réfléchissais sérieusement lorsque je me suis souvenue d’une crème aphrodisiaque à appliquer sur les parties génitales et qui était à base de menthol, provoquant de légers picotements, préludes à l’excitation. Et si ces vertus anesthésiantes qui provoquent de légers fourmillements n’avaient pas été employées en cuisine, pour se révéler aphrodisiaques ?

Evidemment, il n’y a pas de certitudes, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la relation entre l’homme et les végétaux qui améliorent sa vie est loin de s’être cantonnée à l’alimentaire…

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Faire un parfum huileux (DIY)

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Dans Le labo de Cléopâtre

Aujourd’hui, je vous fais entrer dans le Labo de Cléopâtre, pour vous en faire découvrir tous les aspects, car si la démarche est claire pour moi, il est possible qu’elle soit un peu nébuleuse pour vous.

Le Labo de Cléopâtre, c’est d’abord un blog, que vous suivez parfois, que vous découvrez par hasard d’autres fois. Son nom n’est pas un hasard, car il est né après que j’aie reproduit un cosmétique de la grande reine d’Egypte à partir d’une recette des fragments restants du Kosmètikon, le livre de cosmétiques perdus de Cléopâtre. Je décidai à ce moment-là d’étudier les recettes de beauté de la dernière reine d’Egypte. Mais, soyons honnête, beaucoup sont répugnantes, impossibles à réaliser ou bien contiennent des produits toxiques. Les recettes de Cléopâtre qui nous restent sont trop peu nombreuses et ne sont pas parlantes si elles ne sont pas contextualisées.

  • La base du Labo, c’est donc la recherche. Les livres, les auteurs anciens des genres les plus variés -histoire, botanique, poésie, médecine, compilation, histoire naturelle- sont à la base de toute mon enquête et ma démarche de reconstitution de parfums et cosmétiques antiques. Chez moi, pas de spectromètre de masse, pas de chimie pour analyser le contenu d’un flacon retrouvé. Formée à la recherche en littérature, c’est par le biais des auteurs antiques et des chercheurs modernes sur le sujet que je travaille, dont une grande partie est numérisée dans les bibliothèques spécialisées.Recherche cosmétiques antiques
  • Le Labo, c’est aussi une sorte de bibliothèque-musée : celle des matières premières utilisées dans l’Antiquité, quand elles sont encore trouvables. On trouve ainsi toutes sortes de résines, de racines, de fleurs, d’épices, d’écorces qu’on trouvait autrefois pour créer des produits parfumés. On trouve aussi des huiles spécifiquement utilisées dans l’Antiquité, pour faire les parfums huileux. C’est presque un petit musée, et comme dans un musée, en tant que conservatrice, je rêve de quelque pièce rare que je pourrais récupérer et pense à celles que je possède et qui ne sont pas exactement identiques à celles de l’Antiquité. Et comme dans un musée, le préjugé qui fait des lieux de conservation des lieux morts est faux : la bibliothèque-musée du Labo, ce sont des acquisitions et donc un passé, et beaucoup de désirs et projets, donc un avenir.

Par contre, comme ce n’est pas un musée accessible au public mais fermé comme une bibliothèque privée, c’est un gros bazar dans lequel moi seule me retrouve et où je n’ai pas pris le temps de mettre une seule étiquette sur les bocaux et où beaucoup de choses sont dans leur emballage d’origine. J’aime penser et créer plus que ranger, j’avoue.IMG_5568

  • Mais le Labo de Cléopâtre, c’est surtout un labo, c’est donc un lieu où sont réalisés et testés toutes sortes de cosmétiques et parfums, ceux que je peux proposer à la vente et ceux que je ne peux pas proposer mais que je réalise malgré tout dans le but de recherches et d’acquisition des savoir-faire. En effet, la transmission des gestes n’étant plus possible, c’est en faisant, refaisant, réfléchissant sur ce qui se passe et pourquoi ça se passe que la compréhension est possible. Car il ne faut pas oublier que dans les choix de certaines techniques, il y a toute une histoire de possibilités et d’impossibilités qui se raconte en creux mais qui n’ont jamais été écrits dans les livres. IMG_5152

C’est pour cela que chez moi, il y a des parfums huileux dont la technique a été donnée dans l’Antiquité et que j’ai réalisés patiemment pour la connaissance mais qui sont trop coûteux et fastidieux à réaliser par rapport à l’utilisation des huiles essentielles qui a été une révolution dans l’histoire de la parfumerie. Sauf que, rigoureusement, l’utilisation de la distillation n’est pas historique. J’ai ainsi un parfum antique dont la recette a été suivie à la lettre et dont le parfum de roses est le meilleur que j’aie jamais senti (au premier plan).

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Malheureusement, un blog ne véhicule pas d’odeurs, donc vous n’en saurez pas plus.

  • Enfin, le Labo de Cléopâtre, c’est aussi une boutique Etsy où je vous propose des parfums qui existaient dans l’Antiquité mais d’une forme moins connue que ceux que nous connaissons actuellement et qui, pour certains, ont même été oubliés, comme c’est le cas des parfums en poudre dont je retrouve encore l’évocation dans les livres du XIX ème siècle mais qui ont progressivement disparu des ouvrages sur les parfums antiques. Un parfum sous forme de poudre de végétaux, un encens, ça ne laisse pas de trace au niveau archéologique : résines et plantes, issues de la nature, retournent à la nature une fois en terre, et y disparaissent sans un bruit, sans une preuve de leur passage.

A quoi ressemble la réalisation d’un parfum antique ?

A de la cuisine : je travaille au couteau, au mortier, à la cuillère, à l’huile, au sel, aux aromates, et une fois que le tout est fini, j’ai beaucoup de vaisselle ! Et comme en cuisine, le travail manuel peut parfois être très long !IMG_5102

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J’utilise quand même le mixeur pour les cas les plus compliqués comme le Détergent de Cléopâtre.

Je travaille masquée pour que les particules n’attaquent pas mon système respiratoire à l’usage, et aussi parce que j’ai un terrain allergique -les choses sont vraiment mal faites-!

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Bonne découverte de mon projet, de mon atelier-de « ma tour », comme dit Sophie-.

Pour découvrir les produits de ma boutique

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Hymne national à la Vénus de Milo

Comme d’autres statues classiques d’Aphrodite, la Vénus de Milo tient le rôle d’ambassadrice du pays qui l’a recueillie. De fait, le Louvre, notre musée national, lui doit une grande part de sa fréquentation puisque avec la Joconde, elle est l’oeuvre d’art la plus admirée et pour laquelle on vient du monde entier. Ce pouvoir, comme les autres statues d’Aphrodite, elle le doit à sa beauté, à son corps nu, à son érotisme qui irradie et permet à l’admiration qu’on éprouve pour elle de se transférer au reste du pays auquel son image est associée.

Statues de la déesse de la Beauté, la Vénus d’Arles, l’Aphrodite de Cnide, la Vénus du Capitole suivent toutes des destinées semblables dans lesquelles, telles des Miss avant l’heure, elles sont les meilleures représentantes éternelles d’un lieu, leur plus prestigieuse publicité.

Pouvoir de l’oeuvre d’art, me direz-vous. Et pourtant, dans les autres oeuvres d’art, pour peu qu’elles ne représentent pas une déesse de la beauté nue ou à demi-nue, ce « pouvoir de l’art » ne se manifeste pas à un tel degré ou n’a pas les mêmes conséquences.

Au XIX ème siècle, le nationalisme – né de modernes conceptions scientifiques, malgré ce qu’on voudrait nous faire un peu oublier – s’étalait sans complexes car vierge encore des atrocités commises pour sa cause au milieu du XX ème siècle et depuis lors. Il n’hésitait pas alors à employer l’art et la beauté pour servir son propos et diffuser innocemment ses idées de supériorité, comme le faisait l’architecte Prosper Morey en 1867 dans son hymne à la Vénus de Milo dans un petit ouvrage consacré à la célèbre statue.

Hymne à la Vénus de Milo

Déesse plus admirable aux yeux des hommes que Vénus ne le fut jamais au regard des dieux, qui donc es-tu ? Quel artiste a pu te faire si noble et si belle ? Es-tu Vénus Victrix? Vénus Anadyomène ? Une Muse ? Ou la compagne du dieu de la guerre, l’entourant de tes bras amoureux ?…

Tu es tout cela à la fois, et plus encore; car, si j’en crois mon âme, tu es la Grèce antique, la Grèce d’Homère, de Phidias et d’Appele, traçant sur une table d’airain ta merveilleuse histoire. Tu es l’emblème de la grâce, de la poésie et des beaux-arts, le palladium sacré sous l’égide duquel fleurissent les nations; ta patrie est désormais la France, cette fille bien-aimée de la Grèce immortelle : la France seule est digne de te posséder, ô déesse, et de brûler à tes pieds l’encens dû à ton adorable beauté !

On ne le fait plus aujourd’hui. Regardez, on le faisait hier, et on le fera peut-être demain. N’oubliez pas, alors, de conserver votre sens critique.

(Photo à la Une : Charlie Chaplin. Scène du Dictateur)

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Cléopâtre sentait-elle le bitume ?

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Beauté et enjeux politiques

Par delà les questions de programmes politiques, les campagnes houleuses, les scandales financiers qui agitent les personnalités politiques en cette ère de changement, la beauté – qui pourtant ne fait pas de bruit et sait se faire oublier – s’invite plus que jamais dans les enjeux.

Certes, depuis longtemps déjà, beauté et pouvoir politique sont indissociables, les premiers accessoires destinés à embellir – plumes, bijoux, vêtements ornés, etc – ont d’abord été réservés aux gens de pouvoir qu’ils permettaient de singulariser. En France, Louis XIV avait inscrit dans le train de vie de sa cour, ses costumes, sa façon d’apparaître et de se comporter, une exigence de représentation dans laquelle seule la beauté, l’excellence avaient leur place. Bien sûr, cela existait avant lui, même si cela atteignit des sommets avec ce monarque.

Les grandes maîtresses royales, choisies avant tout pour leur beauté, ont fait les grandes heures de l’histoire de la peinture et ont été les meilleures publicités des souverains de leur vivant, mais aussi bien au-delà. Dans l’oeil du grand public, d’ailleurs, la mémoire des souverains reste bien plus vivement attachée à leurs belles maîtresses qu’aux grands actes et décisions de leur règne. Les émissions de vulgarisation historique de grande écoute ne s’y trompent pas quand elles décident d’insister sur ces femmes qui n’ont eu d’influence avant tout que par leur beauté et leur attrait sexuel sur le souverain. Beaucoup ont été des instruments politiques, comme la Pompadour, instrument du retour en grâce de quelques proches auprès de Louis XV, ou Maria Walewska qui fut la maîtresse de Napoléon Bonaparte avec l’accord de son mari et surtout le devoir de « sauver la Pologne ».

Un peu plus près de nous dans le temps, la beauté de Grace Kelly a permis de donner un rayonnement international à une principauté dont le centre politique tient uniquement sur un rocher : Monaco.

Que les hommes les plus riches et les plus influents épousent les plus belles et s’en fassent un ornement n’étonne personne. Nicolas Sarkozy n’est, par exemple, pas peu fier d’avoir épousé un des mannequins les plus célèbres de sa génération, Carla Bruni, dont la liste des amants fait aujourd’hui le régal des journaux à scandales. Certains témoins assurent cependant que l’obsession de l’ancien chef de l’Etat pour la beauté ne s’arrête pas à celle de son épouse mais s’incarne aussi dans l’angoisse inverse : celle de la laideur de ses concurrents en politique qu’il a tendance à exagérer, tant nécessité de représentation et pouvoir sont indissociablement liés.

Un souci qui atteint son paroxysme en la personne de Donald Trump dont le désir de représentation et de beauté ne craint pas les contradictions – refusant les étrangers mais ayant épousé plusieurs mannequins d’Europe de l’Est, là où les femmes sont réputées être justement les plus belles. Un article de Vanity Fair commente non sans ironie cette contradiction : « S’il s’inquiète autant qu’il le dit de « tous ces gens qui viennent de partout et qui sont des meurtriers et des violeurs et qui envahissent ce pays », il ferait mieux d’envisager de construire un mur autour de son slip. »

Pour autant, ce même article épingle une autre bizarrerie du code américain de l’immigration qui n’a pas attendu Trump pour manquer de partialité dans le choix de ses étrangers : « Une clause bizarre dans le code d’immigration américain permet aux mannequins, dont la moitié n’a pas l’équivalent du bac, de bénéficier d’un visa H-1B, le même que les scientifiques de haut niveau ou les programmateurs informatiques qui eux, doivent produire  leurs diplômes. »

La beauté serait donc un enjeu politique de dimension nationale ?

Voilà bien une réalité qui a choqué bien des commentateurs quand, à l’époque nazie, Leni Riefensthal exhibait dans Olympia, son film sur les JO de 1936, les corps parfaits censés faire de la beauté classique et vigoureuse le corps idéal que le peuple politisé à l’exclusion du reste devait atteindre. Et certes, Donald Trump qui parle de sa femme et de sa fille presque exclusivement pour leurs qualités physiques – n’hésitant pas à dire d’Ivenka que si elle n’avait pas été sa fille, il serait sorti avec elle – nous choque aussi.

Mais il n’est pas besoin d’attendre les partis d’orientation nationaliste  pour constater qu’un état désire toujours que ce soient les plus belles femmes qui représentent le pouvoir et la nation. Et ainsi, après Brigitte Bardot, Catherine Deneuve et Laëtitia Casta, en accédant au statut de Miss Univers, Iris Mittenaere fait rêver d’elle en future Marianne, allégorie de la République Française.

On se demande bien pourquoi…

Nouvel article Labo de Cléopâtre

(Photo à la Une : Olympia de Leni Riefensthal)

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Blogueuse et auteure chez Lulu

Cette semaine, je suis la blogueuse invitée du blog Lulu. Les blogueurs et auteurs ayant été invités à parler de leur expérience d’auteur Lulu, j’ai décidé de faire partager la mienne puisque j’ai écrit mon livre Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre via ce moyen d’auto-publication.

Ca me tenait d’autant plus à coeur que mon expérience d’auteure et même de créatrice de boutique de senteurs de l’Antiquité dépendent entièrement des recherches que j’ai faites pour ce premier blog, Echodecythere, consacré à Aphrodite et qui ont évolué dans tous les sens sans que je l’aie auparavant projeté.

Alors, lecteur, lectrice, tiens bien ton coeur, tiens bien tes rêves, amuse-toi, prends plaisir mais sois aussi rigoureux, et lance un projet de toute ton âme car tu ne sais pas jusqu’où te portera ton univers intérieur…

Pour me lire sur le blog de Lulu, c’est ici : Pour faire connaître un vrai cosmétique de Cléopâtre…

A très bientôt avec de vrais articles de fond, c’est promis !

Unboxing « encens découverte » du Labo de Cléopâtre

Mes encens du Labo de Cléopâtre ont gentiment mais objectivement été testés par Sophie du Blog Eso&Créative, avec les plus et les moins et elle a pris la peine d’en faire un article, donc je partage, via mon second blog Le labo de Cléopâtre ( oui, c’est un peu compliqué, même moi, je m’y perds !)

Merci bien, en tous cas de l’intérêt porté aux véritables senteurs de l’Antiquité.

Encens du Labo chez Eso&Créative

( Photo à la Une : préparation de commande dans mon atelier. )

Les blasons érotiques

Dans l’histoire occidentale, la Renaissance est une période de redécouverte de la culture gréco-romaine de l’Antiquité. A ce titre, elle prend ses racines dans son passé fait de dieux païens, de concepts philosophiques ignorants des aliénantes Ecritures Saintes, de poésie lyrique amoureuse et érotique. Parallèlement, elle se construit aussi sur des valeurs d’avenir : la découverte du Nouveau Monde, du mouvement des planètes, du renouveau de la religion, des philosophies et des arts.

Avec les blasons, la poésie fait l’éloge d’une partie anatomique du corps féminin, semblant traduire en poésie le mouvement qui s’amorce dans la peinture, consistant à exhiber soudainement des corps nus féminins érotisés comme on n’en avait plus jamais vus depuis l’Antiquité, où on représentait des statues et des peintures de corps nus. A la Renaissance, on redécouvre la représentation du corps via les Anciens. Mais si la poésie antique savait aussi être érotique, la création des blasons n’appartient qu’à la Renaissance, période où on pouvait aussi bien faire l’éloge de certaines abstractions propres au baroque – comme la mort ou l’esprit – que du pet – sujet apprécié de Rabelais et de la farce du Moyen-Age, qu’on vient à peine de quitter -.

Dans ces blasons érotiques, plusieurs barrières s’érigent entre notre curiosité et ce que les poèmes les plus osés ont à offrir : la langue, qui vient à peine de se fixer, le style poétique, la préciosité du langage, et la pudeur simulée. Au final, et c’est certainement ce qui peut surprendre : tout cela parle de sexe d’une manière qu’on n’a jamais connue avant, qu’on ne connaîtra pas non plus après, même si semble s’être amorcé, dans cette nouvelle façon de parler de la femme et de la désirer, quelque chose d’un peu obsessionnel et fétichiste de nos cultures modernes.

D’ailleurs, à la plupart des thèmes choisis dans les blasons correspondent des soins esthétiques ciblés : beauté des sourcils, yeux, cheveux, pieds, mains, mais aussi de chirurgie plastique : grossissement des lèvres, des seins, des fesses, rétrécissement du vagin. Tout cela paraît propre à la culture contemporaine mais tout commença pourtant bien à cette époque où les femmes, louées pour leur beauté, devinrent pour la première fois précisément scrutées et représentées.

Voici donc, pour ceux à qui on n’a présenté en classe que le meilleur et le plus sage de la poésie de la Renaissance, la version non censurée de ce que la langue française a produit poèmes sur les détails de l’anatomie féminine, voire au-delà :

 

Blasons anatomiques du corps féminin

Nouvel article labo de Cléopâtre : le cèdre

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Sourcils, émotions et symbolisme

Au-delà de la mode qui conditionne la forme qu’ils doivent avoir à une époque donnée, les sourcils tiennent une grande importance dans le visage. Ce visage lui-même, primordial dans la représentation d’une personne, localise 4 organes de sens sur 5 ( odorat, ouïe, vue, goût), les fonctions cognitives, réflexives, décisionnelles, langagières et sociales.

Dans un roman initiatique et sensuel, Loin de Chandigarh, l’auteur indien Tarub J. Tejpal fait dire à son personnage qu’il vaut mieux que la plus belle zone d’une femme soit son visage car c’est lui qu’on voit quand on lui fait l’amour. Une réalité à laquelle on pense peu mais qui démontre le rôle primordial du visage au coeur même de la relation sexuelle et qu’on aurait pourtant sûrement peu fait participer à l’acte.

Dans cette perspective, il est néanmoins difficile de comprendre la place du sourcil dans l’organisation du visage autrement que dans un sens ornemental malgré sa fonction première de gouttière servant à protéger les yeux de l’eau qui viendrait d’en haut, quand les cils les protègent dans toutes les autres circonstances. Sa forme d’arc nous rappelle pourtant d’autres éléments très importants de l’architecture servant à créer portes, fenêtres, ouvertures diverses, passages, mais aussi structures de soutien d’une cathédrale, notamment, les arcs-boutants.

Exactement comme en architecture, où l’arc sert à la fois d’ouverture, de structure de soutien et d’ornement, le sourcil est aussi bien fonctionnel par son rôle protecteur naturel de l’oeil qu’esthétique parce qu’il semble surmonter l’oeil de façon à l’embellir. En réalité, le sourcil est une ouverture vers la pensée, les émotions et l’âme.

L’expression qui veut que les yeux soient le miroir de l’âme est en effet bien réductrice, car si on limite le regard aux seuls yeux, on se retrouve plutôt en présence de globes mobiles mais inexpressifs en soi et qui ont besoin de tous les muscles les entourant pour participer à l’expression et se faire les miroirs de l’âme.

Mais dans un monde où l’image fixe, immobile, idéale et semblant ainsi éternelle conditionne notre désir esthétique, et où la communication est portée à son comble par de nouveaux médias, on oublie trop souvent le rôle joué par les sourcils dans l’expression et les micro-expressions qui nous renseignent sur les sentiments profonds qu’une personne ressent sans les exprimer comme la peur, le dégoût, le mépris, la colère, ou au contraire la joie, l’accueil, l’ouverture.

Si cet aspect peut paraître dérisoire à une époque où les relations se nouent plus facilement qu’autrefois et que les tabous pèsent beaucoup moins sur la sexualité des femmes, il ne faut pas oublier que la plus grande partie du jeu de la séduction passe par la communication non verbale, qui représente en réalité une part plus importante que la communication verbale dans toutes les interactions humaines.

Le blason du sourcil – qui date de la Renaissance comme tous les blasons – exprime poétiquement et de façon très juste tout ce que révèle le sourcil :

« (…)Sourcil qui fait l’air clair, obscur soudain, 

Quand il fronçit par ire ou par desdain

Et puis le rend serain, clair et joyeux,

Quand il est doux, plaisant et gracieux.

Sourcil qui chasse et provoque les nuës, 

Selon que sont les archées tenuës,

Sourcil assis en lieu hault pour enseigne, 

Nous descouvrant sa profonde pensée,

Ou soit de paix ou de guerre offencée(…) »

Ainsi, le sourcil est l’arc révélateur, porteur des expressions et mouvements de l’âme – colère ou apaisement – auquel sa couleur foncée donne, par contraste avec la peau, la force du surligneur et renseigne discrètement un homme aimé sur les sentiments et les désirs que sa dame ne peut exprimer ouvertement.

Cette qualité des sourcils est fort utile au jeu d’acteur et surtout d’actrice, offrant une possibilité d’expression non verbale sans ambiguïté, permettant à Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent et Aishwarya Raï dans Devdas d’incarner de façon crédible des femmes dures que leur détermination, plus forte que toute autre valeur, conduisent à l’échec.

Une transparence émotionnelle qu’elles ne partagent pas avec la célèbre Mona Lisa, personnage du tableau le plus célèbre du monde dont on remarquera avec surprise qu’il est celui d’une femme sans sourcils, dont Léonard de Vinci n’a étrangement jamais réussi à se séparer, conscient peut-être, qu’il lui manquait quelque chose..

Nouvel article Labo de Cléopâtre : Parfumer ses vêtements comme dans l’Antiquité

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La boutique du Labo de Cléopâtre

Ceux qui me suivent depuis quelques temps connaissent mon parcours de mon premier blog, Echodecythere, consacré à la beauté à mon second, le Labo de Cléopâtre, consacré aux cosmétiques antiques, et notamment ceux de Cléopâtre.

Maintenant, le Labo de Cléopâtre, c’est aussi une boutique sur Etsy en lien avec toutes mes recherches et les sujets évoqués sur mes blogs.

Alors, devinez ce que je vends dans ma boutique ?

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  • Oui, je vends une version du Détergent de Cléopâtre, le parfum de la dernière reine d’Egypte d’après le Kosmètikon.
  • Non, on ne peut pas être sûr que c’était de façon certaine le parfum de Cléopâtre, et même, c’est certain que ce n’était pas exactement lui puisqu’on ne peut le reproduire fidèlement aujourd’hui. Mais plus de 6 ingrédients sur 10 utilisés dans la recette originale y sont présents dans des proportions et selon des modalités qui étaient exigées – du moins quand c’était possible. En bref, c’est un produit qui doit ressembler au niveau de sa texture et de son odeur au produit de beauté de Cléopâtre.

Mais on n’ouvre pas une boutique avec un seul produit…

Ce que je vous propose dans ma boutique, ce sont des senteurs de l’Antiquité, c’est-à-dire plusieurs authentiques parfums historiques dont aucun n’a été inventé. Chacun, en effet, est né soit d’une recette historique précise, soit d’une description ou d’un texte littéraire évoquant des parfums. Parfois, certains ingrédients n’existent plus, ne sont plus disponibles ou ne peuvent être utilisés en l’état. Dans ce cas, il a pu m’arriver de remplacer un ingrédient avec un autre qui lui était proche.

Que trouve-t-on concrètement dans ma boutique ?

  • Des mélanges d’encens correspondant à de vraies senteurs de l’Antiquité, comme l’encens d’Aphrodite.img_7279
  • Des mélanges de plantes ou de résines plus ou moins en poudre qui servaient de parfums secs, qu’on appelait diapasmas et qui servent aujourd’hui à parfumer l’atmosphère d’un lieu, un petit espace, etc.img_7214
  • Attention : Chacun des parfums du Labo de Cléopâtre est un produit de senteur mais non un cosmétique. Ils ne sont pas destinés à entrer en contact avec la peau.
  • Les matières premières sont les résines odorantes, quelques écorces, feuilles, racines, épices qu’on employait dans les parfums antiques et qu’on utilise toujours dans les parfums orientaux. Par contre, inutile d’y chercher un produit chimique moderne, une plante découverte sur le sol américain ou utilisée seulement à partir du Moyen-Age car vous n’en trouverez pas.
  • Mes produits ne contiennent pas non plus d’ajouts d’huiles essentielles pour renforcer l’odeur; le parfum est conforme à ce qui était possible et ce qui se faisait dans l’Antiquité. La tradition n’est d’ailleurs pas perdue puisque nous la connaissons depuis toujours à travers le simple sachet de lavande. L’Orient par contre, la connaît au travers des coussins remplis d’herbes et de fleurs séchées qu’on met un peu partout dans les chambres et les vêtements pour les parfumer.

Ce sont toutes ces traditions que je veux faire redécouvrir dans ma boutique en même temps que les senteurs qu’aimaient les Anciens. Ce sont des parfums à la fois simples et historiques que les gens goûtaient à travers les encens et donc la fumée – « per fume »- lors des rituels, fêtes ou commémorations, ou dans la vie quotidienne où les diapasmas étaient polyvalents et servaient autant de parfum que de cosmétique aux usages aussi complexes que ceux d’aujourd’hui.

Alors si les parfums et les cosmétiques antiques vous passionnent, venez visiter ma boutique où vous attendent ces parfums historiques dont la collection s’enrichira bientôt d’autres senteurs authentiques ressuscitées de l’Antiquité. Vous pourrez ainsi découvrir ce qu’on sentait et aimait sentir à l’époque où on vénérait Aphrodite et où la séduction de Cléopâtre faisait plus trembler que rêver les belles Romaines. Quoique…img_7306

Cet article et ces photos sont les propriétés du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Sourcils, mode et beauté

Depuis quelques temps et sans qu’on s’y soit attendu, les sourcils épais et fournis sont revenus à la mode. Cela semble un détail sans importance, mais il faut être une femme pour savoir combien les sourcils peuvent compter dans la construction de la beauté de chaque visage, et surtout du sien. On le sait presque intuitivement, en étant séduit, marqué par un modèle féminin dont la construction du regard ou du visage semble avoir pour pilier l’arc de ses sourcils. Sont-ils fins, épais, blonds, noirs, presque inexistants ?

Certes, cela semble beaucoup une question personnelle, un style qu’on désire adopter et qui passe avant tout par l’admiration d’un modèle. C’est cette admiration, cette volonté de lui ressembler qui nous fait un jour acheter une pince à épiler et décider que l’arc qui surmonte nos yeux ne sera plus une construction due au hasard de la nature.

Et pourtant, malgré des styles différents que l’on peut rencontrer et qui donnent l’impression de goût et choix personnels, il existe des tendances qui décident silencieusement des tracés en vigueur sur les visages féminins. Ce petit film résume de façon claire et ludique 100 ans de mode sourcilière, ce qui s’avère utile quand on sait que les modes passent assez vite pour qu’on ait le temps d’oublier qui les a lancées et quelles pouvaient en être les raisons.

Car si aujourd’hui, le sourcil épais revient à la mode au point de faire émerger des crayons de maquillage du brun au noir pour les combler, les épaissir et les foncer, et de nouvelles pratiques esthétiques, il est clair que pendant des décennies, ce fut loin d’être le cas. De fait, l’accessoire indispensable du sourcil a longtemps été la pince à épiler pour les affiner et non pas les crayons combleurs pour les étoffer.

Ces tendances viennent toujours d’un modèle qui semble incarner son époque. Si actuellement, le style à la fois naturel presque androgyne et féminin de Cara Delevingne paraît incarner à la perfection la jeune femme d’aujourd’hui, il est évident que ce sont d’autres modèles, actrices principalement – avant que les mannequins n’émergent à la fin du XX ème siècle et influencent aussi la mode – qui ont suscité désirs de beauté et rêves d’amour à la base de toute pratique esthétique.

Dans les années 20, à l’époque où émerge cette révolution que constitue le cinéma muet, les sourcils des femmes se font particulièrement fins et dessinés comme jamais ils ne le furent. Quinze ans auparavant, rien ne semblait le laisser présager : dans l’Art d’être jolie, un magazine d’août 1904 consacré à la beauté, on décrit ainsi les jolis sourcils :

« Pour être jolis, ils doivent être suffisamment garnis de poils, médiocrement épais mais sans se rejoindre. La courbe en sera gracieuse; ils formeront une ligne convexe, en manière d’arc, et dont la cavité fera une petite voûte. La « tête », partie proche du nez, en sera plus garnie que la queue. Les poils courts, sans interruption, seront couchés de dedans en dehors. Entre les deux sourcils, il doit y avoir l’intervalle d’un bon travers de doigt. »

La suite de l’article évoque le langage des sourcils qui permet de dresser le profil psychologique d’une femme à partir de la forme de l’arc surplombant ses yeux; une pratique courante à une époque où la physiognomonie était en vogue et imprégnait encore les croyances de la société.

Chez l’actrice, la forme qu’ils devaient avoir différait d’ailleurs selon qu’elle devait jouer la tragédie – nécessitant des sourcils droits et convergents – ou la comédie – nécessitant des sourcils arqués et divergents vers la racine du nez -. Ces formes caractéristiques devaient donner à la première un air grave et affecté, et à la seconde un air malicieux et enjoué.

Mais passé sur grand écran, le visage de la femme nécessite un surcroît d’expression, car en perdant sa voix et ses couleurs, c’est tout un tas d’informations sur son jeu et sur la narration qui se perdent. Car malheureusement, l’image peu contrastée des premiers films en noir et blanc fait apparaître l’arc des sourcils comme une ombre qui ternit, retranche et vieillit le regard, ce qui est parfait pour les rôles de personnages tourmentés mais qui ne correspond pas à l’image des jeunes héros, hommes et femmes confondus. En épilant beaucoup les sourcils et les noircissant pour les faire ressortir, la lumière revient dans la zone du regard et en créant des contrastes, l’équilibre entre ce que le cinéma veut suggérer et ce qu’il montre effectivement est trouvé.

Pour rajeunir le regard, la lumière est d’ailleurs toujours le moyen le plus efficace. Reste qu’aujourd’hui, on la crée aussi en épaississant le sourcil quand autrefois on diminuait et assombrissait la zone sombre pour intensifier la zone claire.

Et oui, dans la mode des sourcils, c’est le côté obscur qui vient juste gagner. Mais la guerre n’est peut-être pas finie…

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