Pourquoi choisissons-nous certains cosmétiques ?

D’un point de vue psychologique, on peut diviser les cosmétiques en 2 catégories : ceux de soin, liés à l’intimité et à l’enfance et dont les effets ne sont pas visibles par les autres, et les cosmétiques qui modifient visiblement l’apparence, liés au fantasme, à la séduction, et donc plutôt sexualisés.

Les cosmétiques censés prendre soin de nous agissent symboliquement comme nos parents lorsque nous étions enfants. Les noms qui leur sont donnés ou les mots qui leur sont associés sont assez éclairants : « lait », « doux », »douceur », »satin », »satiné », »caresse », etc. Et pour justifier la nécessité des soins de beauté, on insiste fréquemment sur le fait que la peau est « fragile », « sensible », caractéristiques du bébé et de l’enfant en bas âge.
Quand nous choisissons un soin, nous savons à peu près ce que nous voulons, car généralement, c’est un souci, un manque, un problème précis qui nous font chercher la solution dans un cosmétique. Jusque-là, tout est presque raisonnable, justifiable. La vraie question qui se pose est celle du choix.
Sur quels critères choisissons-nous et pourquoi ?
Si on regarde objectivement, on n’aura pas de mal à constater qu’à moins d’avoir fait des études de chimie, nous sommes bien incapables de choisir un soin sur de vrais critères objectifs et scientifiques.
En gros, nous sommes dépendantes des explications fournies par l’emballage, qui sont plus que confuses ( mélange de termes chimiques et scientifiques inaccessibles et de lexique sur-valorisant ) et qui sont les seules que nous ayons à disposition. Ce problème est compliqué par le fait que des milliers de marques envahissent le marché et proposent des produits très semblables les uns aux autres.
Et si nous ne choisissons pas forcément toujours des produits de même marque, il est malgré tout possible de remarquer des constantes chez une même femme, moins dans les marques elles-mêmes que dans l’image qu’elles véhiculent.
Choisir un soin, c’est comme choisir un autre parent, quelqu’un en qui on pense pouvoir avoir confiance pour nous rendre belle.
Que révèlent ces choix ?

– Je choisis une marque parce qu’elle n’est pas chère

Si vous avez vraiment des ennuis d’argent, cela se justifie. Mais si vous n’en avez pas spécialement, vous souffrez d’insécurité et la perte, le besoin ou la peur de manquer font partie des expériences qui vous ont construite. C’est encore plus vrai si vous avez tendance à accumuler les soins de petit prix pour avoir le sentiment de ne manquer de rien.

– Je choisis les marques les plus connues

Vous choisissez selon votre budget, les marques élues dans votre classe sociale et véhiculées dans les médias. Vous avez certainement grandi dans la confiance en votre famille, votre milieu social et votre société. Etre hostile ou méfiant envers ce qu’on vous propose ne fait pas partie de vos réflexes grâce à cette confiance, votre puissant socle.

– Je choisis des marques jeunes, originales, à contre-courant

Vous êtes dans une quête identitaire, vous éprouvez le besoin de vous faire entendre, de vous démarquer ou bien vous refusez les modèles établis parce qu’on n’a pas été réellement à la hauteur de vos attentes. Directement ou indirectement, le sentiment de trahison est celui qui vous a construite. C’est encore plus vrai si aucune marque ne vous satisfait jamais. Ou bien alors vous êtes en quête d’absolu dans vos relations et n’avez pas trouvé ce qu’il vous faut.

– Je choisis les marques de parapharmacie

C’est la peur de la maladie, de la saleté, la souillure, qui vous gouverne – surtout si vous choisissez les marques les plus médicales – ou bien la volonté de contrôle, de maîtrise. Si vous soignez une allergie ou autre chose, il est normal de prendre les produits adaptés. Si vous n’avez plus confiance qu’en ces produits même lorsque ça n’est pas utile, c’est que la peur et la volonté de contrôle appuyés sur votre force de caractère ont envahi votre vie.

– Je choisis les marques bio et éthiques

Vous êtes marquée par une expérience spirituelle qui vous oblige à dépasser votre point de vue personnel et vous ne pouvez envisager de prendre soin de vous au risque de nuire aux autres. Il y a de bonnes chances pour que le sentiment qui vous ait construite soit l’injustice, que vous l’ayez subie ou que vous en ayez été témoin. C’est le combat contre elle qui motive vos choix. A moins que ce soit le désir de paraître parfait aux yeux des autres pour mieux mettre une distance entre eux et vous.

– Je choisis des marques parce qu’elles sont chères

Si c’est parce que votre meilleure amie en rêve et ne peut se l’offrir, c’est bien sûr l’envie, la jalousie qui vous dominent. Dans d’autres cas, vous pouvez avoir eu une expérience de vie qui vous a fait penser que l’argent était la seule valeur en ce monde ou bien vous avez un manque de confiance en vous ou souffrez de votre origine modeste et tentez de projeter sur vous la valeur de la marque pour rehausser cette confiance et le sentiment de votre valeur.

Bien entendu, les choses ne sont pas figées, plusieurs cas sont possibles, car plusieurs expériences nous ont construits et l’analyse ne vaut que pour des habitudes installées et non pour un choix unique. D’autres cas, non mentionnés, existent également, comme le fait de choisir la même marque que maman, faire ses cosmétiques soi-même, mais est-il besoin d’expliquer ce que ça signifie ?

Cette analyse est basée uniquement sur l’observation et l’auto-observation et est l’exclusivité d’Echodecythere.

Merci de mettre un lien vers cet article si vous réutilisez son contenu.

Cet article est la propriété du site Echodecythere. Il est interdit par le code de la propriété intellectuelle de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Publicités

3 commentaires

  1. Voici mon type de consommation : ma marque préférée est à contre-courant et s’affiche volontiers bio et éthique, mais comme elle n’est pas donnée, j’ai tendance à choisir pour les soins importants d’autres marques parce qu’elles ne sont pas chères…Je vous laisse analyser ce qui me constitue…

  2. L’expérience m’a appris qu’il vaut mieux mettre un peu plus cher pour obtenir un résultat nettement meilleur. Un rouge à lèvres Dior tiendra nettement mieux et sera de bien meilleure qualité qu’un cosmétique de supermarché. S’agissant des crèmes, je privilégie les produits de parapharmacie que je trouve eux aussi beaucoup plus efficaces et de meilleure qualité. Il n’en reste pas moins qu’un soin solaire Nivea ou Garnier me conviendra amplement cet été…

    1. Ici, j’ai vraiment voulu séparer le maquillage des produits de soin. Personnellement, pour le même prix, je choisis une marque de maquillage professionnel plutôt qu’une marque de haute couture, sauf pour le rouge à lèvres car je fais des allergies et donc je dois utiliser du bio ( bref, c’est toujours plus compliqué ). La parapharmacie, c’est un peu le choix soin qui équivaut au maquillage professionnel en terme de qualité et de résultats, à condition qu’on les ait choisis pour ça et non parce qu’on est guidé par la peur. Je connais des personnes dont la vie tourne autour de la maladie, la peur des germes, des bactéries et autres et qui n’utiliseraient jamais rien d’autre. Il faut que ça ait l’air de sortir de l’hôpital.
      Toi, tu fais le choix de la personne globalement confiante, qui croit en certaines valeurs au rang desquelles la science et la technologie. C’est bien ça ?

Les commentaires sont fermés.