baies de Sanshô

Découvrir les épices aphrodisiaques

Parce qu’elles utilisent une nouveauté et des sensations surprenantes dans un monde auparavant sans surprises, les épices introduisent de la magie dans notre alimentation sans en changer les ingrédients de base, juste en provoquant une sorte de réveil. Réveil spirituel, réveil sensuel : si une viande, une céréale, un légume nous nourrit, il est vrai qu’une épice nous interpelle et interroge notre conscience, nous poussant à déployer plus d’attention à ce que nous goûtons pour tenter de comprendre ce qui a changé.

Cette spécificité des épices est allée jusqu’à ce qu’on les qualifie parfois d’aphrodisiaques, en tout cas pour certaines d’entre elles. J’ai voulu mener l’enquête et faire un article sur celles qui m’ont interpellée. Dans cette entreprise, je n’ai pas été seule, obtenant de l’aide que j’avais demandée à l’équipe de L’île aux épices qui m’a gentiment fourni des épices à tester comme je le désirais. J’ai choisi cette entreprise en ligne pour la richesse de produits et d’actualités qu’ils offraient puisque leur site regorge d’informations historiques, anecdotes, recettes et conseils d’utilisation pour chaque produit qu’ils proposent. Et, détail qui va peut-être paraître négligeable mais qui compte pourtant beaucoup : une date de péremption.

En effet, si une épice semble se conserver indéfiniment parce qu’elle est sèche et ne pourrit donc pas, elle perd malgré tout au fil du temps ses qualités aromatiques et ses vertus. Les spécialistes des épices que sont les Indiens ne s’y trompent d’ailleurs pas : normalement, ils n’achètent pas de poudre ou de mélanges d’épices en poudre – plutôt réservés aux Occidentaux – mais concassent les épices juste avant la réalisation de leur préparation pour leur conserver toute leur saveur et leur puissance. Pour suivre leur exemple et profiter aux mieux des épices, je vous conseille d’investir dans un mortier.

En attendant, voici quelques-unes de mes découvertes

Petit fruit d’une liane, sa saveur piquante rappelle effectivement les caractéristiques des épices considérées comme aphrodisiaques, généralement échauffantes, tout comme le désir sexuel mis sous le signe du feu et qu’on retrouve dans des expressions comme « être en feu », « avoir le feu au cul », « être chaud », etc. Le poivre long est censé être un aphrodisiaque pour femmes exclusivement; sa belle forme phallique épaisse à la base et fine en haut nous fait effectivement penser à un sexe masculin.

Herbe aux Satyres de l’Antiquité, elle n’a pas été qu’un condiment, mais aussi un ingrédient privilégié – et redouté- des philtres et potions aphrodisiaques. Voici d’ailleurs ce qu’en disait Ovide dans son Art d’aimer : « Il y a des vieilles femmes qui conseillent de prendre de la sarriette, plante malfaisante à mes yeux, c’est un poison. » A la place, il recommandait l’oignon…Non seulement la sarriette n’est pas un poison, mais n’est pas tue-l’amour comme l’oignon. Au contraire, peu employée dans notre culture malgré son ancienneté, elle gagnerait à mon avis à être découverte, même pour ses vertus aphrodisiaques.

Ce mélange d’épices du Maghreb est celui qui me fascine le plus et avec lequel il faut être un petit peu exigeant. Son mélange, qui peut aller au-delà d’une trentaine d’épices et qui doit forcément contenir au moins un ingrédient aphrodisiaque – dont le plus dangereux peut être la cantharide, mortel – est de loin le plus mystérieux. On peut prendre des risques à le consommer dans sa région d’origine, et en même temps, il n’y a rien à vivre en consommant les mélanges aseptisés des commerces ordinaires où vous ne trouverez que des épices que vous connaissez. Bien sûr, les mélanges varient d’une région à l’autre, mais voici quelques exigences à conserver pour choisir un mélange intéressant : ne l’achetez pas en grande surface où son peu d’épices bien en plus trop balisées ne vous fera pas voyager, mais ne l’achetez pas non plus hors de toute condition garantissant votre sécurité. Le mélange doit contenir environ une vingtaine d’ingrédients dont un au moins a une réputation aphrodisiaque. Enfin, pour le voyage, il doit également contenir des plantes à parfum comme des fleurs, et des épices que vous ne connaissez généralement pas.

Voici une petite merveille rare qui ressemble au poivre de Sichuan tout en s’en distinguant par son étonnante saveur piquante au fort goût d’agrume. La baie est japonaise et utilisée depuis très longtemps. C’est un faux poivre, comme le poivre du Sichuan, et comme son cousin chinois, sa particularité est aussi d’anesthésier légèrement les lèvres et la langue. D’un point de vue gustatif, c’est une surprise, un éveil, quelque chose qui vient mettre un coup de fouet au palais tout en le caressant.

Il paraît que c’est un aphrodisiaque. J’y réfléchissais sérieusement lorsque je me suis souvenue d’une crème aphrodisiaque à appliquer sur les parties génitales et qui était à base de menthol, provoquant de légers picotements, préludes à l’excitation. Et si ces vertus anesthésiantes qui provoquent de légers fourmillements n’avaient pas été employées en cuisine, pour se révéler aphrodisiaques ?

Evidemment, il n’y a pas de certitudes, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la relation entre l’homme et les végétaux qui améliorent sa vie est loin de s’être cantonnée à l’alimentaire…

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